Le Honduras, pourquoi pas?

Influencés par différentes sources d’informations dépeignant majoritairement un portrait sombre ou fade, nous valsons d’hésitations avant de nous aventurer au Honduras. A partir du Salvador il est possible de traverser le Honduras en empruntant la route panaméricaine qui traverse ce pays dans sa partie sud et d’atteindre le Nicaragua en une seule journée. Toutefois, en revisitant nos aspirations initiales, nous optons finalement pour une petite tournée du pays afin de nous donner une meilleure idée de son atmosphère générale et ainsi former notre propre opinion. Une bonne décision, car le Honduras nous comble par la beauté de ses paysages et la diversité de ses attraits.

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Le Honduras est le pays d’Amérique Centrale possédant la topographie la plus accidentée; près de 75% de son territoire a une inclinaison d’au moins 25 degrés. Mais fait étrange, il s’agit du seul pays de cette région qui ne possède pas de volcans. En raison de son terrain montagneux difficilement pénétrable et la pauvreté de son sol, il est demeuré relativement peu exploité, tant par les Honduriens que par les étrangers. Depuis l’ère coloniale, l’économie demeure fragile et incertaine et le Honduras est un pays extrêmement pauvre encore aujourd’hui. Comme dans les autres pays d’Amérique Centrale la répartition des terres et des richesses est terriblement inégale.

Malgré tout, le Honduras possède des richesses naturelles et culturelles importantes: une végétation exubérante, un très long littoral et des iles fort invitantes, des villes coloniales et un héritage archéologique unique venant du peuple Maya. De plus, huit groupes indigènes et Afro-Américains représentant 10% de sa population enrichissent le pays de leur culture respective.

Aujourd’hui, le Honduras s’ouvre de plus en plus au monde et de nombreux efforts sont fait pour supporter le développement de l’industrie touristique, avec des initiatives encourageant le tourisme rural, communautaire et responsable dans plusieurs villages. (J’ai été impressionnée par la qualité de l’information que j’ai retrouvée dans le livret Honduras Tips, le plus beau document intégré sur un pays ou une région que j’ai eu la chance de consulter depuis longtemps.)

Lors de notre arrivée au Honduras, nous nous arrêtons tout d’abord dans la ville coloniale de Gracias. Fondée en 1536, il s’agit d’une des plus vieilles villes du pays. A partir de 1544, Gracias était le site du siège administratif des territoires espagnols, qui s’étendaient du sud du Mexique, jusqu’au Nicaragua. Durant cette période la ville connut un boom économique mais cette prospérité éphémère se termina lorsque l’Audencia  (cour royale) fut transférée à Antigua, Guatemala en 1548.

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Nous sommes à Gracias quelques jours avant la fête civique dédiée au chef et héro du peuple Lenca: Lempira. Un défilé à lieu sur la rue principale et tout le village est en effervescence en préparation pour cette fête. Lempira, qui a donné son nom à la monnaie du pays, était un guerrier ayant conduit son peuple dans un bataille féroce contre les Espagnols durant les premières années de la conquête du Honduras.

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Nous faisons la rencontre de Daniel, animateur de la station de radio de Gracias, Mega 92.7. Il nous invite à visiter son studio. Nous sommes impressionnés par sa voix radiophonique.

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Nous marchons jusqu’au Fort San Cristobal, érigé au milieu de 19e siècle et surplombant la ville.

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Nous passons de bons moments dans les rues de Gracias et son parc central. Nous sommes charmés par l’ambiance décontractée et pittoresque qui règne dans cette ville.

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Les jours suivants, nous goûtons aux plaisirs et à la détente procurés par les eaux thermales qui abondent dans cette partie ouest du pays. Tout d’abord dans un lieu champêtre et fort bien entretenu, Termas del Rio.

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Et quelques jours plus tard aux Aguas Termales El Presidente, avec ses quatre piscines et ses eaux limpides.

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Au départ de Gracias, après une dizaine de kilomètres sur un chemin en très piteux état, nous atteignons la petite communauté donnant accès au Parque Nacional Celaque, qui abrite le plus haut sommet du pays, le Cerro de las Minas ainsi qu’une cloud forest sur son plateau supérieur.

Les habitants du village nous accueillent chaleureusement et nous aident à trouver un emplacement adéquat pour la nuit puisqu’il n’y a pas vraiment de lieu dédié aux véhicules extérieurs sur cette rue en pente qui conduit à l’entrée du parc.

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Les enfants fraternisent avec deux garçons du village qui sont bien heureux de s’amuser avec nos fusils Nerf et à élastiques. Ils se sentent rapidement à l’aise avec nous et ne se font pas prier pour investir nos quartiers.

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Le lendemain, nous partons pour une randonnée accompagnés d’un jeune guide du village et l’un des gamins qui s’était bien amusé avec Philippe la veille.

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La randonnée est exigeante car la montée se poursuit sans relâche. La vue de la cascade depuis le mirador n’est pas très dégagée mais nous avons la chance d’observer les nuages épais qui enveloppent le sommet des montagnes ainsi que la flore particulière qui prend naissance sur les arbres à cette altitude (vignes, fougères, bromélias, épiphytes).

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Nous passons par La Esperanza, la ville la plus haute du pays, au cœur de la région Lenca et la plus traditionnelle du Honduras. La ville est tellement achalandée et animée que nous ne trouvons pas de stationnement accessible pour notre camion! Nous poursuivons donc notre route et effectuons une pause-dîner dans un lieu beaucoup moins pittoresque mais quand même typique des plus grandes villes Honduriennes: un restaurant de type buffet, où nous remplissons nos assiettes et payons avant d’aller nous asseoir.

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Durant l’ère coloniale, Comayagua était la capitale du Honduras. Elle perdit son titre en faveur de Tegucigalpa en 1880. Le quartier historique de Comayagua est protégé par un code d’urbanisation strict et de nombreux monuments coloniaux ont été revampés. Nous avons droit à un accueil de première classe lorsque nous nous aventurons dans les rues étroites de cette ville. Les guides touristiques et la police nous prennent en charge et surveillent tous nos faits et gestes durant notre séjour dans leur ville charmante.

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Naturellement, comme dans toute ville qui se respecte, une tournée des boutiques de jeux vidéos s’impose.

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Le soir venu, nous retardons le moment de rentrer dans notre casa móvil en raison de la chaleur humide qui prévaut. Nous optons pour une petite soirée au restaurant Plaza Colonial, donnant sur le parque central. La nourriture est très bonne et la musique fort agréable. Le service hors-pair que nous offre le propriétaire nous satisfait entièrement et notre soirée passe comme l’éclair.

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Nous remarquons également qu’à Comayagua les enfants sont habillés de manière traditionnelle en cette journée du 20 juillet, probablement pour la fête de Lempira.

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Le lago de Yojoa, le seul lac volcanique du Honduras, constitue la plus grande réserve d’eau douce du pays. Le décor environnant est impressionnant avec les montagnes de Santa Barbara et Cerro Azul en arrière plan. Les zones naturelles entourant ce lac sont protégées en raison de la richesse de leurs écosystèmes.

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Nous passons quelques jours à la Finca Las Glorias, qui avec son emplacement de choix sur le bord du lac nous offre un très joli lieu de détente.

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Lieu naturel fort populaire du Honduras, Las Cataratas de Pulhapanzak, offre habituellement un panorama spectaculaire. La désolation du site nous surprend toutefois plus qu’il nous impressionne puisque des pluies abondantes survenues la veille de notre passage ont fait monter considérablement le niveau de la rivière altérant ainsi la couleur de la chute et laissant une fine couche de boue sur les lieux du parc.

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Les plus courageux peuvent s’aventurer sur la zipline qui surplombe les chutes de 43 mètres de haut.

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Au lieu d’une baignade rafraichissante, les enfants ont droit à un bain de boue.

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Au départ du lago Yojoa, notre itinéraire nous conduit maintenant vers la côte. En route, nous croisons encore et toujours de très beaux paysages.

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Et des plantations de palmiers cultivés pour la fabrication d’huile de palme.

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Notre séjour au Honduras nous enseigne une fois de plus à quel point nous pouvons être prétentieux et remplis de préjugés envers ce que nous ne connaissons pas ou peu. L’image que nous avions de l’Amérique Centrale avant de partir du Québec était essentiellement basée sur la peur de l’inconnu et une représentation négative de cette région et de ses habitants (violence, pauvreté, criminalité, retard au niveau du développement global et économique, corruption).

Il est vrai que le Honduras est un pays très pauvre dont le développement est inégal mais il est aussi très beau et rempli de richesses. Des infrastructures modernes existent dans plusieurs régions mais les variations économiques et politiques n’ont pas toujours permis leur entretien. Quant aux Honduriens, ils sont curieux, intelligents, ouverts sur le monde. Ils aiment leur pays et aspirent à un quotidien confortable et paisible. Cela peut paraitre évident, mais ce n’est qu’en les côtoyant que nous arrivons enfin à ressentir véritablement que ces gens qui peuplent l’Amérique Centrale ne sont pas différents de nous ou inférieurs.

Nous n’avons pas terminé de découvrir ce qui nous unit aux autres habitants de cette grande Amérique, mais nous pouvons déjà affirmer sans nous tromper que dans les pays d’Amérique Centrale (tout comme chez-nous d’ailleurs) plusieurs réalités coexistent et méritent d’être considérées.

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2 commentaires pour Le Honduras, pourquoi pas?

  1. AL. dit :

    Salut Pascale,
    Pour reprendre tes termes, » dans cette valse d’hésitations au sujet du Honduras  », vous n’avez pas l’air trop malheureux….
    Votre aventure se poursuit dans des décors à faire rêver… et, tes réflexions sur les gens de l’Amérique Centrale m’interpellent positivement…
    AL.

  2. Den dit :

    Cette réflexion, sur la vision du monde, témoigne de ton ouverture face à tout ce qui est nouveau ou inconnu….. cela m’inspire et me fait réfléchir.

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