Beautiful B.C

IMGP0381

Au départ de Dawson Creek, soit pour nous rassurer ou pour nous donner des airs de grands aventuriers, on décide de remplir les jerry cans. ( Le réservoir du camion a une autonomie de 450 km et à cette période de l’année, certaines stations ont déjà fermé leurs portes. ) Le support pour les ranger est sur le toit du campeur. Les marches de l’échelle sont mouillées ce matin-là. Mathieu empoigne un jerry can d’une main et gravit prestement les premières marches. Son pied glisse et se coince entre l’échelle et la campeur. Il s’inflige alors une vilaine écorchure à la cheville. Il sacre. Il se reprend une deuxième fois, mais plus lentement et utilise une corde, comme nous l’avions pratiqué à la maison. Et nous voilà parti.

Une vingtaine de kilomètres après notre départ, notre conducteur jette un regard admiratif vers la gauche. Pendant ce temps, un camionnette freine devant nous. J’émets un petit cri. On évite de justesse d’emboutir le petit camion car le freinage et la manœuvre d’évitement sur l’accotement est habilement menée. De plus, malgré son poids, notre véhicule réagit prestement. Le gros camion qui nous suit à la même surprise que nous devant cet arrêt soudain et fait de son mieux pour contrôler sa remorque qui louvoie de gauche à droite alors qu’il s’immobilise juste à temps. Une petite frousse pour tout le monde. Mathieu échange quelques mots avec le conducteur de la camionnette et nous reprenons le chemin.

Et puisque que les beaux chemins ne rallongent pas, nous optons pour un petit détour vers l’ouest avant de joindre l’Alaska Highway. La route 29 entre Hudson Hope et St-John est panoramique et reconnue par certains comme étant une des plus belles de la province, et c’est exactement ce que nous recherchons. Ce détour nous amène à passer par la ville de Chetwynd, populaire pour ses sculptures réalisées à la scie mécanique. Il y en a plus de 85 disséminées dans les rues de la communauté.

IMGP0395IMGP0396IMGP0397

Juste avant Hudson Hope, nous effectuons un petit arrêt au Peace Canyon Dam. En plus de nous informer sur les étapes ayant conduit à sa réalisation et son inauguration au début des années 80, l’endroit met l’accent sur la présence importante de dinosaures dans cette région. Région qui d’ailleurs n’hésite pas à se nommer the new Dinosaur Country.

Il est une fois de plus très facile de se trouver un endroit où dormir. Un petit chemin de bois nous conduit aux abords du Inga Lake. Nous y rencontrons deux Suisses qui voyagent depuis 10 mois dans un truck camper. Il s’agit de leur 3e voyage au Canada.

Dans ce très beau site naturel, Philippe est hyper enthousiaste. Il joue dans la boue, ramasse le bois pour le feu, le démarre et le veille pour s’assurer de sa vigueur. Il est émerveillé par le double arc-en-ciel qui couronne notre campement pendant l’averse. Il n’hésite pas à quitter son lit pour retourner observer les chauves-souris qui tournent autour du camion. Il est définitivement dans son élément.

IMGP2291IMGP2294IMGP2311IMGP2315

Le lendemain, nous partons à la recherche de Pink Mountain. Selon mon dépliant, une route forestière de 30 km mène à un lieu d’observation en son sommet. Cette montagne est reconnue pour avoir été une nunatak (montagne sans glace) durant la période glacière créant ainsi un refuge pour des plantes et des insectes maintenant unique à cette zone. Nous trouvons peu d’indications pour nous y conduire mais nous empruntons tout de même une route que nous croyons être la bonne. 20 kilomètres plus loin, alors que l’accès devient interdit, nous rencontrons un couple de l’Oregon, lui aussi en quête de ce lieu unique. Nous échangeons quelques informations et rebroussons tous chemin car il n’est pas possible d’aller plus loin.

En général, c’est moi qui fait les suggestions d’activités et Mathieu juge de la faisabilité. Même si j’initie ou suis le moteur de plusieurs décisions qui se prennent dans la famille, je ne peux pas toujours prétendre être la plus brave ou etre celle qui fasse preuve du plus de débrouillardise! Mathieu et moi formons une bonne équipe car il est un homme de terrain hors-pair. Sans lui, nous ne serions pas ici. Tout ce qui touche le véhicule, la résolution de problèmes techniques, la lecture ou l’utilisation d’instruments scientifiques ou électronique est toujours de son ressort. De plus, bien qu’il soit quand même assez peureux,  il est plus à l’aise que moi dans un environnement naturel, Cette expédition hors-route vers Pink Mountain n’aurait pas eu lieu sans l’encouragement de Mathieu car j’avais peur qu’on se prenne avec la camionnette. Je désire ajouter que je ne suis pas une mauvaise navigatrice/co-pilote, j’ai même un bon sens de l’orientation, mais il m’arrive encore de mélanger ma droite de ma gauche, au grand dam de mon conducteur préféré!

Mathieu a l’œil aguerri pour la vie sauvage…Lorsqu’il était jeune il a lu en boucle les livres de Brown le pisteur. Je peux vous dire que ça parait! Il est toujours le premier à pointer les animaux qui croisent notre chemin. Coyote, castor, veau égaré, loup, chèvres de montagne, chevreuil…Moi, sans mes lunettes, il m’arrive de m’éprendre un cycliste au loin pour un ours noir..!

Nous sommes tous à l’affut des traces d’animaux depuis que nous sommes dans la région. Nous vivons à la fois cette réalité avec un mélange d’excitation et de peur. Excités de se savoir dans des lieux ou la vie sauvage est riche. Mais aussi apeurés de rencontrer l’ours noir ou le grizzly au détour d’un sentier, même si ces situations sont rares et souvent évitables. Notre imaginaire est très fertile! Ce n’est pas surprenant. Le décor est tellement beau qu’on se croirait souvent dans un film. La rivière émeraude qui longe la route, les sommets enneigés, les caps rocheux, les prés verdoyants…

IMGP0436

Lorsque nous atteignons Fort Nelson je fais un brin d’épicerie avec Philippe pendant que Christophe se délie les jambes au skatepark de la ville. Nous trouvons un campement un peu plus loin, sur une colline près de Tetsa. Les vues sont incroyables. Toutefois, il est difficile de s’arrêter sur les côtés pour prendre des photos. De toute façon, nous ne sommes pas de très bons photographes et ne saurions rendre justice à ces paysages grandioses.

Nous sommes pratiquement seuls sur les routes. Nous croisons quelques véhicules récréatifs (surtout des TC) qui reviennent au sud. La température est vraiment imprévisible et changeante. Pluie et soleil s’alternent. Lorsque nous voyons les affiches routières indiquer que les chaines ou les pneus d’hiver sont requis à partir du 1er octobre, nous avons là le rappel que notre temps est compté si nous voulons monter et redescendre avant que les conditions météo ne deviennent plus difficiles à gérer pour nous (nous avons des vêtements pour le froid mais pas pour la neige).

Publicités
Cet article a été publié dans Canada. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Beautiful B.C

  1. lilifersen dit :

    Un beau bravo aux hommes cette fois. Bravo Mathieu pour apporter tout ce plus dans la vie de ta femme. Bravo Philippe de t’occuper du feu.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s