Chéri, l’internet et autres réflexions

Mon chéri n’est pas un technophile. Et il ne tient pas à être un type branché (dans les deux sens du terme)…

Dès qu’il s’approche d’un ordi ou d’un bidule électronique sa pression monte, devient impatient et se crispe en anticipant des problèmes éventuels. Il est, je crois, désemparé devant ce monde qui le dépasse et qu’il ne maitrise pas pour un sous. Il dégage ou crée possiblement une zone d’interférence lorsqu’il se trouve à proximité de matériel informatique car il n’est pas rare que des bogues surviennent lorsqu’il a un clavier sous les doigts. C’est dommage car en voyage, nous devons souvent composer avec de mauvaises connexions internet et les occasions pouvant créer des frustrations abondent dans ce sens.

Les enfants et moi, à l’opposé, disposons d’une grande zone de tolérance devant les aléas du monde des technologies, même si nous sommes loin d’être des experts dans le domaine. Nous éprouvons tous un niveau d’excitation assez élevé lorsque nous manipulons et profitons des possibilités offertes par ces objets multifonctionnels. Nous sommes donc prêts à passer beaucoup de temps à ces activités en dépit des embuches qui peuvent survenir.

Il n’y a pas d’incompatibilité pour le moment car Mathieu est, disons, assez patient lorsque s’adonne à nos occupations internet. Mais l’environnement n’est jamais agréable pour lui lorsqu’on fait une pause ordi: soit dans un stationnement où il est difficile de prendre une marche ou de s’assoir à l’extérieur, soit nous dans une bibliothèque et chéri n’est pas un fan des biblios comme moi…Cela me met un peu de pression de faire vite. Je ne veux pas qu’il s’ennuie ou qu’il ait l’impression de perdre son temps. Ce n’est pas une mauvaise chose en soit qu’il tourne un peu en rond, après toute ces années de labeur, mais il y a quand même une limite.

Avant de partir je m’étais questionnée sur le sujet, à savoir si on partait branché ou non. Je souhaitais, dans un voyage idéal, un sevrage complet des médiums électroniques, pour moi et les enfants. J’ai reconsidéré depuis, car cette coupure radicale aurait été possiblement trop drastique pour moi et les enfants et les avantages l’emportaient sur mes visées utopiques-idéalistes.

L’usage que je fais de l’internet est très différente de celle de la maison. Mon temps d’antenne a été réduit de 99% et se résume à la consultation des courriels, gestion du blogue et quelques coucous avec Skype. Alors que j’ai consacré une multitude d’heures à rechercher, lire, consulter différentes sources d’informations pour me préparer au voyage, à cette étape-ci, je ne ressens pas le besoin de consulter les ressources que j’avais mises de côté.

Je découvre pour le moment les joies de l’écriture. Je pourrais certainement consigner le tout dans un journal sans rien publier. Mais je pense qu’on écrit pour être lu. Et le web permet une rétroaction et une valorisation quasi instantanée à cet acte de confidence. Le ‘hic’ est que cela crée une dépendance! Celle de vouloir rester en contact. Peut-être plus que ce que j’avais anticipé au départ…

La réalité du voyage est qu’une partie de nous doit couper avec le quotidien d’avant, expérimenter seul cette nouveauté qu’on a recherché. Il faut s’éloigner du connu, de la familiarité et du réconfort des proches. Avec le virtuel instantané, s’offre à nous la possibilité de vivre se rapprochement comme bon nous semble. Mais un dosage est nécessaire.

Avoir des nouvelles de chez-nous, m’apporte à la fois réconfort et nostalgie. Je ne peux pas encore parler d’ennui car j’apprécie chaque minute de cette parenthèse en dehors du temps. Mais de savoir ce qui se passe là-bas alors que je suis ici et que je n’en fais plus/pas partie…exige de ma part une dose de renoncement. Ma vie est ailleurs et différente pour le moment et je ne peux faire partie de toutes les confidences. Le don d’ubiquité n’est pas de ce monde. Finalement, heureusement qu’il y a l’internet.

Le voyage fait de chacun un écrivain: au revoir, je vous écrirai, je vous décrirai ce qui ce qui nous sépare.                                                               Chantal Thomas

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