Goodbye Bélize

En quittant Placencia nous poursuivons notre route encore plus au sud, vers Punta Gorda, là où se termine la Southern Highway. “PG”, comme on la surnomme ici, est la ville la plus au sud du pays et recense un peu plus de 8 000 habitants, incluant des Garifunas, des Mayas, des Indiens de l’Est, des Libanais et des Chinois. Nous prenons une bouchée au Bamboo Chicken un petit resto doté d’une terrasse agréable avec vue sur la mer.

Bélize 2012-05-12 010Bélize 2012-05-12 013

Lire la suite

Publié dans Bélize | Laisser un commentaire

Ils grandissent

Philippe est toujours prêt à goûter, à manger, à découvrir de nouvelles saveurs. Il a un faible pour les mets sucrés, la crème glacée et les bonbons. Il aime la baignade et les sauts, mais ce qu’il préfère par dessus tout est de passer du temps sous l’eau, avec son masque.

Il démontre une curiosité et une assurance hors du commun face aux nouveautés que lui présentent le règne végétal et animal. Il observe avec acuité les détails de son environnement, questionne, teste et émet des hypothèses de manière spontanée sur le monde qui l’entoure.

Il est plutôt réservé lorsqu’il fait de nouvelles rencontres, hésitant souvent à réponde aux questions qui lui sont adressées. Paradoxalement, il parle souvent trop fort lorsqu’il se retrouve en famille. Avec son frère, il n’hésite pas à recourir aux coups afin de se faire respecter.

IMGP3119[1]

Lire la suite

Publié dans Réflexions | 4 Commentaires

Bélize quand tu nous tiens!

Au Bélize, il n’y a que très peu de sites de camping organisés, comme c’était le cas au Mexique. Toutefois, il est très facile de trouver des endroits où camper. Les nombreuses réserves naturelles, parcs ou sanctuaires offrent la plupart du temps des cabañas et des dortoirs pour les chercheurs ou les étudiants et offrent habituellement l’hébergement aux  aux voyageurs ou la possibilité de camper. Par exemple, au Monkey Bay Wildlife Sanctuary, qui se spécialise dans l’accueil de groupe d’étudiants étrangers, nous profitons de leurs belles installations éco-suffisantes et toute la famille y trouve son compte (terrain de basket et aire de jeux, Wi-Fi, toilettes récupérant les bio-gas).

IMGP2438IMGP2440IMGP2443

Lire la suite

Publié dans Bélize | 6 Commentaires

Beau petit Bélize

Seulement une semaine au Bélize et déjà tant à raconter! Devenu une colonie Britannique au 19e siècle et ayant acquis son indépendance il y a seulement trente ans, le Bélize est un  tout petit pays: pas plus de 300 km de long et 110 km dans sa partie la plus large. Il est peu peuplé avec ses 325 000 habitants, mais il compte 13 groupes ethniques distincts et trois langues principales. Bien qu’il fasse partie de l’Amérique Centrale, de par ses caractéristiques ethniques et la composition de son territoire qui englobe plusieurs iles, il pourrait tout aussi bien appartenir aux Caraïbes.

Nous voilà donc franchement dépaysés en traversant au Bélize et après seulement quelques jours passés dans ce nouveau pays, nous sommes déjà conquis!

IMGP2142

Lire la suite

Publié dans Bélize | 5 Commentaires

Des vacances au Yucatán

Comme si le Mexique ne nous avait pas encore assez gâtés et éblouis par ses nombreux attraits, nous passons des moments fabuleux dans le Yucatán. Alors que nous étions hésitants à entreprendre l’exploration cette section du Mexique en raison de sa popularité, encore plus durant cette période de vacances mexicaines, nous terminons notre visite enchantés et estimons que nous aurions pu nous y attarder beaucoup plus longtemps. Nous n’avons pas été embêté par l’afflux de vacanciers mexicains sur les routes et dans les lieux visités. Bien sûr, la chaleur est toujours au rendez-vous mais nos activités des dernières semaines incluent de nombreux moments rafraichissants, ce qui nous a permis de survivre et de garder le sourire!

Le Yucatán, de par ses particularités géographique, ethnographique et historique, constitue une destination à part entière. La plupart de ses habitants se considèrent d’ailleurs avant tout Yucatecos et ensuite Mexicains. La péninsule du Yucatán, divisée en trois états (Campeche, Yucatán et Quintana Roo) est l’une des régions les plus visitées du Mexique, particulièrement en raison de l’attrait dégagé par la zone comprise en Cancún et Tulum. En plus de ses merveilleuses plages du côté caraïbes, nous découvrons avec émerveillement toute la diversité que cette région présente aux visiteurs: eaux cristallines, zones archéologiques, culture Maya, villes coloniales et réserves naturelles.

IMGP9580IMGP1711IMGP1969IMGP9546

Une de nos activités “coup de cœur” durant les trois dernières semaines est sans contredit la baignade dans les cenotes, ces puits naturels souterrains particuliers à la région du Yucatán (on en dénombre plus de 6 000). Les cenotes se retrouvent tant en ville que dans la jungle et nous en visitons plusieurs car à chaque fois nous sommes excités à l’idée de découvrir les particularités de ces cavités géologiques et surtout heureux de nager dans leurs eaux vivifiantes (25 degrés Celsius). Nous ne nous gênerons donc pas pour faire des détours et ajuster notre itinéraire en fonction de leur localisation.

Le sol du Yucatán, principalement constitué d’une plaine de roc calcaire donc poreuse, a entraîné la formation de cavernes et d’un réseau de tunnels où l’eau s’est accumulée. Les cenotes qui se retrouvent à la hauteur du sol ressemblent à des lacs alors que d’autres plus profonds servent de point d’entrée à des réseaux complexes de tunnels souterrains. Dans plusieurs cavités la lumière pénètre par des trous localisés au plafond de la caverne. La plupart des cenotes sont remplis d’eau douce alors que ceux près de la mer, d’eau salée. La couleur de l’eau, toujours claire (vraie à la base, malheureusement certains cenotes sont pollués en raison de l’absence de systèmes de gestion d’eaux usés), varie du bleu profond au vert émeraude.

Le premier cenote que nous visitons, celui de San Ignacio, dans le village de Chochola, non loin de Mérida, se retrouve à l’intérieur d’une caverne et ses eaux turquoises sont translucides. Ce petit cenote est situé en plein cœur d’un pueblo dans la cour arrière d’une demeure. La famille-propriétaire a transformé l’endroit en lieu accueillant pour les visiteurs. Des lumières artificielles éclairent l’intérieur de la caverne, ce qui nous permet de bien voir le dôme et ses stalactites.

IMGP9361IMGP9364IMGP9373

Le moment fort de toute cette tournée de cenotes est notre ballade en charriot dans les environs de Cuzamá, qui nous permettra de visiter trois cenotes différents. Nous apprécions le contexte naturel des lieux et puisque nous sommes les premiers lors des baignades, une magie particulière opère.

La veille, nous dormons près de la plaza du village, fin prêts à devancer les visiteurs nombreux en ce weekend de Pâques. Dans le village de Cuzamá, le basketball semble être un sport très populaire. Les enfants passent la soirée à s’amuser avec les gens du village qui viennent en grand nombre se divertir sur le terrain. Femmes, hommes, enfants, adolescents s’amusent harmonieusement sur l’espace de jeu. Un même panier sert simultanément à des joutes distinctes. Les règles sont souples pour les débutants. Les parties de soccer sont même permises! Nus pieds ou en sandales, tout le monde est bienvenue, même les étrangers. Une femme nous laisse même son ballon lorsqu’elle doit quitter, en nous indiquant à qui le remettre à notre départ. De plus, elle nous offre d’aller prendre une douche chez son frère après la partie! Nos deux bonhommes s’amusent rondement mais n’arrivent pas à la cheville de leurs deux adversaires féminines qui ont visiblement plusieurs heures de pratique à leur actif. Christophe nous revient avec de grosses ampoules sous les pieds, mais, ça, les filles ne le sauront jamais.

Le lendemain, c’est donc à bord d’un petit buggy, tiré par un cheval, se déplaçant sur des rails (anciennement utilisé lors de la culture et la récolte du sisal) que nous parcourons plusieurs kilomètres afin d’aller explorer trois magnifiques cenotes à l’éclairage naturel, avec des accès parfois périlleux.

IMGP9417IMGP9418IMGP9445IMGP9448

IMGP9452IMGP9455IMGP9458IMGP9463IMGP9477

IMGP9490IMGP9508IMGP9520IMGP9535IMGP9500

Lors du voyage de retour, nous croisons plusieurs charriots. Il faut donc enlever (plusieurs fois) le nôtre des rails afin de leur laisser le passage!

IMGP9449IMGP9488IMGP9536

Le cenote Yokdzonot est un grand cenote à ciel ouvert. Pour la première fois, le gilet de sauvetage est obligatoire. Le parc est bien organisé et géré par une coopérative qui offre différentes activités en plus de la baignade (kayak, tyrolienne, rappel, camping, vélo). Nous remarquons que les Mexicains ne semblent pas être de bons nageurs en général. Même lorsque les étendues sont vastes, nous les retrouvons souvent très près des cordes, agglutinés sur les quais, appuyés sur les parois rocheuses, avec vestes de flottaison, même lorsque non requises, ou effectuant des traversées précaires lorsqu’ils se décident à s’aventurer un peu plus loin.

IMGP9540IMGP9541

Le cenote Samulá, voisin du cenote X-Kekén, probablement le plus photographié de tous, à Dzitnup.

IMGP1797IMGP1799IMGP1806

A la sortie, après la trempette, la pluie nous surprend. La force de l’averse nous enlève le goût de regagner notre véhicule, situé seulement à quelques mètres devant nous. Nous patientons quelques instants sous le grand palapa, pendant que Christophe attire une foule lorsqu’il improvise quelques notes sur un instrument de musique maya en démonstration.

IMGP1815IMGP1816

Le cenote Zaci, situé au coeur de Valladolid. Celui-ci, nous nous contenterons de le regarder.

IMGP1823

Le cenote Suytun, à l’est de Valladolid.

IMGP1873IMGP1874IMGP1875

Le Gran cenote, juste avant Tulum, porte bien son nom. Il est grandiose avec ses couleurs, son réseau de tunnels sous-marin accessibles aux plongeurs avec bonbonnes et son environnement luxuriant. Des oiseaux, des insectes, des tortues, des chauves-souris et des poissons évoluent dans ce lieu magique.

IMGP2051IMGP2056IMGP9548IMGP9557IMGP9558

Alors que nous avons connu un moment de désintéressement circonstanciel lors de notre passage à Uxmal, nous nous reprenons dans le volet archéologie en effectuant deux belles visites, l’une à Chichén Itzá et l’autre à Ek’Balam. Avec l’aide d’un guide parlant français, nous sommes en mesure de mieux apprécier nos visites archéologiques.

Mais avant la visite de Chichén Itzá, un peu de baignade et d’entretien mécanique.

IMGP1699IMGP1703

Nous sommes définitivement impressionnés par la signification de la grande pyramide de Kukulcán (El Castillo) qui représente le calendrier Maya. Et rassurez-vous, la fin du calendrier Maya n’annonce pas la fin du monde, mais plutôt le début d’une nouvelle ère.

IMGP1712IMGP1772

Le Templo de los Guerreros avec une figure visible de Chac-mool

IMGP1790

Le Gran Juego de Pelota

IMGP1729IMGP1730IMGP1791

Chichen Viejo et le cenote Sagrado, lieu de culte dans lequel était jeté offrandes et sacrifices humains.

IMGP1742IMGP1748IMGP1771IMGP1750IMGP1761IMGP1785

Vers midi, nous quittons les lieux afin de laisser place aux hordes de visiteurs qui arrivent par autobus.

IMGP1795

Petite pause à Valladolid

IMGP1834

et coup de ciseaux pour tout le monde.

IMGP1838IMGP1839IMGP1842IMGP1845IMGP1846IMGP1850IMGP1851IMGP1854IMGP1858

En route vers le nord de la péninsule du Yucatán, nous visitons le très beau site de Ek’Balam, lieu de la première cité Maya du Yucatán. Avec son emplacement central, son palais royal et sa muraille, on croit que cette cité fut probablement la capitale de la région.

IMGP1881IMGP1882

Ses fresques magnifiques sont bien conservées et maintenant protégées. Plusieurs pyramides sont encore ensevelies et des travaux sont en cours pour exposer et restaurer d’autres monuments.

.IMGP1900IMGP1902IMGP1906IMGP1886IMGP1907IMGP1910

Le village de Rio Lagartos, 100 km au nord de Valladolid est protégé du golf du Mexique par une grande île-barrière. L’endroit est magnifique et ses eaux sont habitées par des  flamands roses une partie de l’année. Nous en profitons pour aller observer ces oiseaux roses à bord d’une lancha, qui vient nous cueillir au petit matin, juste devant notre lieu de campement. Cette ballade agréable devient tout simplement mémorable lorsqu’on nous invite à flotter dans un bassin servant à l’extraction de sel de mer et à nous enduire d’argile avant de plonger dans la lagune.

La veille nous avions constaté avec grand étonnement qu’un petit alligator nageait dans cette même lagune, un peu à l’écart des baigneurs qui le surveillaient du coin de l’œil. Après avoir longuement hésités, les gars ont eux aussi décidé de profiter de ce point d’eau invitant. En discutant avec une maman, j’ai donc fait le guet pendant que les enfants s’amusaient dans l’eau. Faut croire qu’on s’habitue à tout.

IMGP1919IMGP1925IMGP1936IMGP1948IMGP1949IMGP1952IMGP1986IMGP1965IMGP1998IMGP2024IMGP2034IMGP2040IMGP2043

Au retour, ce sont les spartiates qui viennent visiter l’imaginaire des enfants, probablement suite au visionnement d’un film sur le sujet il y a quelques semaines. Un combat est donc improvisé d’urgence, avec les moyens du bord.

IMGP2045

Lorsque nous atteignons la Riviera Maya, nous nous posons dans la baie d’Akumal. Le sable est doux et très blanc. La mer des Caraïbes est magnifique. A quelques 100 mètres de la berge, tout près du récif, il est possible d’aller observer avec notre masque et tuba des tortues qui se nourrissent d’herbes marines.

IMGP9575IMGP9576

Le ciel se couvre souvent et des averses fortes nous obligent à nous abriter. La couleur de la mer change alors.

IMGP9568

Un peu plus au nord, Xpu-Ha est encore havre de paix avec un décor à couper le souffle.

Sur la plage, devant un complexe hôtelier abandonné après le passage d’un ouragan en 2004…

IMGP9584

Les cocos n’ont presque plus de secrets pour nous. Philippe les cueille, Mathieu les ouvre et moi je les cuisine.

IMGP9585

Lors de ces incursions tout près de la mer, nous mesurons les avantages que nous confèrent notre petite maison roulante. Ces lieux de rêve sont souvent réservés aux visiteurs logeant dans les complexes hôteliers ou les condos environnants. Gratuitement ou pour le coût d’un stationnement, nous avons la chance de profiter de ces mêmes paysages. Toutefois, les développements immobiliers rendront éventuellement inaccessible ce genre de privilège aux voyageurs ambulants.

Au sud de la Riviera Maya, c’est la Costa Maya, une région encore très peu développée. Nous visitons brièvement Majahual qui reçoit des bateaux de croisière quelques jours par semaine en saison. Lorsque les croisiéristes y descendent par milliers, l’allure de ce petit village constitué d’une seule rue principale doit changer considérablement.

IMGP9598IMGP9595

La laguna de Bacalar, juste un peu avant la frontière Bélizienne offre un panorama hors de l’ordinaire avec ses eaux turquoises nous laissant croire qu’il s’agit de la mer des Caraïbes, alors que c’est un lac immense. Notre premier arrêt nous offre des lieux idylliques. Malheureusement, les moustiques nous assaillent. Nous récoltons des dizaines de piqures après la moindre exposition, si brève soit-elle. Nous obtenons un peu de répit dans l’eau et sur le quai, grâce au vent. Nous avons beau chanter Le moustique de Joe Dassin, “No me moleste mosquito, no me moleste mosquito, no me moleste mosquito, retourne chez-toi. Je fais la sieste moustique, arrête un peu ta musique, ne sois pas antipathique, ne me pique pas” cela ne suffit pas à les faire fuir. C’est nous qui décidons de déguerpir.

IMGP2064IMGP2066IMGP2084IMGP2061

Un beau overlander de voyageurs Australiens qui reviennent d’un voyages de 3 ans en Amérique du Sud et qui se dirigent maintenant vers l’Alaska.

IMGP2088

Au balnéario municipal de Bacalar il n’y a pas de moustique. Que du bleu. Les enfants se baignent longuement. Perfectionnent leur sauts. Notre aventure Mexicaine est sur le point de se terminer. Dans quelques jours nous traverserons au Bélize.

IMGP2096IMGP2093IMGP2122

P.S.: un petit message à vous chers lecteurs. Quel bonheur tout ces petits mots et commentaires que vous nous faites parvenir. Nous les lisons avec joie et ceci nous incite à poursuivre le récit de nos découvertes. Un merci spécial à ma tendre maman, qui nous suit à la trace et qui m’écrit souvent de beaux commentaires et des courriels. Pour la première fois peut-être, j’ai la capacité et le recul pour apprécier tout son amour et sa présence dans ma vie malgré la distance. Je me sens privilégiée.

Publié dans Mexique | 4 Commentaires

Il fait chaud dans le Chiapas

Après la visite de San Cristóbal de Las Casas, nous poursuivons notre découverte de l’état du Chiapas vers le nord-est, qui nous présente de magnifiques paysages verts et luxuriants. Même si le Chiapas occupe une superficie relativement petite du Mexique, il possède la plus grande biodiversité de toute l’Amérique du Nord. Son climat et ses caractéristiques géographiques sont très diversifiés (côtes, montagnes, basses terres, forêt tropicale et lacs).

IMGP1223IMGP1329

Devant les demeures très modestes des villages traversés, on fait sécher des grains de café sur de grandes toiles étendues sur le sol. Les habitants circulent à pieds sur le bord des routes, transportant des fagots de bois sur leur dos, guidant des petits troupeaux de chèvres ou utilisant un âne pour déplacer des ballots de verdures. Le Chiapas est l’état le plus au sud et nous ne sommes plus qu’à une centaine de kilomètres de la frontière Guatémaltèque et ces paysages naturels et culturels nous préparent à ce que nous rencontrerons en Amérique Centrale.

La région du Chiapas n’est pas sans évoquer les révolutionnaires Zapatistes qui occupèrent San Cristóbal de Las Casas et d’autres villages environnants en janvier 1994 lorsque l’accord de libre-échange fut débuté entre les trois pays d’Amérique du Nord. Les Zapatistas s’opposaient à la globalisation mais surtout revendiquaient plus de terres pour les groupes indigènes de la région (parlant souvent une autre langue première que l’espagnol) et plus d’autonomie pour ces communautés pauvres ne partageant pas les richesses du pays et qui ont historiquement subi beaucoup de préjudices. La contre–attaque violente de l’armée Mexicaine qui a suivi cette rébellion a rapidement été ralentie lorsque un mouvement de solidarité internationale avec les rebelles s’est fait sentir. Depuis ce temps, les négociations se sont poursuivies mais n’ont pas encore connu de résolutions complètes. A moins de démontrer un soutien envers les Zapatistas, les touristes qui visitent le Chiapas ne sont pas embêtés par ces tensions politiques sous-jacentes. Toutefois, il existe de nombreux points de vérification fait par l’armée et des démonstrations citoyennes variées bloquant la route pendant plusieurs heures nous ont été rapportées par plusieurs voyageurs.

De nôtre côté, nous n’avons pas été ralenti par ce genre de manifestations mais nous avons traversé à quelques reprises des “barrages” simulés par une poignée de villageois, souvent des femmes ou des enfants, tendant une corde devant le véhicule, forçant l’arrêt, afin que nous leur remettions un peu d’argent ou que nous achetions sous pression quelques marchandises. Cette attitude plus agressive, que nous rencontrons pour la première fois depuis notre arrivée au Mexique nous déstabilise et nous choque, jusqu’à ce que nous prenions plus d’assurance pour les traverser.

L’environnement sublime que nous offre Agua Azul, avec sa série de chutes et de rapides entourés de jungle, nous fait rapidement oublier l’épisode frisquet et grêleux de San Cristóbal.

IMGP1320

IMGP1322

L’endroit est populaire et la majorité du sentier bordant les cascades est bordé de kiosques de vente, ce qui dénature un peu l’endroit. Heureusement, ceci ne diminue en rien le plaisir rafraichissant offert par ces eaux cristallines.

IMGP9299

Sur les lieux, nous rencontrons Louis et Amélie, un jeune couple de voyageurs de la région de Québec partis depuis deux mois et sur le point de rentrer à la maison, afin de reprendre leurs travails saisonniers sur des fermes maraichères. Amélie est enseignante et effectue également des contrats selon ses disponibilités durant l’année scolaire. La discussion est agréable et enrichissante. Leurs parcours nous inspire. Nous nous reconnaissons dans ce couple en recherche, qui ose adopter en même temps un style de vie convenant à leurs aspirations mais qui diffère du modèle conventionnel.

IMGP9305

À l’heure du souper, alors que nous regardons nos garçons jouer au soccer avec des enfants du coin, nous sommes invités à partager le repas d’une famille mexicaine venus passer la journée à Aqua Azul. Ils sont une trentaine,  grand-père, cousins, oncles et tantes et petits-enfants, à discuter sous un palapa déjà trop petit. Ils nous accueillent avec curiosité et générosité à partager leur repas: soupe tomaté, tacos, eau de coco. Leurs questions sont multiples et variés. Les jeunes filles, plus à l’aise en anglais, servent parfois d’interprètes. La soirée se termine abruptement, lorsqu’une averse monstre force la famille à ranger ses pénates.

Nous campons sur les lieux et profitons du site désert tôt le lendemain matin.

IMGP1259IMGP1270IMGP1296

Quelques kilomètres plus loin, la grande chute de Misol-Hà nous impressionne tout autant. La baignade y est encore meilleure! Le décor est idyllique. Nager dans le bassin, tout près de la chute d’eau est une expérience unique. Un sentier nous permet d’aller derrière la chute.

IMGP9312IMGP9325IMGP9329IMGP9334IMGP9335

Admirer des toucans et des insectes géants dans leur milieu naturel représente un moment plus émouvant qu’une visite au zoo.

IMGP1333IMGP9350IMGP9353

A Palenque, nous passons quelques jours dans un très beau camping, tout près des ruines. Nous y faisons la rencontre de trois groupes de voyageurs francophones. Nous passons une soirée agréable à discuter ensemble, autour de l’apéro, qui s’étire jusqu’à très tard. Nos apprécions la curiosité, les étonnements et les questions exprimés face à nos choix de vie, tant économique qu’éducatif. Ces discussions nous permettent de réaliser un peu plus où nous en sommes par rapport à l’intégration de ces choix radicaux. Les interrogations des autres sont souvent aussi les nôtres…S’entendre raconter notre cheminement et notre vision nous permet d’en apprendre un peu plus sur nous même finalement. Ensemble nous réfléchissons sur l’avenir des familles voyageuses (car ceci est une préoccupation universelle chez les voyageurs) et rigolons de nos différences culturelles. Josette et Cyrille, de Suisse: http://www.nous3.ch/wordpress/; Jean, Marike, Louise et Andréa de France: http://cestnotretrip.canalblog.com/;  Nicolas, Céline, Mia, Elliot, Léna et Tia, la doberman, de Guadeloupe (site en préparation).

Les enfants s’amusent beaucoup à la piscine avec les autres enfants.

IMGP1543IMGP1544

Un soir, la visite d’un singe hurleur sur le terrain de camping ne passe pas inaperçue. Les campeurs se rassemblent pour l’observer et le photographier. Appellé saraguato negro au Mexique et baboon au Belize, il est présent ici, dans le nord du Chiapas, dans le Tabasco et dans la péninsule du Yucatan. Ce singe est large et trapu. Son pelage, entièrement noir, est long et épais. Le mâle, plus gros que la femelle, a un scrotum blanc! Lorsqu’il n’est pas menacé, le singe hurleur est facilement visible car il déambule dans les petits arbres le long des routes, hurlant au lever et au coucher du soleil. Son cri, ressemblant à celui d’une ÉNORME bête féroce est particulièrement impressionnant.

IMGP1377IMGP1385IMGP1381IMGP1378IMGP1389

Nous visitons Palenque dès l’ouverture afin de battre la foule et la chaleur humide. Construit sur une série de terrasses artificielles, entouré de jungle, le site est magnifique. En raison de la chaleur qui ralentit mes ardeurs intellectuelles, je ne fais pas de lectures préparatoires et l’énergie me manque pour faire du rattrapage après la visite. Nous nous contentons donc de nous imprégner globalement du site, grandiose et intriguant, en laissant tomber les informations historiques, qui ajoutent certes à la visite, mais qui ne réussissent jamais à rendre justice à l’ampleur de ces cités mystérieuses.

IMGP1393IMGP1394IMGP1488IMGP1497IMGP1470IMGP1486IMGP1517IMGP1452IMGP1439IMGP1454

Quittant le Chiapas, nous effectuons un bref arrêt à Isla Aguada, qui nous introduit à l’état du Campeche. Nous profitons d’une belle baignade dans le golf du Mexique, juste avant le coucher du soleil. Mathieu et les enfants s’amusent à ouvrir des noix de coco qui jonchent le sol. Le lendemain, en préparation de la fête de Christophe qui souhaite célébrer son anniversaire dans un lieu avec piscine et connexion internet haute-vitesse, nous nous rendons tout près de la ville de Campeche, qui offre un camping répondant aux critères souhaités. Tel que convenu, nous y retrouvons également la famille de Nicolas et Céline, de Guadeloupe, au grand bonheur de Christophe, qui se sent davantage entouré pour sa fête. Le 1er avril, nous célébrons donc le 11e anniversaire de notre grand Coco, au bord de la piscine du club Nauticó.

IMGP1572

Christophe, notre beau grand jeune homme est très fier d’ajouter une bougie à son gâteau.

IMGP1576IMGP1597IMGP1598IMGP1594

Nous sommes des gens du Nord et c’est tranquillement que nous nous adaptons aux réalités imposées par le climat. Les enfants, heureusement, ne se plaignent pas vraiment de la température. De mon côté, la chaleur humide a toujours fait partie de mes bêtes noires. A la maison, à l’exception des moments où j’allais jouer dans mon beau jardin, je privilégiais la plupart du temps l’air conditionné et ventilé de ma grande maison et je me plaignais de la chaleur à la moindre occasion. Ici, les nuits ne sont pas toutes réparatrices et nous tentons d’ajuster notre rythme au niveau d’énergie disponible. L’horaire de nos repas ressemble de plus en plus à celui des Mexicains, avec un dernier goûter pris vers 20h.

Depuis quelques semaines, notre désir d’exploration est naturellement moins soutenu et notre curiosité à découvrir de nouvelles villes n’est plus au rendez-vous. Nous préférons la farniente et recherchons les plans d’eau. Par exemple, nous escamotons la visite pourtant agréable à faire, de la belle ville fortifiée de Campeche, faute d’énergie. Nous goûtons brièvement à son ambiance nocturne, le temps de permettre aux enfants de participer, l’espace de quelques instants, à cette vivacité urbaine de soirée: skate pour Christophe sur le malecon  et tour de voiturette électrique pour Philippe. Les deux semaines de vacances entourant la semana santa viennent de débuter et l’ambiance est aux vacances, comme nous le vivons durant nos semaines de la construction.

Lorsque nous constatons que même notre passage à Uxmal, un lieu archéologique de grande importance, suscite un sentiment de lourdeur généralisé et que nos parties de cartes à l’ombre nous offrent plus de satisfaction que la découverte de richesses patrimoniales, nous décidons de rectifier le tir et de filer quelques jours vers le bord de la mer, question de nous recentrer sur ce dont nous avons réellement envie.

IMGP1614IMGP1649

Depuis que nous avons atteint la péninsule du Yucatan, les déplacements sont rapides et efficaces, car les routes sont larges et les topes se font plus discrets. Nous passons des journées tranquilles et agréables, à Chelem, près de Puerto Progreso. Au menu: baignade dans la mer et à la piscine, soudure pour le campeur (nouvelles barres de support pour l’arrière du campeur), réorganisation et rangement du campeur, jeux pour les enfants et retour à la coiffure habituelle, après plusieurs fous rire.

IMGP1661IMGP1666IMGP1667IMGP1659IMGP1669IMGP1683

Publié dans Mexique | 6 Commentaires

Saveurs et couleurs à Oaxaca et San Cristobal

La route qui monte vers Oaxaca, à partir de Puerto Angel n’est pas de tout repos: les courbes se succèdent sans relâche, les réducteurs de vitesse mexicains (topes) sont fréquents et la chaussée alterne entre sections nouvellement pavées et zones sinistrées par des éboulis. Il faut compter un gros 7 heures de route et beaucoup de concentration de la part du conducteur pour compléter ce beau parcours en montagne agrémenté de paysages verdoyants. La route est vraiment mouvementée et Philippe doit se soulager du contenu de son estomac après les premières heures de route. Heureusement, une fois libéré, il se sent très bien et le reste de la journée se déroule normalement. Pour l’aider à garder les yeux sur l’horizon, je l’invite à nous rejoindre à l’avant puisque nous avons une grande cabine pouvant accueillir trois passagers. Il est toujours content de venir entre nous deux et le demande de plus en plus souvent, au grand désespoir de Christophe, qui se plaint alors “d’être seul” à l’arrière. Lorsque nous lui proposons la même faveur, il choisit pourtant la plupart du temps de demeurer dans ses quartiers.

IMGP0472

Alors que l’état d’Oaxaca (wah-hawk-ah) est relativement peu développé, la capitale qui porte le même nom, profite quant à elle d’une belle prospérité, grâce au tourisme. La ville est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en raison de la beauté de son architecture coloniale. Par ailleurs, la ville bénéficie d’une vie culturelle riche et le nombre de galeries d’art et de musées ajoute à son charme bohémien. En 2006, la ville d’Oaxaca a connu des moments difficiles, alors qu’une manifestation initiée par des professeurs au sujet des salaires s’est transformée en émeute meurtrière lorsque les revendications se sont élargies à la corruption touchant le gouverneur de l’état. La ville se remet encore aujourd’hui de cet épisode qui a durement touché les pauvres marchands qui n’ont pas été en mesure de survivre lors des ces mois turbulents les empêchant de faire du commerce.

Dès les premiers instants, la ville d’Oaxaca nous enchante par son atmosphère familiale et détendue et ses marchés spectaculaires offrant mille et une tentations à tous nos sens. Sur la place centrale, il y a de la vie à tout heure du jour ou de la nuit et nous prenons plaisir à y retourner fréquemment durant notre séjour. Christophe y fait du skate alors que Philippe s’amuse comme les autres enfants à lancer et rattraper un tube gonflé. Ça grouille de partout: des musiciens ambulants, un orchestre, des vendeurs itinérants, des touristes mexicains et internationaux, des expatriés, des jeunes, des vieillards, des mendiants, des kiosques de nourriture, des manifestations, des défilés, des feux d’artifices, des cireurs de chaussures, des amoureux. Nos deux guapos niños attirent encore ici beaucoup le regard des gens, surtout les mamans et les jeunes filles qui se plaisent à toucher à la tête des enfants.

IMGP0523IMGP0698IMGP0571IMGP0581IMGP0584IMGP0607

Lors de notre première incursion au Mercado 20 de Noviembre, nous vivons une expérience culinaire intéressante dans la section des carnes asadas. Dès que nous mettons les pieds dans l’allée, on nous siffle, nous interpelle, nous assaille littéralement. Nous ne comprenons pas immédiatement la procédure et restons figés pendant quelques instants, ce qui fait redoubler d’ardeur les commerçants. Au Mexique, le signe de la main que nous utilisons pour signifier “ouste, allez-vous en” ou “reculez”, indique le contraire. Ceci ajoute à notre confusion dès premiers instants. Nous réalisons finalement qu’il faut d’abord choisir un vendeur de légumes (échalotes et piments forts), qui nous offrira sa table et un grand plateau qui nous permettra d’aller choisir des viandes à griller proposées par des dizaines de commerçants offrant tous la même sélection (bœuf, porc ou chorizo). Ensuite, le comptoir de viande que nous avons sélectionné fait griller la viande et les légumes sur du charbon de bois. Pendant la cuisson, nous retournons à notre table pour choisir nos boissons (d’un troisième vendeur). Des salsas peuvent agrémenter notre repas, au coût de 0.75$ l’assiette. Alors que nous dégustons ce festin, l’allée est enfumée par les grillades, de la musique nous accompagne et des vendeurs viennent nous solliciter régulièrement. Pas mal comme immersion dans la cuisine d’Oaxaca!

IMGP0542IMGP0547IMGP0539IMGP0543IMGP0548IMGP0546

Le grand Mercado de Abastos est tout aussi coloré et agréable à visiter. Nous nous y sentons mieux qu’au marché Libertad de Guadalajara car les allées sont plus larges et aérées. Christophe fait une razzia de CDs de musique; des copies vendues à moins d’un dollar l’unité (la vente d’articles de contrefaçon, pour la plupart produits localement, est extrêmement répandue au Mexique et cela est bien visible dans ses marchés: films, musique, jeux vidéos, cartes mémoire, livres et manuels scolaires copiés sont disponibles partout. Alors que des efforts sont fait au niveau national pour enrayer ce fléau, il n’y a pas beaucoup de collaboration au niveau provincial et municipal pour le moment). Mathieu déniche une machette pour ouvrir des noix de coco. Je me procure un presse lime ultra pratique. Philippe en profite pour déguster une mangue joliment apprêtée.

IMGP0550IMGP0555

La ville se parcoure très bien à pieds, la température est idéale. Nous nous rendons à l’observatoire de la ville, près de l’amphithéâtre, ce qui nous donne un bon aperçu de la vallée. Nous faisons un arrêt à la boutique de philatélie afin que Philippe puisse alimenter sa collection. Les murales du Palacio De Gobierno, illustrant l’histoire du pays, nous occupent pendant quelques instants et l’excellent Museo du Palacio, traitant de l’évolution humaine à travers la planète, nous absorbe durant quelques heures.

IMGP0620IMGP0628IMGP0637IMGP0649IMGP0659IMGP0676IMGP0717

Oaxaca nous offre une autre belle surprise en nous permettant cette rencontre précieuse avec André et Suzanne, deux grands voyageurs qui sont tombés en amour avec Oaxaca il y a plusieurs années. Ce couple de Québécois dans la soixantaine a visité à plusieurs reprises l’Amérique Centrale et du Sud à bord de leur fourgonnette aménagée. Passant l’hiver à Oaxaca cette année, ils prennent le temps de nous rencontrer (trois fois plutôt qu’une), afin de nous partager leurs expériences et leur passion pour les voyages de routards. Nous passons avec eux des moments vraiment agréables. Nous sommes touchés par le respect et l’enthousiasme qu’ils démontrent face à notre voyage, bien que nous en soyons qu’au début et qu’ils aient beaucoup plus d’expérience que nous en la matière. Quelle inspiration que celle de rencontrer des gens de chez-nous, au quotidien peu banal, avec une philosophie de vie qui sort des sentiers battus! Avec leurs yeux brillants, leur ouverture et leur énergie, il est facile de croire que les voyages aident à rester jeunes et vivants. http://traverse1.blogspot.com

IMGP0713

Nous poursuivons nos découvertes culinaires à Oaxaca en goûtant aux Tlayudas, au chocolat Mayordomo et au quesillo. Nous passons toutefois notre tour devant les chapulines (sauterelles grillées), qui sont offertes partout dans les marchés.

IMGP0723IMGP0727IMGP0733IMGP0737IMGP0738IMGP0739IMGP0740

Toujours dans l’état d’Oaxaca, nous passons par Santa Maria del Tule, afin de rendre hommage à l’arbre le plus large du monde, avec une circonférence de 58 mètres. Il s’agit d’un cyprès dont l’espèce est éradiquée depuis l’ère coloniale.

IMGP0750IMGP0743IMGP0748IMGP0765IMGP0772

Un peu plus loin, nous faisons un petit détour pour admirer le site naturel Hierve el Agua, localisé dans la municipalité de San Lorenzo Albarradas. Une route de sable, étroite et sinueuse, mène vers le site de l’autre côté d’une montagne. En raison de la concentration de minéraux et de systèmes d’irrigation préhispaniques, différentes chûtes sont maintenant pétrifiées sur la paroi rocheuse, formant d’énormes stalactites. Nous nous baignons dans l’eau froide des bassins. La vue sur les montagnes environnantes est vraiment impressionnante. Des champs d’agaves et les fabriques de mescal sont visibles partout dans les alentours. Alors que l’endroit nous parait particulièrement isolé et difficile d’accès, nous réalisons vite qu’il y a une vie rurale bien organisée même ici.

IMGP0780IMGP0788IMGP0792IMGP0795IMGP0804IMGP0827IMGP0810IMGP0814IMGP0834IMGP0841IMGP0848

Juste avant de traverser dans l’état du Chiapas, nous passons une nuit dans la ville de San Pedro Tapanatepec. Les enfants se mêlent rapidement à ceux qui s’amusent sur la plaza et participent pieds nus à une partie de ballon dégonflé. Christophe attire l’attention avec sa planche à roulettes. Il fait des démonstrations et n’hésite pas à prêter ses souliers pour permettre à d’autres enfants d’essayer quelques trucs. Une maman me rejoint sur le banc du parc et nous échangeons quelques mots. En discutant de la ville et de sa réalité, je l’interroge sur la place des femmes, ici, puisque la région au sud est connue pour sa société matriarcale. Elle me raconte donc son cheminement dans la maternité, qui inclue une période de maladie et deux périodes d’enfantement à plusieurs années d’intervalle. Je comprends qu’elle se remet difficilement d’un état dépressif et qu’elle n’arrive pas à travailler. Et là, la limite de mes capacités de communication me rattrape durement. Comme j’aurais aimé lui dire que je la trouvais belle et aimante avec ses enfants. J’aurais aimé l’encourager, lui manifester ma compassion. En même temps, même avec des mots, comment justifier, expliquer ma présence ici, avec mes enfants, en cavale dans une vie fantastique et remplie de découvertes? Un peu plus tard, Carmen m’offre de l’accompagner chez-elle car elle veut nous offrir un sac de mangues. L’économie de la ville est basé à 80% sur la culture des mangues. Et c’est la saison des mangues au moment où nous passons. Les cueilleurs et les camions de transport congestionnent la ville. Nous passons un petit bout de temps chez Carmen et Oscar, à discuter de l’économie du village et des restrictions importantes qu’imposent les États-Unis aux producteurs mexicains. Autour de la table de bois, qui fait office de seul mobilier dans cette maison/abri dont fait également parti l’atelier de soudure d’Oscar, nous dégustons de délicieuses mangues fraîches, dont deux variétés différentes.

A Tuxtla Gutiérrez, capitale du Chiapas, nous nous laissons tenter par le Zoológico Miguel Alvarez del Toro. Les animaux présents dans ce zoo sont tous originaires du Chiapas. En voici quelques uns:

IMGP0859IMGP0860IMGP0867IMGP0883IMGP0911IMGP0945IMGP1015IMGP0918IMGP0982IMGP0995IMGP1000IMGP1010

Pour satisfaire mon penchant pour les “tours de bateau”, nous visitons la ville de Chiapa de Corzo dans le but de faire une ballade dans le Cañon del Sumidero. La veille, nous nous stationnons prés du Zocalo en vue d’y passer la nuit. S’en suit une scène théâtrale intéressante entre la police locale, les préposés au stationnement de la ville et nous. Le thème de la pièce étant de déterminer un endroit approprié pour stationner notre campeur afin d’y passer la nuit. Étant à la fois acteurs et spectateurs de cet acte, nous constatons rapidement que la police n’a pas beaucoup d’autorité. Après plusieurs discussions et même deux déplacements du véhicule autour du Zocalo, nous décidons finalement d’en faire à notre tête car nous ne craignons pas de représailles. Le lendemain, nous embarquons pour notre petite ballade sur le Rìo Grijalva, qui fait son chemin entre les parois hautes jusqu’à 1000 mètres du canyon. Nous constatons malheureusement que la pollution, présente partout au Mexique, n’a pas épargné cet endroit. A part Christophe qui se lasse rapidement du paysage, nous trouvons cette promenade très agréable. Nous assumons pleinement notre statut de touristes, avec nos grands chapeaux battant au vent.

IMGP1045IMGP1074IMGP1030IMGP1051IMGP1104IMGP1054IMGP1091IMGP1100IMGP1108

Après une petite collation et 75 km plus loin, nous voilà à San Cristóbal de las Casas,  située à 2100 mètre d’altitude. Le temps change radicalement lorsque nous arrivons sur place. Nous sommes accueillis par de la pluie et de petits grêlons. Le lendemain, le scénario se répète à la même heure en après-midi mais cette fois-ci avec beaucoup plus de force et de violence. Après avoir patienté un bon moment, sous un petit abri, que le temps se calme, nous décidons de regagner le camping en taxi. Ce retour se transforme en aventure. Le taxi s’embue rapidement et c’est moi qui frotte le pare-brise pour améliorer la visibilité du chauffeur. Même si on n’y voit absolument rien, que l’eau monte à mi-porte et s’infiltre dans le taxi à mes pieds en très grande quantité, nous ne craignons rien car une icône de la vierge nous accompagne! Le thermomètre chute à 6 degrés et les grêlons demeurent au sol plus de 24 heures.

IMGP1120IMGP1127IMGP1129IMGP1135IMGP1136

Le troisième jour, nous partons tôt pour aller visiter la ville afin de devancer la pluie, qui viendra encore nous visiter au milieu de la journée. Nous trouvons la ville agréable, bien qu’elle soit dominée par des boutiques et restaurants à saveur européenne et internationale. Le côté pittoresque provient de l’architecture coloniale et des femmes et enfants indigènes, provenant des villages voisins, aux vêtements colorés qui arpentent les rues pour offrir leurs marchandises aux touristes et expatriés qui sont nombreux à visiter l’endroit.

IMGP1147IMGP1149IMGP1151IMGP1175IMGP1158IMGP1170IMGP1176IMGP1164IMGP1125IMGP1165

Le marché d’artisanat est vraiment coloré et est visuellement très stimulant. Des tissus, des bijoux, des sacs, des jouets, des vêtements, des babioles, des tissages sont présentés sur des étalages ou à même le sol. Christophe se procure un djembé. Il a hâte de rencontrer d’autres musiciens avec qui s’amuser…

IMGP1197IMGP1198IMGP1209IMGP1208IMGP1199IMGP1213IMGP1203IMGP1207

Publié dans Mexique | 4 Commentaires