Death Valley

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Mesurant 140 miles de long et entre 4 et 16 miles de large selon l’endroit, il s’agit d’un parc immense; le plus grand des États-Unis à l’extérieur de l’Alaska. Terre de grands mystères et de beauté, Death Valley est à la fois un désert et un milieu de vie pour plusieurs plantes et animaux uniques. Il offre un environnement varié, incluant des dunes de sable géantes, des canyons, des rochers, des cratères et des oasis. Des vestiges des activités humaines survenues dans cette région aride font également partie du riche héritage de ce parc (pétroglyphes, occupation par les Timbicha Shoshone, le passage des pionniers, les mines et villes fantômes, Scotty’s Castle).

Death Valley reçoit moins de 5 pouces de pluie par année et de vastes régions du parc en reçoivent moins de 1.5  par année. De plus, elle détient le record des températures moyennes les plus chaudes. La température estivale moyenne étant de 120 degrés F. La température la plus chaude fut enregistré à l’été 1913: 134 degrés Fahrenheit. Alors que le parc était habituellement visité l’hiver et au printemps, de plus en plus de visiteurs viennent en été pour vivre l’expérience de la chaleur suffocante. Un ultra marathon de 150 miles a même lieu en juillet…

Comme son nom l’indique, Death Valley a été le cercueil de plusieurs hommes au fil du temps. On raconte entre autre qu’à l’été 1905, 13 hommes y seraient morts déshydratés. Le manque d’humidité et non la chaleur serait le tueur le plus probable, puisque le taux d’humidité enregistré est de moins de 3% durant l’été. Aujourd’hui, dans l’ordre, la vitesse sur les routes, la déshydratation, une mauvaise planification lors d’une excursion hors-route ou d’une randonnée ainsi que les morsures de serpents seraient responsables des fatalités recensées.

IMGP7427Contrairement à ce que son nom laisse croire, Death Valley n’est pas vraiment une vallée. Il s’agit plutôt d’un bassin (graben) formé par l’activité géologique et qui a été par la suite rempli de sédiments, déposés par l’érosion des montagnes et par les rivières et mers anciennes. Il y a environ 1 million d’années, l’interaction de deux plaques tectoniques a entrainé l’effondrement d’une portion de la croute terrestre qui était situé le long de la faille, alors que les montagnes de chaque côté de la vallée se sont soulevées. Cet effondrement ne semble pas très profond, puisque Badwater, le point le plus bas du parc, n’est qu’à 282 pieds en dessous du niveau de la mer. Toutefois, Badwater n’est pas le fond du bassin: le roc original reposerait à plus de 10 000 pieds sous la surface.

En  raison des forces géologiques et volcaniques actives dans le parc depuis des millions d’années, des roches normalement enfouies sont exposés dans la vallée, certaines datant de la période précambrienne. Grâce à ces phénomènes de nombreux minéraux (or, argent, cuivre, plomb et borax) sont devenus accessibles et plusieurs mines ont vu le jour à la fin des années 1800. Les mines ne sont plus en opération mais les roches et les montagnes de couleurs variées continuent d’éblouir des milliers de visiteurs à chaque année.

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Arrivant du nord, nous débutons notre exploration du parc en empruntant une route non pavée. Nous traversons des canyons et voyons pour la première fois des Joshua Trees. Rapidement nous constatons l’aridité de ce nouvel environnement et ressentons l’isolement qui se dégage des alentours. Le dernier bout de route qui mène aux Eureka Dunes est assez difficile à pratiquer et nous devons ralentir considérablement.

Ce premier soir, nous campons à la base des dunes. Nous y fêtons notre 100e jour à titre de bourlingueurs. Pour l’occasion, je prépare un petit buffet et nous mangeons du gâteau. Les enfants sont très contents. Le lendemain matin, nous attaquons l’ascension des Eureka Dunes. Les enfants sont entièrement volontaires puisqu’ils avaient bien aimé leur expérience en Oregon. Ces dunes datent de 10 000 ans et sont les plus hautes de la Californie et les deuxième plus hautes des E.-U. (les plus hautes étant au Colorado). Elles couvrent une zone de 3 miles par 1 mile et leur sommet atteint 700 pieds. Ces dunes, plus hautes que celles visitées en Oregon, n’ont pas non plus la même forme. C’est amusant de pouvoir les comparer. Si nous n’avions pas exploré celles d’Oregon, il aurait été impossible d’en remarquer les différences.

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Au retour, nous mangeons dehors. Le temps est chaud. Le climat désertique hivernal offre des nuits froides mais le jour, l’air se réchauffe rapidement. Nous nous sentons très bien dans cette vastitude. Evoluer dans un environnement dont les limites sont si éloignées procure des sensations étranges, non familières. Il n’y a pas de contenant, moins d’enveloppement, rien pour s’appuyer.

Après le repas, nous reprenons la route pour rejoindre le centre du parc. La route est non pavée et la première section est passable. Mais un peu plus loin, elle se transforme en planche à laver (washboard). Pendant plus de 35 km la route est extrêmement rough. La vitesse de progression, quelle soit à 5 km/h ou 70 pour surfer sur les bosses ne change rien à la situation: ça shake de partout. Puisque nous sommes entrés par le haut du parc et que cet endroit est moins fréquenté,  il n’y a pas de centre d’information sur l’état des routes. Nous avons pris le risque de l’emprunter. Maintenant, nous le regrettons. Mathieu s’arrête régulièrement pour faire des inspections au niveau de la suspension. Au bout de la route, nous remarquons une fuite d’huile près de la roue arrière gauche (toujours la même qui nous cause des soucis!). Encore plus inquiétant, lorsque tous les autres cliquetis se taisent, nous percevons un bruit métallique lors du roulement au moment où nous touchons le bitume.

Mathieu doit revêtir ses habits de mécanos. Il défait les deux roues arrières afin d’évaluer les dommages. Le mécanisme du frein à main, le même que nous avions fait vérifier à Coos Bay s’est autodétruit, possiblement à cause d’une mauvaise réinstallation (et cette foutue route). Le voici maintenant fondu, désintégré. Avec la friction, le morceau a abimé le joint d’étanchéité entrainant la fuite d’huile. Nous avons payé des centaines de dollars il y a quelques semaines pour faire évaluer cette zone, sous prétexte que nous n’avions pas les outils et l’équipement adéquats. Parce qu’il n’a pas le choix, Mathieu refait ce même travail sur le bord du chemin et improvise avec les outils disponibles. De plus, il retire les pièces détruites et fait une réparation de fortune. Moins de deux heures plus tard, nous repartons en croisons les doigts afin que la réparation tienne assez longtemps pour nous permettre de traverser le parc sans nous faire remorquer. Le garage le plus proche se trouve à des centaines de kilomètres de notre emplacement désertique.

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Le lendemain matin, pas de signe de fuite. Nous continuons donc notre exploration du parc.

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En fin d’après-midi, nous nous permettons un petit bout de route de gravier afin d’atteindre un point d’observation. Malheur. La roue coule encore. Notre mauvaise réparation est-elle en cause? la route cabossée? le destin? Mathieu se retrousse les manches et refait la réparation. Cette fois-ci sera la bonne, mais nous renonçons définitivement aux nombreux chemins secondaires et non pavées du parc. Mathieu adopte une conduite ultra prudente et on s’arrête souvent pour vérifier que tout est sous contrôle. Ainsi, nous avons la chance de terminer la traversée du parc sans autre anicroche.

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IMGP7269Lors d’une visite à une boutique du parc, Philippe souhaite se procurer une veste de Junior Ranger. Après avoir effectué l’achat de la veste. j’éprouve une pointe de remords: par souci de longévité, j’ai insisté pour qu’il choisisse la plus grande, alors qu’un point plus petit lui allait comme un gant. Non mais franchement! C’est maintenant qu’il désire la porter, pas dans 6 mois. Heureusement, Philippe ne se formalise pas de ma prévoyance ridicule. Il est tellement content.

IMGP7422A un moment, alors que nous venons de nous installer dans un camping au milieu de l’après-midi, le vent se lève. Il vente comme jamais nous l’avons vu. Le vent souffle à une vitesse de 100 km. La poussière soulevée cache la lumière du soleil. Je suis incapable de fermer seule la portière de la camionnette. Le vent se poursuit toute la nuit, sans jamais s’arrêter. Le lendemain: idem. Selon les informations obtenues, la situation ira de mal en pis et les déplacements ne sont pas recommandés pour les prochains jours. Nous décidons donc de quitter une journée plus tôt que prévu afin d’éviter de rester coincé en raison des grands vents. Nous partons, mais je serais restée plus longuement. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai tant apprécié cette région austère et déconcertante. Malgré nos pépins mécaniques, nous avons réussi à profiter des beautés du parc. Cet environnement nouveau et mystérieux, inspirant le respect et la prudence, nous a offert de beaux moments de solitude et de découvertes.

IMGP7439Alors que nous nous dirigeons vers le sud et la sortie du parc, nous faisons notre première rencontre avec une autre famille voyageuse: Les Mistrals. Partis de France depuis 1 an, Michel et Murielle voyagent avec leur fils de 10 ans, Matisse. Leur deux autres enfants adultes sont demeurés en France. Ils sont arrivés à Halifax avec leur véhicule, après avoir entre autre visité le Maroc, le Portugal et l’Italie. Les Mistrals sont rayonnants et sympathiques. La rencontre est agréable. Nous évoquons la possibilité de nous revoir au Mexique, puisqu’ils traverserons eux aussi un peu avant Noël avec une autre famille française, rencontrée à Vancouver. http://www.lesmistrals.fr

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Lorsque nous touchons l’extrémité sud de Death Valley, Las Vegas n’est plus qu’à une centaine de kilomètres.  Puisque nous avons quelques jours devant nous avant de rencontrer Claude, nous décidons de traverser du côté du Nevada. Pour apprécier un séjour à Vegas, il ne faut pas se poser de questions. On doit prendre la ville comme elle est et se concentrer sur ses couleurs et la démesure des installations. Malheureusement, comme toujours, moi j’ai beaucoup trop de questions. J’ai la mauvaise habitude de vouloir soulever le tapis, même à Las Vegas. Je trouve donc cette visite plutôt difficile. Je suis incapable d’embrasser la sollicitation continuelle, la prostitution, les illusions et la grandiosité de la strip sans m’interroger sur le sens véritable de tout ce spectacle. Je ne suis pas indifférente à tout ce que je vois et ressens. Paradoxalement, mon vide existentiel me rattrape et l’espace de quelques instants, le désir de flamber quelques dollars m’effleure. De plus, mon côté femme de luxe revient me hanter. Moi aussi je veux une suite au Venetian, je veux être dans la loge d’une salle de spectacle, je veux jouer à la roulette en sirotant un verre, je veux me délecter à la table d’un grand chef, je veux faire du shopping, je veux…Non. Impossible. Je dois me contente d’un stationnement mal éclairé au fond de la cour du Circus Circus pour dormir, de fast-food, d’arcades minables, d’un mini numéro de cirque et d’un spectacle de jets d’eau devant le Bellagio.

Je suis incapable de soutenir le rythme des casinos et de m’amuser dans les labyrinthes des hôtels. Je suis une frustrée. Je suis très déçue de ne pas être en mesure de vivre l’éphémère comme les millions de visiteurs. Coupée du temps, du monde, je suis étourdie, je buzze. Je ne suis pas une fille de party, je ne l’ai jamais été. Leçon du jour: si vous voulez profiter de votre voyage à Las Vegas, ne m’invitez surtout pas.

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2 commentaires pour Death Valley

  1. Den dit :

    Que c’est amusant de voir nos 4 aventuriers dévaler à toute vitesse les Eureka Dunes….!
    Eh Mathieu ! quelle débrouillardie tu as, dans les situations les plus imprévues…..!
    Christophe, tu me fais penser à un cascadeur lorsque tu grimpes le long des murs…..!
    Philippe, j’envie ton amour pour les toutous…Et, félicitations pour la veste de junior ranger; elle te va à merveille….!
    Pascale, tu es si attachante, reste toujours toi-même le côté  »glamor » de Las Vegas n’est que fiction et vent.
    Den

  2. Kim dit :

    Encore chanceux de ne pas avoir laissé un souvenir au cranckshaft crossing vous aussi!!!

    Vous n’avez peut-être pas pu jouer au casino et vous payer le luxe que tu aurais souhaité, mais vous vous enrichissez chaque jour : vous êtes riches de temps, de culture, de découvertes, de liens familiaux solides, etc.

    Bonne chance avec la mécanique et merde pour les transactions immobilières!

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