Confessions d’une bien mauvaise ménagère

IMGP5742Bien que j’aie encore beaucoup de peine à l’admettre après tant d’années, tout le monde qui me connait le sait, je suis une très mauvaise femme de maison. Il me semble qu’il y a toujours quelque chose de plus important ou d’intéressant à faire que du frottage… Je suis probablement très naïve, mais j’avais espoir que l’entretien de ma petite maison sur roues se ferait en un tournemain et que mon goût pour l’ordre et la propreté prendrait enfin le dessus sur ma paresse.

L’habitacle étant tellement réduit, je pensais sincèrement avant de partir que j’en viendrais facilement à bout : un petit coup de brosse au besoin dans la cuvette, un suivi facile de la propreté du comptoir et de la table après chaque repas, un époussetage hebdomadaire partout ailleurs, un balayage rapide dans l’allée et le tour est joué. Erreur. Ce n’est pas parce que c’est petit que cest facile d’entretien, en tous cas pas pour moi.

J’ai réussi à tenir maison dans une grande demeure de 3 étages pendant plusieurs années, par périodes avec diligence et d’autres, certes, avec plus de négligence… En vendant la propriété, j’estimais que je me libérais d’un fardeau important, notamment au niveau des tâches ménagères. Mais mon karma me rattrape. Je trouve très difficile de maintenir nos quartiers propres et rangés de manière satisfaisante. Conformes à ce que j’imaginais. Disons que je suis très loin des standards maternels.

Dans les premières semaines, je balayais quotidiennement la cabine de la camionnette pour en déloger le sable. De plus, je détachais régulièrement les coussins de ma dinette, car même s’ils ne sont plus des bébés, les enfants s’essuient les mains sur la banquette lors des repas…Aussi, dès que les lits étaient défaits le matin, les draps trouvaient leur place dans les filets de rangement installés à cette fin. Maintenant, l’intérieur de la camionnette reste longuement incrusté de saleté, les coussins sont parsemés de taches de gras et les draps reposent pèle-mêle sur le lit à chaque matin. Les pochettes de rangement installées avant le départ servent surtout à recueillir ce qui traine plutôt qu’à titre de système de classement.

Le tapis d’entrée que nous avons installé dans l’allée du campeur dans le but de faciliter l’entretien s’avère plutôt malcommode. Les aiguilles de pin y collent tellement que je dois les déloger une à une et les grains de sable s’incrustent entre les motifs. De plus, mon petit aspirateur à main offre un rendement plus que mitigé: plus de 20 minutes sont nécessaires pour aspirer 10 pieds de tapis. Il est souvent plus pratique de dévisser le seuil de porte et d’enlever complètement le tapis et le secouer dehors.

A la maison, je changeais les linges à vaisselle et les torchons presque quotidiennement. Maintenant, je dois composer avec un inventaire de linge de maison minimaliste. Et l’eau, quoique disponible, est en quantité limitée. Conséquemment, les rinçages de guenilles sont réduits. Puisque je suis un peu dédaigneuse sur l’usage et l’odeur des torchons, j’ai instauré un code de couleur ultra simple afin d’éviter de s’essuyer la bouche avec le linge qui a lavé le poêle ou l’évier. Malheureusement, Mathieu n’arrive pas à suivre ce code de deux couleurs…

Une autre réalité désagréable est que le linge mouillé ne sèche pas fort fort dans le campeur. Le taux d’humidité y est très élevé. En raison de nos activités quotidiennes à l’intérieur et de la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur, de la condensation se crée. La ventilation que nous effectuons n’est pas suffisante. Les livres, les emballages en carton des aliments et les vêtements deviennent humides.

Étant donné cette baisse dans le niveau de salubrité général de notre espace vital, je ne surprendrai personne en disant que notre hygiène personnel n’est pas mieux que celui de notre campeur. Nos vêtements sont portés au maximum.  L’intervalle entre nos douches a augmenté considérablement depuis notre départ. Mes cheveux n’ont jamais été aussi gras. Je n’ai besoin que d’une main pour compter le nombre de fois ou la pression de la douche fut agréable. Les douches complètes, lorsqu’elles sont possibles, sont rapides et avec de l’eau uniquement au mouillage et au rinçage.

Je me surprend à l’écrire, mais l’hygiène personnelle, telle qu’on la connait, à moins d’importance qu’à la maison. Les conditions sont différentes il va s’en dire. Le froid, la quantité d’eau disponible et souvent, la possibilité de se décharger des eaux usées deviennent des facteurs à considérer. La vérité est qu’on ne s’en porte pas plus mal.

Malgré tout, je n’abandonne pas l’atteinte de mes idéaux. Quand il fera plus chaud, que nous serons plus sédentaires, j’aurai peut-être plus de temps à consacrer à l’entretien de notre foyer mobile? Des quatre voyageurs, je suis la seule qui a le “potentiel” de mettre en branle un nouveau système, en vue d’une meilleure discipline ménagère. Puisque je n’ai pas le goût d’imposer et de m’imposer ce rôle ingrat… je laisse aller pour le moment.

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3 commentaires pour Confessions d’une bien mauvaise ménagère

  1. Content que tout ça viennent de la bouche d’une fille!!!
    Ça me rappelle combien de fois la moissisure à pris dans mes sacoches entre les vêtements qui servaient pas pendant 2 mois parfois
    Ça me rappelle aussi les fois que je me suis lavé dans les toilettes de stations services et combien de fois je suis venu à flirter avec le 20 jours malgré 10h de vélo par jour dans toute les conditions sans me laver parce que j’avais pas le temps…….
    Tout ça est une triste et malheureuse réalité
    C’est drôle la j’arrive de faire une heure de trainning et je m’en vais dans la douche une douche bien chaude et bien longue…………….oups désolé!!!!!!!

    • Natasha dit :

      C’est dans ces moments là que l’on se rend à l’évidence que notre mode de vie nous rend à un point trop aseptisé. Avons-nous vraiment besoin de l’être autant? Tu as vraiment réussi à parler de ce sujet avec beaucoup d’humour et d’humilité, j’adore! De toute façon trop de savon pour la peau ça l’assèche et ça demande plus de crème hydratante, trop de shampoing oblige à mettre du revitalisant pour réhydrater le tout en quelque part c’est du non sens. Je peux te dire que vous aurez déjà franchi un pas pour lorsque vous arriverez en Amérique du Sud. Quand nous y étions nous nous sommes rendu compte, entre autre, que notre peau libère une huile colporelle qui l’hydrate et l’adoucit naturellement. Nous devenons dénaturé de part notre mode de vie de Nord Américain. Votre blogue est vraiment super, merci d’y mettre du temps nous adorons vous lire.
      Natasha et cie.

  2. pouyau Helena dit :

    Ouf! Je ne suis pas la seule dans ce cas! Ça ne me rassure pas sur l’état qu’aura notre camper à la fin de notre voyage en Amérique (puisqu’il faudra bien le revendre… ou du moins essayer!); mais je pense que nous aussi on aura du mal à être rigoureux!
    Ta confession a le mérite de me déculpabiliser 😉

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