Bélize quand tu nous tiens!

Au Bélize, il n’y a que très peu de sites de camping organisés, comme c’était le cas au Mexique. Toutefois, il est très facile de trouver des endroits où camper. Les nombreuses réserves naturelles, parcs ou sanctuaires offrent la plupart du temps des cabañas et des dortoirs pour les chercheurs ou les étudiants et offrent habituellement l’hébergement aux  aux voyageurs ou la possibilité de camper. Par exemple, au Monkey Bay Wildlife Sanctuary, qui se spécialise dans l’accueil de groupe d’étudiants étrangers, nous profitons de leurs belles installations éco-suffisantes et toute la famille y trouve son compte (terrain de basket et aire de jeux, Wi-Fi, toilettes récupérant les bio-gas).

IMGP2438IMGP2440IMGP2443

Nous y rencontrons également un groupe de 12 étudiants de l’Université de Kamloops (C.-B.) effectuant un cours sur la gestion des déchets. Accompagnés de leur professeur et une équipe de guides du sanctuaire, ils réalisent différentes activités éco-touristiques ainsi que des rencontres avec les autorités locales afin de se familiariser avec le modèle de gestion en place.

L’environnement naturel exceptionnel du Bélize offre au visiteur de nombreuses expériences d’apprentissage in vivo, dont celle de vivre avec les insectes. Hélas oui, au Bélize, nous ne sommes jamais loin d’un insecte! Fourmis, mouches, maringouins, termites, tiques, sandflies et j’en passe, font partie de la vie. Malgré nos précautions, les insectes nous embêtent… En plus des fourmis et des moustiques, plusieurs petite créatures réussissent à pénétrer dans notre campeur. Selon l’endroit visité, les spécimens varient.

Christophe est le premier à faire la rencontre d’une des nombreuses tiques du Bélize. L’une d’entre elle se loge sur le haut de sa cuisse. L’extraction se fait sans douleur mais il faut prendre soin de ne pas écraser son corps et s’assurer que la tête soit entièrement retirée pour ne pas créer d’infection (Papa, rassure-toi, les tiques ne sont pas porteuses de la maladie de Lyme ici). Après ce premier épisode, nous procédons à une inspection minutieuse de nos corps à la fin de la journée. Quelques jours plus tard, j’en découvrirai une entre deux de mes orteils. Mathieu et Philippe affirment s’en être retirés eux aussi, mais il n’y a pas eu de témoins pour confirmer. Les insectes font beaucoup travailler notre imagination et des démangeaisons fantômes nous visitent nuit et jour.IMGP96371

En route vers le sud du Bélize, nous nous arrêtons au Guanacaste National Park, la plus petite zone protégée du Bélize, avec ses 52 acres. Ce qui nous intéresse ici est bien entendue la baignade au bout d’un des sentiers d’interprétation qui chemine parmi une grande variété d’arbres et de plantes. Les oiseaux, insectes et papillons abondent. Sur le sentier, impossible d’ignorer ces fourmis coupeuses de feuilles qui circulent par milliers sous nos pas et qui transportent des morceaux de feuilles plus grosses qu’elles dans leur nid afin d’y cultiver un champignon dont elles se nourrissent.

IMGP2461IMGP2475IMGP2448

Un autre aspect fort agréable de nos journées est la pause-midi que nous effectuons souvent dans de petits restos de bords de route lorsque nous sommes en déplacement. Il n’y a pas autant d’offres et de variétés culinaires que ce que nous avons connu au Mexique. Cela ne déplaît pas pour autant aux enfants qui sont des fans du poulet frit et frites que l’on retrouve invariablement dans tous les casse-croûtes. Ils ont d’ailleurs débuté un classement de leur dégustation. Et à leur grand étonnement, le goût de certaines frites a surpassé celles préparées par leur grand-maman Agathe qui étaient depuis longtemps inégalées. Les affiches des restaurants sont assez uniformes, avec la traditionnelle enseigne de BELIKIN, au bas de laquelle est indiqué le nom du restaurant, souvent suivi de l’expression cool spot.

IMGP2476IMGP2477

Pour descendre vers le sud du pays, nous empruntons le Hummingbird Highway qui en fait se rapproche plus d’un rang de campagne que d’une autoroute. L’environnement est luxuriant, fleuri et verdoyant.

IMGP2490

Le Bélize compte deux autoroutes principales (une nord-sud et l’autre est-ouest). Le reste du réseau routier est assez primitif et beaucoup de chemins sont en sable.

Sur la Hummingbird Highway, des orangeraies occupent une grande partie de l’espace. L’exportation d’agrumes est une des grandes industries du pays et la main-d’œuvre est majoritairement guatémaltèque. En nous dirigeant vers notre destination du jour, nous croisons des cueilleurs, des hommes effectuant le chargement, plusieurs camions remplis à craquer d’oranges et des usines de transformation. Puisque plusieurs oranges roulent en bas des bennes, nous nous constituons un beau sac d’oranges à peu de frais.

IMGP2495

IMGP2492

Inspiré par notre guide de voyage, nous nous rendons à Gale’s Point, qui y est décrit comme un minuscule et pittoresque village Créole où il est possible d’écouter les rythmes des tambours traditionnels. Gale’s Point est situé au bout d’une route non pavée, à l’embouchure d’une péninsule qui s’avance dans un lagon. Cette communauté aurait été initialement formée par des esclaves en fuite venant de Belize city il y a deux cent ans. La région est maintenant une réserve pour les lamantins qui viennent se reproduire dans les eaux environnantes.

Même s’ils sont relativement récents, il ne faut pas toujours se fier aux guides de voyage…  A notre arrivée à Gale’s Point, nous avons un petit choc. Le village nous semble abandonné ou presque. La plupart des habitations sont barricadées ou dans un état avancé de décrépitude. A part quelques mouvements au début du village et des chiens errants et galeux, nous avons peine à trouver signe de vie à mesure que nous avançons sur la rue principale. Tout à coup, il y a James qui sort de nulle part et qui nous indique un endroit où stationner pour la nuit. Il se dit en charge de quelques maisons du village alors que les habitants sont absents. Où sont-ils?

IMGP2500IMGP2496IMGP2501IMGP2502

Au Gentle’s Cool Spot nous reposons la question à Raymond et sa famille mais les réponses sont évasives. Nous comprenons que certains sont partis cueillir des oranges, d’autres ont déménagés…Sur la galerie de Raymond Gentle, le temps passe bien lentement. Même s’il y a de grands silences, nous nous sentons les bienvenus. On insiste même pour qu’on se stationne tout près, par sécurité. Et le temps passe lentement car il n’y a pas grand chose à faire à Gale’s Point.

IMGP9646IMGP9645IMGP9654IMGP9658

Après cette expérience étrange nous reprenons la route vers Dangriga afin d’y faire un brin de lavage. Dangriga est la capitale du district de Stann Creek et la plus grande ville du sud du Bélize. Il s’agit également du centre culturel des Garifunas, un groupe ethnique composé de descendants caribéens et africains. Depuis les années 80 la culture Garifuna a connu une période de renaissance importante et des célébrations annuelles ont lieu à Dangriga. En ce qui nous concerne, notre arrêt ne sera qu’utilitaire. Nous passerons une partie de la journée à jouer dans le parc en attendant que le linge sèche.

Au lever de cette même journée, après une nuit chaude et humide, sentant les esprits déjà sur le point de s’échauffer, l’idée me vient d’instaurer un protocole « haute température”. J’invite donc mes compagnons de voyage à prendre un engagement les amenant à faire preuve de bonne volonté exceptionnelle les journées particulièrement chaude afin de faciliter la vie à bord. Afin de responsabiliser chacun, la réponse à l’engagement doit rester secrète et seuls les comportements doivent être révélateurs. Après exposition de mon idée de génie, je constate que je suis la seule à vouloir participer. Mathieu ne veut pas s’engager sans savoir si les autres seront aussi de bonne foi! Qu’à cela ne tienne, je garde la cap car il ne suffit souvent que d’une volontaire pour changer l’humeur des troupes.

Nous voilà maintenant à Hopkins, une communauté de Garifuna d’environs 1200 habitants. Hopkins est fréquentée par les touristes et des développements immobiliers ainsi que plusieurs boutiques et restos tenus par des expatriés envahissent le village. Il n’y a qu’une rue principale à Hopkins. Il est donc très facile de s’y retrouver.

IMGP2520IMGP2521IMGP2544IMGP2523

Nous profitons justement de ce petit air “international” que confère à Hopkins la présence d’étrangers. Nous passons deux belles journées installés sur la plage, près du restaurant Driftwood et la nuit, le vent est bon. Au menu: pizza cuite au four, bières, marches sur la plage et jeux de société. L’ambiance est ludique. Les gens de la place et les expats se rencontrent au bar en soirée pour s’amuser et discuter. La faune locale est intéressante à observer. Nous assistons même à une petite prise de bec entre noirs et blancs, avec bousculade en prime.

IMGP2549IMGP2557

Nous passons des moments extraordinaires lors de notre séjour au Cockscomb Basin Wildlife Sanctuary. Encore une fois, la richesse exceptionnelle de la nature bélizienne nous enchante. Le Cockscomb Basin Wildlife Sanctuary, déclaré réserve naturelle pour le jaguar en 1986, couvre une superficie de 250 miles carrés. Habité jadis par les mayas, des ruines enfouies s’y retrouvent encore. Le sanctuaire est constitué d’une forêt tropicale humide et est la demeure d’une proportion importante de la faune et de la flore Bélizienne. On y retrouve des tapirs, loutres, coatis, chevreuils, fourmiliers, tatous, jaguars et autres félins. Plus de 300 espèces d’oiseaux y sont également recensées. Les reptiles et les amphibiens y abondent aussi. Des sentiers très bien balisés nous permettent d’y faire de très belles randonnées.

IMGP2570IMGP2572

Deux d’entre elles nous conduisent à un bassin d’eau formée par une chute.

IMGP2579IMGP2584IMGP2593IMGP2599

Nous n’avions pas fait de vraie randonnée depuis les États-Unis. Un pur bonheur pour moi et presque autant pour les enfants!

IMGP2627IMGP2630IMGP2643IMGP2641IMGP2647

Des bruits perceptibles de nuit seulement rendent quasi incontournable un séjour nocturne dans la réserve. Il est impossible de décrire la variété des sonorités qui parviennent à nos oreilles le soir venu. En fait, nous sommes incapables des les identifier pour la plupart. Insectes? Oiseaux? Amphibiens ou mammifères, nous ne saurions dire, mais cette expérience sensorielle en vaut le coup.

Environ 70 des 700 jaguars vivant au Bélize éliraient domicile dans cette réserve. Nous n’en verrons pas la trace et nous ne faisons pas d’effort en ce sens non plus. Nous apercevrons par contre deux pécaris, un renard et une multitude d’oiseaux, plus particulièrement lors de notre descente de la rivière assis sur une chambre à air. Le tubing est une activité très populaire au Bélize.  Cette activité nous permet d’avoir un point de vue différent sur notre environnement, puisque nous sommes assis, les yeux souvent vers le ciel, la cime des arbres ou sur les arbustes bordant la rivière. Nous nous amusons énormément lors de cette balade.  Bien que le tout soit ultra simple à réaliser, tour à tour nous nous retrouvons dans des positions comiques. Dès les premiers instants, Christophe passe à travers le trou de la trip et avale de l’eau. Mathieu s’accroche le postérieur sur un fond rocheux et reste coincé. Je me retrouve propulsée dans un buisson et récolte quelques araignées d’eau. Philippe semble presque trop petit assis sur sa chambre à air, jusqu’à ce qu’il prenne les devants sans jamais se laisser dépasser. Bref, des moments exquis.

IMGP2671

C’est tout près de Placencia, au SeaKunga un repère de backpackers, que nous effectuons notre deuxième plus long séjour sédentaire depuis notre départ. Placencia est située sur une péninsule et offre de très belles plages, ce qui est rare au Bélize, à moins de se rendre sur une de ses îles. Nous passons donc 5 nuits dans un environnement agréable, confortable et ultra-relaxe. Deux jeunes couples de Français ayant habités au Québec y résident temporairement en échange de services (entretien général, menuiserie, ménage, buanderie). Même si la saison des voyageurs est avancée, nous y rencontrons tout de même quelques bakcpackers (du Canada, de la Suède et de l’Inde). Les proprios également des expatriés, sont très sympathiques. Sur place, un restaurant-bar, lieu de rencontre par excellence de tout ce beau monde, est tenu par Sean, un jeune irlandais nouvellement installé au Bélize et prêt à y faire fortune.

IMGP2683IMGP2784IMGP2689IMGP2729IMGP2728IMGP2724

Un matin, nous parcourons les quelques kilomètres qui nous séparent de Placencia à vélo. Il s’agit de notre première randonnée à vélo en famille à vie!

IMGP9693

Il fait très chaud mais la balade en vaut le coup. Nous aimons beaucoup l’endroit qui a décidemment un grand potentiel touristique. Nous ne sommes pas les premiers à s’en apercevoir: toute la péninsule est en développement avec sa belle route pavée, ses lots à vendre et ses infrastructures pour accueillir de gros bonnets: marina, héliport, aéroport régional et un international en développement.

IMGP9671IMGP9674

Une place publique sera éventuellement développée au bout de la pointe et de nombreux restaurants et petits cafés sympas agrémentent le village.

IMGP96755IMGP9676

Derrière la rue principale se cache ce qui a jadis été la plus petite rue pavée du monde. De chaque côté, maisonnettes, gîtes, bars et boutiques se succèdent dans cette allée à l’ambiance bien particulière.

IMGP9685IMGP9677

Entraînés par cette apparente effervescence et stimulés par d’anciens réflexes de sédentaires, une bulle nous monte à la tête: pourquoi ne pas s’acheter un petit lopin de terre au Bélize et profiter des avantages fiscaux liés à un tel investissement? Pendant 24 heures, nous nous laissons porter par cette idée. Nous poussons l’audace jusqu’à visiter quelques propriétés, grâce à Ajinder et Virginie, les proprios du SeaKunga qui possèdent une petite entreprise immobilière! Le lendemain, nous redescendons sur terre, car la nuit porte conseil: nous venons à peine de nous délester de toute attache matérielle. Profitons-en donc pour la peine. Le Bélize peut bien attendre. Mais quel plaisir que celui de s’être permis l’espace d’un moment de jouer aux acheteurs potentiels dans un cadre tropical!

La veille de notre départ du SeaKunga, Christophe se transforme en DJ. Il en rêvait depuis tellement longtemps. Grâce à Bastien qui s’y connaît pas mal dans le domaine, il apprend les bases du mixage et a la chance de manipuler des tables de mixage.

IMGP2759IMGP2751IMGP2767

Il passe donc plusieurs heures debout, derrière le petit bar à sélectionner de la musique techno. Une très bon moment pour lui.

Ce voyage ne cesse de nous offrir de belles surprises et ce, dans des sphères souvent inattendues!

Publicités
Cet article a été publié dans Bélize. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Bélize quand tu nous tiens!

  1. Claudine Boulet dit :

    WOW! Tu as réussi à me donner le goût d’aller au Bélize malgré les bébittes!

    • Den dit :

      Pascale, d’un blogue à l’autre, il y a toujours beaucoup d’intérêt à suivre vos découvertes. Le Bélize, est-il votre second coup de coeur ?
      D’après les photos, la famille semble épanouie et enjouée….j’aime la photo du petit acteur Philippe, doué de 3 regards  »envoutants ».
      J’aurais bien aimé voir et entendre Christophe sélectionnant sa musique.

  2. Christophe a passé trop d’heure à coté de la table pcq’il dort sur la photo…hihihi
    première ride de vélo en famille à vie quand j’ai lu ça j’ai fait quoi et j’ai réaliser que moi aussi j’avais jamais fait ça……avec papa mais 2 fois avec maman……. hihihi
    on est assez bien au Québec on peu s’asseoir partout…….et les fesse nous piques pas hihihi

  3. serge lafreniere dit :

    J’ai beaucoup vtre passage sur Belize mais pour les bébittes j’ai assez a me battre contre les mouches noires ici qui sont la grosseur des grenouilles merci pour ces belles photo et vous etes beaux a voir aller a plus

  4. Alain dit :

    Oublions les insectes !!!…
    Vous avez l’air tellement bien sur les photos…
    Profitez du temps qui passe
    Alain.

  5. Bast dit :

    Nous sommes heureux de vous avoir rencontré.
    Bonne continuation pour ce magnifique voyage que vous entreprenez, et à bientôt lors d’une soirée où Christophe sera le DJ !
    have fun !!!
    Isa et Bast

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s