Guatemala: à la recherche d’un petit je ne sais quoi

Le Guatemala possède de grandes richesses culturelles et naturelles et offre un vaste échantillon de destinations touristiques. Avec sa topographie et son hydrographie variées, ses différents climats et sa faune et sa flore diversifiées, il présente un environnement tout simplement magnifique. De plus, sa population indigène, riche de nombreuses traditions et coutumes, colore le pays de manière unique. Mais étrangement, après une dizaine de jours passé au Guatemala, je n’arrive toujours pas à résumer nos premières impressions de ce pays… Les paysages sont somptueux et nous avons déjà à notre actif plusieurs activités intéressantes et variées. Pourtant, cette fois-ci, le coup de cœur n’est pas au rendez-vous. Comme si nous n’arrivons pas encore à ressentir un attachement envers le pays…

Le Guatemala est rempli de contrastes et peut-être nous faut-il prendre le temps d’apprivoiser ses différentes facettes afin d’être en mesure de mieux le définir et ainsi préciser nos impressions ?

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La traversée des frontières à Melchor de Menchos, à partir du Bélize, s’effectue sans problème. Il n’y a pas d’attente et les étapes à suivre sont logiques. Armés seulement d’un brin de patience -l’agent âgé démontre des problèmes de vision et n’est donc pas très efficace pour remplir les documents- notre passage se déroule en moins d’une heure. Le seul dérangement vient de nos garçons qui ne se gênent pas pour se chamailler sur le plancher du bureau d’immigration…quelle classe ces enfants Canadiens.

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Nous passons notre première nuit dans le petit village d’El Remate avant de rejoindre le site de Tikal. Nous dormons sur le bord du lac Petén Itzá et sa belle couleur bleutée nous rappelle un peu celle de la Laguna de Bacalar au Yucatan.

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Le lendemain, nous devons un peu à contre-cœur faire un détour par Flores, située de l’autre côté du lac, afin d’y réaliser quelques tâches utilitaires avant de rejoindre Tikal. Flores est localisée sur une petite île et présente des maisons aux teintes pastels. Le malecón qui fait le tour de l’ile offre de beaux points de vue sur le lac.

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Les ruines de Tikal sont sans contredit un arrêt incontournable pour tout ceux qui se rendent au Guatemala. Le parc national de Tikal, le plus ancien et le plus connu de tous les parcs nationaux du Guatemala a été établi en 1956. Il couvre une superficie de 575 kilomètres carrés qui englobe principalement une forêt tropicale et ses nombreux habitants ainsi que les vestiges d’une des plus grandes cités de la civilisation Maya.

En ce qui nous concerne, puisque nous venons tout juste de visiter le très beau site de Caracol au Bélize, nous aurions accepté un petit intermède entre les deux visites. Mais puisque nous y sommes, il faut y aller! En passant, la frontière entre le Guatemala et le Bélize fait encore l’objet de tensions entre les deux pays. Sur la carte touristique offerte par l’office de tourisme du Guatemala, on peut lire Limite No Definido sur la ligne frontalière du côté Bélizien. Bien qu’indépendant depuis 1981, le Bélize est souvent considéré comme un autre departemento Guatémaltèque. Cette dispute date de l’époque coloniale et une médiation internationale est envisagée.

Nous rejoignons donc le site de Tikal en fin de journée et campons sur les lieux. Mathieu et moi profitons des dernières heures du jour pour effectuer une première tournée. Le lendemain matin, dès 6:15, c’est toute la famille qui s’élance sur les sentiers de ce site grandiose. Tikal est de loin le plus impressionnant de tous les sites que nous avons visités de par sa magnitude et sa vastitude. Malgré nos longues heures de marche, nous n’en explorons qu’une petite partie. En cours de route, nous rencontrons plusieurs animaux et la végétation est splendide. Une visite exigeante mais vraiment très agréable.

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Après la visite de Tikal, notre exploration du Guatemala commence enfin. Nous regardons la carte et nous voilà déjà bien embêtés: la route principale descend vers Rio Dulce et se dirige par la suite vers Guatemala City ou Cobán. Les nombreuses autres routes, qui nous attirent beaucoup plus, ne sont pas asphaltées et nos guides de voyage nous mettent en garde au niveau de leur sécurité. Par prudence et surtout parce que nous ne sommes pas encore familiers avec le pays, nous optons pour la facilité. Nous mettons donc le cap vers Rio Dulce, vers le sud. A mi-chemin, nous faisons escale pendant quelques jours à la Finca Ixobel située près de Poptún. Il s’agit d’un grand domaine accueillant les voyageurs en offrant différentes formules d’hébergement, dont un espace pour le camping, des activités, un restaurant, des jardins, une forêt de pins, des fleurs, des animaux et un petit étang pour la baignade. Nous profitons abondamment de ce lieu superbe qui nous est offert pour moins de cinq dollars!

Un matin, nous effectuons une randonnée sur une des petites collines environnantes. La montée, quoique courte, est très abrupte. A l’aides des racines et des arbres qui jalonnent le sentier nous grimpons jusqu’au sommet en moins d’une heure et l’effort requis pour faire la montée est appréciable. Durant l’ascension, Christophe a besoin d’un peu d’encouragement, Philippe nous devance, Mathieu est à bout de souffle rendu en haut et moi j’anticipe le retour car j’ai toujours plus de peine à descendre qu’à monter.

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Au sommet, la vue n’est pas tellement dégagée mais suffisante pour apercevoir la ferme et ses alentours, ainsi que ces signes de déforestation que nous verrons partout dans les montagnes du pays. Un des problèmes environnementaux criant du Guatemala concerne la disparition de ses forêts à un rythme effréné. Des forêts vierges entières ont disparu pour faire place à l’agriculture de subsistance, appelée slash–and-burn. Une zone de forêt est entièrement abattue et brûlée jusqu’au sol; les cendres fertilisant les jeunes pousses. Ceci pour une période de deux ans seulement, car le sol des forêts tropicales est très pauvre en nutriments, ces derniers se retrouvant surtout dans les arbres eux-même. Moins de 40% du pays est encore recouvert de forêt à l’heure actuelle. La défense de l’environnement est un sujet chaud car plusieurs partis veillent à leurs intérêts souvent de manière forte (barons forestiers, cartels de drogue utilisant les forêts pour leurs activités illicites, ranchers qui ont des liens avec l’armée et les paysans affamés).

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La pause est de courte durée et nous amorçons notre descente. Au début, j’essaie d’imiter les enfants qui descendent sur les fesses, mais cela n’est pas convaincant. Rapidement, ils me devancent. Je demande à Mathieu de passer devant moi car je sais que son rythme est plus rapide que le mien. Et je traîne de plus en plus de l’arrière.

La descente est abrupte et je suis malhabile. Mes pieds glissent, mes jambes et mes genoux ne veulent pas me retenir. Je m’accroche aux racines, je me suspends aux arbres, je descends à reculons. Ça va mal, Je suis enragée devant mon incompétence. Mathieu et les enfants sont en bas depuis longtemps lorsque il m’entendent renifler. Christophe et Philippe viennent à mon “secours” avec beaucoup de sérieux et d’encouragement. Je termine donc enfin les derniers 100 mètres humiliée mais touchée par la sollicitude de mes deux grands.

Le lendemain, Philippe fait un randonnée à cheval avec un guide de la finca.

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La ville de Rio Dulce est la communauté qui se situe autour du pont qui traverse la  rivière du même nom, tout près de sa rencontre avec le lac Izabal.

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C’est à cet endroit qu’il est possible de prendre une petite lancha afin de se rendre vers Livingston, la communauté Garifuna du Guatemala et quelques plages côté caraïbes. Puisque nous arrivons du Bélize, nous n’envisageons pas cette option. La visite du Parc National Rio Dulce et de son canyon nous interpelle, mais le coût élevé pour notre famille nous rebute. Nous nous contentons donc d’une nuitée à la marina. Les enfants profitent alors de la piscine. Nous y rencontrons de nombreux plaisanciers qui font escale dans cet endroit populaire du Guatemala.

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Puisqu’il est sur notre passage et surtout parce que cela fait tellement plaisir aux enfants, nous visitons un parc aquatique près de Rio Hondo. Il s’agit du Valle Dorado Water Park. Le parc est fermé en début de semaine mais nous avons accès aux piscines. Avec la pluie de fin d’après-midi, les enfants se risquent tout de même à faire quelques glissades! Le parc est immense et nous l’avons à nous seul.

Un peu d’exercice avant de s’amuser…

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Comme l’émission Wipe Out…

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Plusieurs plans de jeux…

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En arrière plan, la vallée et ses paysages luxuriants…

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Un peu de vitesse pour terminer…

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Nous vivons (enfin) notre première expérience d’immersion Guatémaltèque au village de San Rafael Chilascó, qu’on rejoint via un détour de 12 km sur une route de gravier en direction de Cobán. San Rafael Chilascó est une petite communauté agraire qui nous permet de rallier les chûtes de Chilascó qui sont situées dans la Réserve de la Biosphère Sierra de las Minas. A notre arrivée sur la rue principale, nous devenons rapidement l’attraction du village. Rapidement, nous apprenons que l’organisme communautaire en charge des visiteurs est fermé et que le guide obligatoire ne reviendra qu’en fin de journée. Qu’à cela ne tienne, nous interrogeons quelques villageois qui finissent par nous trouver un accompagnateur.

Un bon moment s’écoule entre notre arrivée au village et notre départ pour la randonnée. Nous sommes un peu inquiets de l’heure tardive (niveau d’énergie disponible et pénombre) et Mathieu découvre une crevaison juste au moment de débuter le sentier, mais il est maintenant trop tard pour annuler notre sortie. Nous effectuons donc la randonnée à la hâte et n’en profitons pas autant que nos efforts pour la réaliser le promettaient.

Le sentier est en bonne condition et le guide s’avère très utile pour nous diriger puisque nous circulons sur des terres privées et devons franchir quelques obstacles. Comme c’est le cas dans plusieurs villages ruraux, les terres appartiennent à un dueño et les habitants du village travaillent pour lui. C’est le temps des tomates lors de notre visite et pendant la période de cueillette, la plupart y travaillent, même les enfants. Après la randonnée, je ferai la rencontre de Rosa Maria qui m’invitera à faire le tour du village avec elle et aussi de sa demeure avant de m’offrir des tomates bien fraîches qu’elle avait cueillies le jour même. Ses mains étaient encore toutes tâchées.

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Après cette excursion express, Mathieu sort ses outils et les enfants leur ballon. Voilà que les rires fusent de partout pendant qu’une partie de soccer s’improvise à côté du campeur.

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La nuit tombe, le changement de pneu est terminé, nous rentrons souper. En soirée, on cogne à la porte. Des enfants veulent à nouveau jouer avec Christophe et Philippe. Un peu plus tard, on cogne à nouveau. Les enfants du village nous réitèrent leurs craintes par rapport à nos vélos. Ils sont convaincus que nous nous ferons voler les vélos cette nuit. Je rassure les enfants, les miens et ceux du village. Au petit matin, les enfants sont encore attroupés devant les vélos. Ils n’ont pas disparu.

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Nous passons par Cobán et y prenons une petite bouchée. La ville ne présente pas d’attraits particuliers.

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Notre objectif est d’atteindre Lanquín et de s’y poser pendant quelques jours. Ce village est difficile d’accès car la route de 12 km pour l’atteindre est passablement cabossée. La progression doit se faire lentement. Heureusement, la destination en vaut la peine. Nous campons au El Retiro Lodge, un lieu de rassemblement pour les jeunes voyageurs. C’est encore sublime et nous apprécions l’emplacement et la beauté des lieux. Nous profitons de l’excellente cuisine offerte sur place. Nous détonons un peu avec nos enfants dans cette atmosphère de backpackers mais nous nous sentons tout de même les bienvenus.

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Nous donnons congé à notre camionnette et empruntons un colectivo pour nous rendre au Semuc Champey Natural Monument qui se situe encore plus loin sur la route de pierres. A cet endroit, une rivière souterraine circule sous un pont de calcaire naturel. Il est possible de se baigner dans des bassins calmes et limpides situés sur ce pont.

Nous effectuons donc la dizaine de kilomètres qui nous séparent de cette attraction, debout dans la boîte d’une camionnette, les mains sur des barres de métal pour aider à l’équilibre. Mathieu dénombre une vingtaine de personnes derrière nous!

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Comme à Lanquín, depuis le début de notre entrée au Guatemala nous rencontrons beaucoup de voyageurs, principalement des étudiants, soit en voyage, en échange étudiants, ou effectuant du volontariat. Par ailleurs, la saison des pluies a débuté lentement, avec des averses légères à modérées présentes quotidiennement en fin de journée. Toutefois, cette réalité ne nuit pas à nos activités ou nos déplacements pour le moment. Les températures sont généralement plus agréables le jour car nous sommes en altitude et carrément fraiches la soir, rendant nos nuits beaucoup plus reposantes.

Le revêtement des routes principales est de bonne qualité. Les topes font ici place au tumulos mais ils sont moins nombreux. Tel que mentionné, les points d’intérêts, les parcs naturels ou les villages pittoresques sont presque toujours difficiles d’accès car les routes montagneuses les rejoignant sont étroites et non pavées. Ainsi, nous devons renoncer à visiter plusieurs lieux d’intérêt car nous voulons ménager notre anguille qui n’est pas aussi agile que nos esprits d’aventuriers le souhaiteraient. Bien que nous ne voudrions pas faire de compromis au niveau du confort, depuis que nous sommes au Guatemala, nous rêvons souvent à un véhicule plus adapté à la conduite hors-route.

Dans cette première partie du voyage qui nous a conduit dans les régions du Petén, d’Izabal et de Las Verapaces, nous aurions pu y voyager sans jamais parler espagnol ou presque. Plusieurs endroits s’adressant aux voyageurs sont la propriété d’étrangers qui offrent des services en anglais et parfois d’autres langues. Les villes populaires sont investies d’étrangers qui opèrent les restos et les commerces. La plupart des attraits naturels sont avant tout accessibles par le biais de tour operators qui fournissent le transport et les services de guide. Dans les petits villages isolés, certaines communautés offrent des services de guides locaux afin de prendre en charge leurs richesses et leurs ressources. Pour les voyageurs indépendants, l’accès à ce type d’endroit s’avère plus ardu et les  séjours dans ces villages nous rendent parfois inconfortables. Nous faisons l’objet de beaucoup d’attention et bien que ceci s’avère agréable au début cela nous met tout de même sur le qui-vive. De manière générale, les Guatémaltèques sont souriants, parfois timides mais toujours très serviables. Toutefois, nous observons que nous sommes considérés pour ce que nous sommes: des touristes, avec de l’argent à dépenser. Au Guatemala il y a un prix pour les touristes et un pour les locaux et la différence est importante.

Lorsque nous quittons Lanquín, nous renonçons (une fois de plus) avec amertume à effectuer la route qui relie Cobán à Huehuetenango. Après plusieurs recherches, discussions, nous laissons la raison l’emporter: cette route n’est pas jugée sécuritaire par les autorités (affaissement et éboulis potentiels), est non pavée par endroit et risque de nous créer des soucis. Mathieu est déçu, moi tout autant. Nous revenons donc sur nos pas, pour une longue journée de route, afin d’atteindre notre prochaine destination : La Antigua, Guatemala.

A bientôt!

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2 commentaires pour Guatemala: à la recherche d’un petit je ne sais quoi

  1. Claudine Boulet dit :

    En lisant ce texte, j’ai eu le sentiment que vous avez fait beaucoup de chemin depuis votre départ du Québec. Et, je ne parle pas juste du kilométrage de l' »Anguille »…

  2. Alain dit :

    Salut Pascale,
    Une chance que tu n’avais pas ton père avec toi pour escalader et descendre ces fameuses collines !!!…
    Mathieu, au Québec, c’est la formule 1 , mais fortement perturbée par les manifestations des étudiants. Ta mère n’ira sûrement pas sans toi.
    Votre coup de coeur pour le Guatemala viendra…………….

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