Goodbye Bélize

En quittant Placencia nous poursuivons notre route encore plus au sud, vers Punta Gorda, là où se termine la Southern Highway. “PG”, comme on la surnomme ici, est la ville la plus au sud du pays et recense un peu plus de 8 000 habitants, incluant des Garifunas, des Mayas, des Indiens de l’Est, des Libanais et des Chinois. Nous prenons une bouchée au Bamboo Chicken un petit resto doté d’une terrasse agréable avec vue sur la mer.

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Nous y faisons la rencontre de celui qui surnommera Mathieu “Big Man” et “Bro” pendant les moments que nous passerons ensemble. Ce Bélizien nous raconte qu’il vient tout juste d’épouser une jeune femme de Toronto et que la cérémonie a eu lieu il y a quelques semaines à peine à Hopkins. Sa douce est même enceinte et est retournée au Canada il y a quelques jours. Il est donc particulièrement avenant avec nous et nous démontre un grand intérêt puisque nous sommes Canadiens et que cela lui rappelle son épouse. Il nous guidera dans les quelques rues de la ville alors que nous effectuons quelques emplettes. Il insiste pour nous transférer quelques pièces de musique Bélizienne et nous offre d’aller visiter la galerie d’art de son cousin, ce que nous déclinons finalement car la journée avance et nous voulons trouver un lieu où camper en dehors de la ville.

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Comme c’est le cas à bien des endroits sur la côte bélizienne, il n’y a pas de plage à Punta Gorda et cela rend la baignade à la mer un peu moins invitante. Nous roulons donc jusqu’à Blue Creek avec l’idée de profiter d’une trempette dans la rivière qui traverse le village. Blue Creek fait partie, avec une cinquantaine d’autres villages mayas, du district de Toledo; une zone rurale qui est la plus au sud du Bélize. Bien que les Mayas ne constituent qu’une faible proportion de la population du Bélize (11 %), dans le Toledo, ils en représentent la moitié et la plupart ne parlent pas espagnol mais plutôt leur langue indigène (Mopan et Kekchí) et le Kriol. La majorité d’entre eux vivent dans de petits villages modestes, très semblables à ceux du Guatemala, dont leurs ancêtres originent.

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Nous trouvons un bel endroit pour camper dans le village de Blue Creek, dans le jardin de  Isidore Sho qui sera le lendemain notre guide lors d’une excursion dans la Hokeb Ha Cave ou Blue Creek Cave.

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Cette exploration que nous effectuons le lendemain dans la Hokeb Ha Cave en compagnie de Isidore est une expérience nouvelle et très excitante. Équipés d’une lampe frontale, nous nageons dans une rivière souterraine jusqu’à une chute située à l’extrémité de la caverne. A plusieurs reprises nous sortons de l’eau pour franchir de petites chutes ou pour prendre appui sur des roches.

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La présence du guide nous rassure dans cet environnement inconnu et nous permet de profiter pleinement de l’expérience. Le défi n’est pas au dessus de nos forces mais représente tout de même suffisamment de nouveauté pour nous procurer un sentiment de satisfaction lorsque nous ressortons de la grotte.

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Isidore et sa femme sont très accueillants. Alors qu’il est d’origine Mopan, sa femme est Kekchí. Isidore habite Blue Creek depuis toujours. Sa famille y possède des terres qui sont transmises de génération en génération. Ses parents et ses frères habitent dans la même rue et partagent les tâches liées à la culture et l’entretien des propriétés. En plus d’agir à titre de guide dans différentes excursions (caverne, randonnées dans la jungle, explorations des îles) il élève des poules et cultive le maïs. Nous sommes remplis d’admiration devant cet homme de petite stature, à l’allure modeste qui présente autant d’aisance dans l’eau que sur la terre. C’est avec beaucoup de simplicité et d’assurance qu’il nous a guidé dans la pénombre et c’est avec fierté qu’il nous relate de quoi est composé son quotidien. La vie à Blue Creek est dure mais relativement paisible. La communauté est solidaire et le taux de criminalité est bas. Malheureusement, il ne peut en dire autant de d’autres communautés béliziennes. Par ailleurs, les gens de Toledo appréhendent l’ouverture prochaine d’un nouveau poste frontalier avec le Guatemala. Ils craignent des conflits liés au trafic de drogue et à l’influx de Guatémaltèques en exil.

En soirée, après un après-midi de baignade dans la belle rivière Blue Creek, Isidore cogne à notre porte et nous offre un délicieux pain aux bananes encore tout chaud. Quelle chance nous avons!

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Ayant maintenant atteint l’extrémité sud du pays et ayant renoncé à faire un séjour dans les Cayes, il nous faut rebrousser chemin et nous diriger vers l’ouest, dans le Cayo District en vue de notre traversée vers le Guatemala. Nous effectuons cette remontée de 275 km d’une traite, mise à part un arrêt pour le dîner, quelque part à l’ouest de Belmopan, avant Georgeville.

Cette tablée champêtre ultra modeste que nous sélectionnons par hasard nous offre un accueil hors du commun car les trois dames du kiosque tombent sous le charme de notre Philippe (particulièrement l’une d’entre elle qui l’appellera affectueusement “bébé” pendant tout le repas). Elles se délectent de le voir manger avec autant d’appétit et apprécient grandement sa curiosité gustative. A un point tel qu’elles lui font goûter la totalité des items de leur menu, incluant des fruits, des jus et des spécialités locales!

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La Chiquibul road qui mène au Barton Creek Outpost n’est pas en très bon état. Les Mennonites vivant ici se conforment au modèle traditionnel.

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Ces quelques 15 km de rough road valent le détour car au bout un petit paradis nous attend…

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Le Barton Creek Outpost est un domaine de 165 acres tenu par une famille américaine établie au Bélize depuis quelques années. Le domaine comprend une orangeraie et une cocoteraie, une rivière, des sentiers de randonnées, des dortoirs, des lieux communs et un restaurant. La famille compte quatre enfants âgés entre 5 mois et 14 ans et accueille backpakers, voyageurs et jeunes volontaires qui souhaitent participer à l’entretien des lieux en échange du gite et du couvert.

Lors de notre passage, la famille est malheureusement absente. Toutefois, nous avons la chance de rencontrer Justin, un jeune homme de Colombie-Britannique, récemment engagé par la famille afin d’accompagner les enfants sur le plan éducatif.

Nous profitons largement des lieux durant notre séjour et les enfants ont même la chance de s’initier à la pêche.

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Les installations sont superbes et plusieurs aires de détente sont aménagées afin de pouvoir profiter de la richesse des paysages. Des jeux sont à la disposition des invités. Seul bémol: Bella, la plus jeune chienne de la meute est très curieuse et dissipée. Elle vole et mâchouille tout ce qu’elle trouve, dont les lunettes de vision de Mathieu. Par miracle nous les récupérons: égratignées, avec un protecteur de branche en moins mais encore fonctionnelles.

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Lors d’un petit tour de canot qui nous mène devant l’entrée de la fameuse Barton Cave nous avons l’heureuse surprise de voir apparaitre Bastien, Isa, Yoan et Séverine que nous avions connu au Sea Kunga à Placencia. En vacances pendant quelques jours, ils explorent la région. Ils viennent passer la journée avec nous au Barton Creek Outpost et nous les croiserons à quelques reprises les jours suivant puisque nous effectuons un itinéraire semblable.

En poursuivant sur la Chiquibul road, nous pénétrons dans une zone appelée The Mountain Pine Ridge Forest Reserve. Comme son nom l’indique, cette région est composée de collines, sommets et gorges recouvertes de pins. Il nous semble étrange qu’une forêt de pins puisse côtoyer la forêt tropicale! Les Béliziens sont bien fiers de leur forêt de pins et ont déployé beaucoup d’efforts pour la sauvegarder lorsqu’elle fut atteinte d’une infestation d’insectes mangeurs d’écorce au début des années 2000.

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Nous passons une très belle journée à parcourir la réserve et profitons de trois de ses attraits.

Big Rock Falls

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Rio on Pools

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Rio Frio Cave

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Lorsque nous quittons la grotte, la pluie n’a pas encore commencé à tomber. Nous quittons  nos compagnons du Sea Kunga qui doivent venir nous rejoindre au site de camping avec leur véhicule. Ils ne pourront le faire que le lendemain matin et avec l’aide du camion de l’armée qui patrouille la réserve car leur véhicule s’est enlisé après avoir glissé sur le bas côté de la route. En peu de temps, la pluie aura transformé le chemin en véritable patinoire de boue. Une bonne leçon pour tout le monde. Ça aurait bien pu être nous!

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Caracol, la plus imposante ancienne cité Maya du Bélize et recélant la plus haute pyramide du pays, est recluse dans la jungle au pied de la chaîne de montagnes Maya. La majorité du site reste à excaver mais l’exploration de ce lieu difficile d’accès constitue une expérience inoubliable, car l’aventure pour s’y rendre est aussi emballante que la visite elle-même!

Les visiteurs qui désirent se rendre à Caracol sont invités à le faire en compagnie d’une escorte militaire car des attaques infligées par des bandidos Guatémaltèques seraient survenues sur cette route dans le passé. Nous nous plions donc à cette recommandation et enregistrons notre véhicule au poste de contrôle militaire à l’heure convenue.

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Nous partons quelque peu à l’avance, sachant que notre rythme de croisière sera plus lent que les autres véhicules car la route est accidentée. Peu de temps après, quelques fourgonnettes de tours organisés nous doublent. Le camion d’escorte nous dépasse à son tour et nous attendra à deux reprises.

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Mais il finira par nous devancer pour de bon!

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Le site est très bien aménagé et se compare favorablement à d’autres sites archéologiques que nous avons visité au Mexique.

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Surplombant le site avec ses 141 pieds de hauteurs, Caana ou ”Sky place” est la plus haute structure maya du Bélize (et de tout le pays).

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Sur le dessus de cette immense pyramide, il y a une plaza centrale et trois autres structures de bonne taille.

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Lorsque la plus haute d’entre elles est escaladée, la vue sur les montagnes et la jungle environnante est incroyable.

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Notre retour vers le campement s’effectue sans difficulté et nous optons pour passer une autre nuit sur la réserve avant de rejoindre la civilisation puisque nous sommes fatigués de notre journée. Alors que nous relaxons sous un palapa, trois hommes “armés” émergent de la jungle et viennent s’assoir à notre table. Il s’agit respectivement du chef de police, du responsable militaire de la réserve et du gardien du campement de Douglas Silva où nous nous trouvons. Avec d’autres hommes en poste à deux autres postes de contrôle, ils assurent la surveillance et la sécurité des lieux car Caracol fait l’objet de pillage car des trésors y sont encore enfouis. Andy, James et Salam s’intéressent à notre voyage et à notre véhicule. Les enfants sont en extases devant les armes à feu qu’ils voient d’aussi près pour la première fois. (voir le blogue de Philippe: http://phillobservateur.wordpress.com/)

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C’est avec plaisir et curiosité que nous acceptons d’aller souper à la baraque des soldats. C’est Andy qui cuisine. Nous aurons l’honneur de déguster de l’agouti ou gibnut, la viande royale du Bélize (servie à la reine lors de son passage au pays en 1994)! Pendant que le petit groupe de soldats mange dans leurs gamelles sur le balcon, nous avons droit à une petite salle à dîner improvisée. C’est un peu irréel: tous les quatre nous dévorons nos assiettes alors que les mouches et les scarabées volent au dessus de nos têtes.

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Avec nos lampes frontales et guidés par nos trois amis, nous retournons à notre campeur. Mais la soirée n’est pas finie. Nous passerons encore du temps à converser avec eux jusqu’à tard dans la soirée. Une très belle rencontre.

Avant de rejoindre San Ignacio, nous faisons un petit détour par Spanish Lookout, là ou habite la communauté Mennonite la plus prospère du pays. Ici les routes sont entièrement pavées, les fermes sont grandes et bien délimitées. Les voitures et les tracteurs sont utilisés, tout comme l’ensemble des technologies modernes. Du pétrole brut a aussi été découvert dans cette région il y a quelques années.

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La petite ville de San Ignacio est très populaire auprès des touristes et offre plusieurs possibilités d’hébergement et de nombreux restaurants. La population y est également très variée. San Ignacio constitue un endroit stratégique pour visiter les attraits du district Cayo. Pour nous, San Ignacio représente la finalité de notre périple en terre Bélizienne. Nous sommes à moins de 20 km des frontières avec le Guatemala, que nous comptons rejoindre d’ici quelques jours.

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En visitant une petite boutique d’une des rues principales, j’ai enfin la chance de mettre la main sur le dernier disque d’Andy Palacio, que je cherchais sans succès depuis notre arrivée au Bélize. Décédé en 2008, Andy Palacio, la seule vraie star professionnelle musicale du pays, a fortement influencé le milieu musical bélizien. Cet album, intitulé WATINÁ, nous touche droit au cœur. Il chante l’histoire poignante des Garifunas, à la fois à la recherche de leurs origines et inquiets devant le futur qui menace la survie de leur culture. Il communique aussi les espoirs, les joies et les défis de cette communauté qui souhaite poursuivre la transmission de ses traditions aux générations futures.

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“…Súngubei lidan aban
Tidan lagei Satuye
Lun liábin Yurumeigien
Sun Garinagu tidan
Súngubei lidan aban
Iñura waméi wamálali
Súngubei
Lidan aban
Sun Garinagu

Numadagu, Namulenu
Aganba huma niduheñu
Mabuchadalá huagu
Merederalá gien háfagun
Gurasu, Erei
Furendei luma anichigu
Ligíaba megei
Lun hawanserun isanigu…”
(Lidan Aban – “Together”)

Cet album est un précieux souvenir de ce pays qui nous a entièrement envouté.

Goodbye Bélize.

N.B.: Le bilan du Bélize est en ligne ainsi qu’un nouveau billet publié par Philippe.

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Un commentaire pour Goodbye Bélize

  1. Johnf659 dit :

    Hmm it looks like your site ate my first comment it was extremely eeffbcedegee

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