Beau petit Bélize

Seulement une semaine au Bélize et déjà tant à raconter! Devenu une colonie Britannique au 19e siècle et ayant acquis son indépendance il y a seulement trente ans, le Bélize est un  tout petit pays: pas plus de 300 km de long et 110 km dans sa partie la plus large. Il est peu peuplé avec ses 325 000 habitants, mais il compte 13 groupes ethniques distincts et trois langues principales. Bien qu’il fasse partie de l’Amérique Centrale, de par ses caractéristiques ethniques et la composition de son territoire qui englobe plusieurs iles, il pourrait tout aussi bien appartenir aux Caraïbes.

Nous voilà donc franchement dépaysés en traversant au Bélize et après seulement quelques jours passés dans ce nouveau pays, nous sommes déjà conquis!

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Le passage aux frontières se passe bien, même si les procédures sont parfois déconcertantes. Dès le départ, on nous aborde en anglais, langue nationale, bien que l’espagnol soit la langue la plus parlée. Rapidement, nous remarquons que les Béliziens sont très amicaux. Ils nous saluent et engagent la conversation. Dans les premiers jours, nous sommes plus prudents, pour ne pas dire méfiants, car le pays n’a pas toujours bonne presse au niveau de la sécurité. Toutefois, nous réalisons que d’une ville à l’autre, les gens nous rassurent sur la sécurité de leur patelin, tout en nous mettant en garde contre le prochain… Jusqu’à maintenant, peut-être en raison du choix de nos destinations, nous pouvons dire que nous nous sentons bien au Bélize.

Corozal est la première ville que nous rencontrons, 20 minutes seulement après avoir passé la frontière mexicaine. Nous nous y arrêtons pour une nuit, question de nous familiariser avec ce nouveau pays et refaire le plein de provisions.

Corozal fut fondée en 1849 par des réfugiés issus de la guerre des Castes au Yucatan. Son emplacement stratégique à l’embouchure de la rivière, permit auparavant aux Mayas d’y vivre de manière prospère en contrôlant le commerce maritime. Aujourd’hui la ville est représentée par un mélange de culture mexicaine et caribéenne, avec une majorité de mestizos. L’endroit est fertile est les terres environnantes sont remplies de canne à sucre.

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En visitant l’ancien marché, fraichement reconverti en maison de la culture, nous apprenons que Corozal fut reconstruite en grande partie en 1955 après le passage de l’ouragan Janet. Nous en apprenons également un peu plus sur le pays en discutant avec une expatriée Canadienne, responsable du développement culturel de l’endroit et vivant au Bélize depuis plusieurs années. Elle prend quelques instants pour nous orienter et nous informer des attractions environnantes. Elle nous assure que Corozal est la plus belle ville du Bélize!

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Tout comme lors de notre arrivée au Mexique, nous devons réapprendre à nous alimenter avec les produits disponibles. La monnaie et notre pouvoir d’achat change aussi. Le dollar bélizien et américain sont acceptés partout, avec un ratio fixe de 2 pour 1. Lorsque nous payons en devise américaine, la monnaie nous est toujours rendue en bélizien. En faisant le tour des commerces et des épiceries, nous observons que la plupart sont tenus par des familles chinoises. Nous sommes initialement désemparés devant les étalages et l’absence de produits frais. Mathieu est inquiet du prix de la bière qui lui semble anormalement élevé. (Vous l’aurez remarquez, il s’est coupé la barbe. Il cède sous la pression de l’entourage immédiat et lointain qui le harcèle de commentaires ironiques ou désobligeants sur son apparence depuis qu’il porte la barbichette).

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Excités de découvrir ce que le Bélize a à offrir, nous ne nous attardons pas longtemps à Corozal et prenons la route longeant la côte qui mène à Sarteneja, un village reclus de pêcheurs de homards. Les habitants y sont principalement de mestizos et l’espagnol y est majoritairement parlé. Afin de rejoindre notre destination, nous traversons deux rivières à l’aide de barge se déplaçant à l’aide de manivelle. Expérience bien pittoresque!

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Nous pique-niquons devant le quai principal. Le village est bien tranquille à cette heure et pour peu, nous nous serions crû seuls.

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En fin d’après-midi, nous arpentons les rues en quête d’un lieu pour passer la nuit. Alors que nous croyons avoir trouvé un endroit convenable à l’écart, le propriétaire d’une villa avoisinante nous indique qu’il préfère ne avoir de campeur près de chez-lui. Il nous suggère plutôt de suivre un petit chemin de sable qui longe la mer afin de trouver un espace qui nous permettra d’être plus à notre aise… C’est sur ce petit chemin bien étroit, que nous n’aurions pas osé emprunter sans y être incités que la vie nous fait le cadeau d’une rencontre inattendue: celle de Valérie, Alexandre et Sean! Valérie est originaire de France mais vivait à Calgary avant de venir s’établir au Bélize il y a trois ans, dans une maison qu’elle et son conjoint ont construit de toutes pièces. Valérie s’est sentie appelée à quitter le Canada car elle anticipe un bouleversement mondial important sous peu et elle souhaite apprendre à vivre de manière autonome en développant ses capacités d’autosuffisance, ce qu’elle fait ici de plus en plus. Pour le moment, son conjoint travaille encore en Alberta de manière trimestrielle. Elle vit donc seule une bonne partie de l’année avec son fils Alexandre (11 ans) et Sean, un garçon du village que la famille a pris sous son aile depuis son arrivée au Bélize.

Valérie nous invite à stationner notre camion dans sa cours.

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C’est ainsi que nous passons de bons moments à Sarteneja à discuter et à relaxer pendant que les garçons s’amusent. Quel plaisir de renouer avec le confort d’une maison l’espace de quelques instants. Les champs d’intérêts des garçons sont similaires. Ils jouent donc sans relâche.

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Valérie nous ouvre les portes de sa maison comme si nous étions de vieux amis. Les voyages nous permettent de découvrir d’autres façons d’entrer en relation. Alors que nous nous connaissons à peine, nous abordons différents sujets et partageons nos repas comme si nous étions déjà familiers. Ceci est loin d’être désagréable et nous devons apprendre à accepter cette générosité spontanée qui est souvent rare chez nous.

Grâce à ces moments passés ensemble nous avons la chance de nous familiariser avec ce pays que nous ne connaissons pas du tout. A travers le regard de Valérie nous découvrons un peu de leur quotidien au Bélize, leurs relations avec la communauté, les défis et les joies que vivent les expatriés et la vie au village de Sartenaja.

Cette rencontre me bouleverse. Je réfléchis aux choix qu’a fait cette famille et aux  motivations qui les ont poussés à les faire. Même si nous ne faisons pas nécessairement la même lecture au sujet de ce qui se passe dans le monde actuel, Valérie et moi avons beaucoup de points communs. Nous avons pris des chemins différents et invoquons des motifs justificatifs distincts, mais nous avons posé un geste semblable en quittant ce qui nous était familier. Avec ce qui se passe actuellement dans le monde et au Québec,  je me demande où se situe notre famille. En ayant choisi de quitter le Québec pour découvrir les Amériques, fuyons-nous? Que cherchons-nous? Ceux qui restent ont-ils vraiment le pouvoir de changer l’ordre social? Est-il utile de manifester pour voir apparaitre des changements sociaux? Les choix possibles se résument-ils à se conformer ou à vivre en marge? L’état du monde n’est-il qu’un reflet de ce qui se passe dans nos vies personnelles? Comment vivre en harmonie? Notre pouvoir se limiterait-il  au choix de notre attitude par rapport à ce qui se passe dans notre vie?  Ce sentiment de liberté tant recherché, viendrait-il uniquement de l’intérieur?

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Le Bélize compte parmi ses habitants une proportion notable de Mennonites. Les Mennonites observent un style de vie très conservateur et leurs objections pacifistes au service militaire entre autre, les a amenés à migrer à maintes reprises, en passant par la Suisse, la Russie et le Canada (Saskatchewan), le Mexique et finalement le Bélize en 1958. Au Bélize, ils furent accueillis à bras ouverts car ils représentaient une main-d’œuvre intéressante pour préparer les terres à l’agriculture. Les Mennonites sont aujourd’hui très prospères et ce succès à créé une scission au sein de la communauté entre un groupe traditionnel et un autre plus moderne.

Nous passons dans les rangs d’une de ces communautés mais je n’arrive pas à prendre de photos car je ne me sens pas à l’aise de le faire sans leur avoir préalablement demandé l’autorisation. Des femmes et des enfants s’activent devant les maisons. Des hommes circulent en charrette.  Nous les sentons aussi curieux que nous lorsque nous circulons dans les rangs, bordés de fermes et de jardins. Les habitations sont modestes et les espaces très étendus. IMGP2192

Orange Walk est la ville la plus populeuse du nord du Bélize et est au centre d’une région agricole bourdonnante. Nous y passons nécessairement en descendant vers le sud et décidons d’y faire une pause-resto car nous avons une adresse en tête. Toutefois, nous abandonnons l’idée de trouver l’emplacement du Lamanai Riverside Retreat après avoir fait le tour du carré trois fois sans succès. Alors que nous nous stationnons près du marché, un homme à vélo nous aborde et nous incite à le suivre car il dit connaitre l’endroit que nous recherchions. Il nous explique qu’il travaille au Lamanai, qu’il nous a vu passer et puisque le resto n’a plus d’enseigne, ce n’est pas la première fois que des campeurs cherchent l’endroit en question. Nous le suivons et nous ne sommes pas déçus de l’environnement. Nous passons deux jours à relaxer sur abords de la New River.

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Nous sommes à quelques minutes de marche du centre-ville.

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La police est peut présente au Bélize et semble t-il que même en sa présence, il faut se méfier.

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Le dimanche soir, un événement Karaoke a lieu au restaurant: 4 semi finalistes du Bélize viennent donner un petit spectacle, qui commence avec plus de deux heures de retard. Une quarantaine de spectateurs assistent à cette présentation. Je ne connais pas les règles du karaoke mais ici les chanteurs chantent par cœur. Le volume des hauts-parleur est élevé mais de bonne qualité. Le répertoire n’est pas récent: des succès de plus de 2o ans nous sont interprétés et ceci me rappelle des souvenirs de jeunesse. Même le campeur prend des airs de fête.

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Le Belize est un pionnier pour ses efforts de préservation de ses richesses naturelles et du maintien de l’équilibre entre les besoins des gens et de l’environnement. 40% de son territoire fait d’ailleurs partie d’un parc protégé ou d’une réserve naturelle et sa barrière de corail appartient au patrimoine mondial. La majorité des activités présentées aux visiteurs sont en lien avec la nature. Toutefois, plusieurs défis attendent les Béliziens car le tourisme, encore jeune, est en plein essor et les pressions politiques et économiques risquent de menacer la protection de l’environnement.

A mi-chemin entre Orange Walk et Belize city, nous découvrons le Crooked Tree Wildlife Sanctuary. La réserve est un paradis pour les oiseaux, avec ses canaux, ses marais et ses lagons. Nous arrivons un peu tard pour bénéficier de la meilleure fenêtre d’observation, mais notre petite randonnée est tout de même fort agréable.

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Encore plus agréable est notre repas chez Carie’s, un petit resto-maison situé dans le village de Crooked Tree. Nous avons droit à un spectacle typique de la vie tranquille Bélizienne et les enfants découvrent toutes les saveurs de limonades disponibles.

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Pour la première fois nous avons la chance d’admirer un arbre à cashew. Deux variétés: jaunes ou rouges. Le fruit est gorgé d’eau est est utilisé pour faire du vin. Les noix doivent être séchées et grillées avant la consommation.

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Arrêt incontournable pour tous visiteurs, le Community Baboon Sanctuary situé dans le village de Bermudian Landing. Établi en 1985 par un groupe de fermiers locaux et d’un biologiste spécialisé dans les primates, ce sanctuaire protège les forêts environnantes, afin de permettre la survie des singes hurleurs. Les fermiers de huit villages harmonisent volontairement leurs besoins avec ceux de la faune et de la flore. Avec notre guide, Robert, nous empruntons un petit sentier forestier et les enfants ont la chance de nourrir quelques singes. Au Bélize, la médecine traditionnelle est encore bien vivante, avec une communauté importante de guérisseurs, sages-femme, herboristes, shamans. Robert, dont la mère était  sage-femme, nous donne un bref aperçu de ses nombreuses connaissances liées aux  plantes, herbes médicinales et de son environnement en général.

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Impossible de ne pas s’arrêter au Belize Zooqui regroupe les animaux du Bélize dans un très bel environnement.  Le zoo a été fondé en 1983 pour recueillir les animaux semi-apprivoisés qui avaient été utilisé dans une production cinématographique. Il n’accueille encore aujourd’hui que des animaux blessés, orphelins ou confisqués par l’état.

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Après cette journée chaude passée au zoo, nous campons tout près, au Monkey Bay Wildlife Sanctuary. A notre arrivée on nous informe qu’un endroit pour se baigner est accessible non loin de là. Juste avant d’atteindre notre but, nous sommes immobilisés par une grosse branche qui descend trop bas pour nous permettre de passer. Nous n’avons pas le temps de réfléchir qu’un véhicule à contre-sens s’arrête, un homme saute sur le toit et hop, quelques coups de machette, la branche tombe avec grand bruit en rebondissant sur le véhicule et nous revoilà reparti en moins de 5.

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Quel plaisir cette belle baignade dans la rivière Sibun! En cette journée de la fête du travail, nous faisons la rencontre de quelques familles du coin qui profitent elles aussi de la fraîcheur de la rivière.

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Le lendemain, nous avons l’endroit à nous seuls!

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6 commentaires pour Beau petit Bélize

  1. Den dit :

    Comme c’est intéressant ! Quel beau blogue, dit Al, à cause de la qualité des photos et de la profondeur des réflexions……
    J’aime particulièrement la photo de Phill avec le serpent et celle de la famille Lafrenière en compagnie de Valérie, son fils et Sean.

  2. Frangine_Lyne dit :

    Salut! Moi aussi je l’adore cette photo de Philippe avec le serpent. Quelle beau garçon courageux!
    Quant à votre quête de sens, nous espérons sincèrement que vous trouverez ce que vous cherchez. xxxxxxxxxx 🙂

  3. Natasha dit :

    Wow, ça semble avoir été une belle rencontre avec Valérie! Et l’endroit est attirant. Profitez de votre aventure et ne vous posez pas trop de questions.

  4. edith lafreniere dit :

    Salut Mathieu et Pascale…je vous lis depuis le début…et rêve des amériques à travers vos yeux! C’est drôle car ce matin, je lis votre blogue et dans le journal le Soleil il y a 3 pages sur le Belize…mais la description en est tellement différente…la vôtre en bien mieux! On vous embrasse. Edith, Gilbert xxx

  5. serge lafreniere dit :

    Toujours interessant constructif en tout points.Concrenant vos intérrogations n’ayez aucune inquiétude vous trouverez vos réponses aux de votre parcours ,a ce moment riches de temps deviendra riches de vie. Bonne continuité …. Serge et Carole

  6. S Nadeau dit :

    Bonjour ! Merci de partager votre aventure et vos découvertes avec nous! Nous regardons pour faire un voyage en amérique latine et Belize nous semble génial ! Avez-vous fait de la plongée en apnée ? Si oui ou ?

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