Cahuita-Manzanillo, saveur de paradis

Notre exploration de la côte caribéenne du Costa Rica se poursuit. Après s’être aventurés à Tortuguero la semaine dernière, nous parcourons maintenant la route qui longe la mer au sud de Puerto Limón jusqu’aux frontières du Panama. Nous nous déposons quelques jours à Cahuíta et ensuite Manzanillo. L’ambiance de la côte, la couleur de la mer et la richesse de la végétation nous plaisent beaucoup!

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Lors de mon dernier billet qui parlait de nos belles rencontres avec la nature costaricienne, j’ai omis de vous faire part, possiblement pour ne pas nuire à votre émerveillement, d’une autre rencontre importante que nous avons faite avec le monde naturel. Nous n’avons pas eu à nous déplacer pour cette rencontre qui a eue lieu directement dans notre campeur! Imaginez-vous que des blattes, que nous surnommons coquerelles au Québec, ont décidé de prendre d’assaut notre maison roulante depuis quelques semaines. Cette présence parmi nous est carrément honteuse et je souhaiterais ne pas avoir à écrire ces lignes car ces bestioles n’étaient pas du tout invitées.

Lorsque j’ai réalisé que l’insecte qui se déplaçait à la vitesse de l’éclair au fond de la tablette où je range mes aliments sucrés pouvait peut-être une blatte, j’ai presque fait une crise de panique et cette nuit là, j’ai rêvé que mon campeur en était infesté. Le lendemain, après avoir tout remué de fond en comble et découvert que quelques individus de la même espèce avaient élu domicile dans nos armoires à vêtements, je n’étais pas du tout rassurée. Dans mon esprit, la présence de coquerelles est associée à la malpropreté et une vague de honte m’a envahie. Cette réalité venait confirmer à quel point j’étais inadéquate dans l’entretien de mon véhicule. Je me suis dit que cette situation ne serait jamais arrivée à ma mère qui a toujours su tenir à distance les insectes nuisibles, visibles et invisibles de sa demeure grâce à son ardeur et ses techniques d’entretien et surtout sa grande constance.

En lisant sur le cycle de vie des blattes, j’ai eu la confirmation qu’elles avaient la couenne dure et qu’il serait très difficile de s’en départir rapidement. Probablement introduites par des aliments ou cartons alimentaires que nous avons rapportés de l’épicerie, elles peuvent se cacher dans n’importe quel recoin et prolifèrent rapidement. Elles cherchent l’humidité et la chaleur, ce que nous avons en abondance dans notre campeur. Elles se nourrissent de n’importe quoi, incluant colle, poils, miettes, bois, cuir, etc., ce qui n’est pas très difficile à trouver ici non plus. Il est très difficile de les attraper car elles vivent de nuit, se déplacent à une vitesse vertigineuse et entrent dans les fissures. Mais dites-moi, comment déloger ces saletés lorsqu’il est impossible d’avancer les meubles et que les passages secrets et inaccessibles sont nombreux? Cela m’aura pris deux trois rencontres avant de parvenir à en écraser une vigoureusement sans être paralysée par le dédain.

Etonnamment, il faut croire que j’avais ce qu’il fallait pour faire face à mon destin, car j’avais déjà dans mon attirail de la parfaite ménagère l’acide borique nécessaire à fabriquer des appâts mortel. C’est ce que j’ai fait, en plus d’installer des trappes collantes à différents endroits stratégiques. Le matin nous vérifions les pièges afin de voir si nous avons saisis quelques individus de cette apparence dégoutante.

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A cette heure, l’éradication complète ne peut être confirmée et je songe à établir une ronde de nuit afin de surprendre les indésirables une fois pour toute. Je ne souhaite à personne de les côtoyer involontairement mais je dois avouer que ces insectes détiennent un côté fascinant et instructif pour celui qui n’est pas touché émotivement par leur proximité! Que cela plaise ou non, la visite impromptue de ces bêtes semble être une réalité dans le monde des plaisanciers et pour au moins une famille avec un véhicule récréatif!

***

Cahuita est un tout petit village situé à 43 kilomètres au sud de Puerto Limon. Il est reconnu pour la beauté de ses plages qui sont séparées par des promontoires rocheux et son parc national.

Nous nous dirigeons tout d’abord du côté de Playa Negra, du côté nord du village et y découvrons un endroit fabuleux pour camper, chez Maria. Maria nous accueille à bras ouverts. Nous nous sentons tellement bien que nous y passons plus d’une semaine!

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L’emplacement en bord de mer, avec de nombreux arbres et une piscine naturelle dans le roc composent un très beau tableau.

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Maria, début de la cinquantaine, possède une joie de vivre et une énergie pas ordinaire. Costaricienne, elle a épousé en deuxième union un Américain avec qui elle a beaucoup voyagé en raison de son travail dans l’armée. De son premier mariage, elle a eu deux filles qui vivent au Costa Rica avec leurs enfants. Son mari est décédé il y a trois ans dans un terrible accident de voiture. Maria habite maintenant seule dans sa jolie maison qu’elle a construite et améliorée au fil des ans. Elle s’occupe de sa mère qui vient passer quelques jours par semaine avec elle. Elle a aussi un petit chien qui deviendra grand. Pour le moment, il ne fait que s’amuser et nous égratigner bras et jambes!

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Maria s’occupe bien de nous et fait tout son possible afin que nous nous sentions chez-nous. Elle nous couvre d’attentions spéciales en nous offrant des fruits et des noix de coco. Elle nous fait du jello, me montre comment elle cuisine le yucca.

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Elle permet aux enfants d’utiliser sa belle table de billard et ses jeux de société.

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Mais qu’est-ce qu’il a dans le cou? Ce n’est pas un collier mais un petit serpent retrouvé dans les cocotiers. Maria lui a coupé la tête avec sa machette ne sachant pas s’il était venimeux ou non.

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Un après-midi, après que Mathieu ait fait quelques ajustements sur sa voiture qu’elle ne sait pas conduire (changement d’une roue et recharge de la batterie), nous allons tous ensemble faire quelques courses au village.

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Le lendemain, nous allons explorer Puerto Viejo, un village un peu plus fréquenté que Cahuita, à l’ambiance très décontractée qui attire les amateurs de bonnes soirées.  Costa Rica 2012-10-02 016

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Au bout du village de Cahuita, à quelques kilomètres à pieds de chez Maria, se retrouve une des deux entrées pour accéder au Parque Nacional Cahuita. Un matin, nous partons très tôt et marchons via Playa Negra jusqu’à l’entrée du parc et ensuite jusqu’à la pointe Cahuita.

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Le sentier est en bord de mer mais ombragé.

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Deux petites rivières à traverser pour rejoindre la pointe.

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Beaucoup d’animaux, d’oiseaux et de reptiles habitent cette forêt.

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La baignade est sublime.

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Une très belle randonnée…

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Un soir, Maria nous fait cuire sur feu de bois du bon poisson frais du jour, apprêté à la Cahuita. Elle ajoute sur son feu une noix de coco que nous dégusterons au dessert. Un régal!

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Le lendemain, c’est sa soupe au bœuf qu’elle tient à partager avec nous.

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Dotée d’une belle énergie, Maria est sociable, rit de bon cœur et sait prendre le temps de s’amuser. Elle vit simplement et profite des opportunités que la vie lui présente. Avis aux hommes célibataires, Maria est à la recherche d’un bon parti pour partager les plaisirs de la vie!

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Au bout de la semaine, nous avons un peu de difficultés à quitter la chaleur de Maria, mais la route appelle encore et toujours notre cœur vagabond.

Pas très loin de Puerto Viejo se retrouve Manzanillo et le refuge Gandoca-Manzanillo. Manzanillo est carrément au bout de la route et tout proche des frontières Panaméennes.

La plage est blonde et bordée de palmiers.

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Le refuge Gandoca Manzanillo est intégré au village et il est possible d’accéder au sentier qui longe la plage à partir du village. Encore une fois, les paysages sont majestueux. Ils sont différents de ceux de Cahuita qui est pourtant tout proche.

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Alternant entre des points de vue donnant sur la mer et des sections couvertes, la végétation est dense et abondante. Nous avons la chance de voir dans les arbres de ce sentier un montón de toucans!

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Le chemin est par moments vallonneux et très boueux. Il faut faire attention pour ne pas glisser. Notre belle randonnée tourne court lorsque Mathieu s’enfonce les deux pieds dans la boue et y “perd” presque une sandale. Il tombe sur le derrière en essayant de sauver sa sandale. Il ne rit pas mais les enfants beaucoup. Venue l’aider à déloger sa sandale engloutie, je me retrouve dans la même position précaire que lui.

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On rebrousse chemin pour aller se rincer un peu. La baignade dans les eaux cristallines est la bienvenue. Et quel bel endroit!

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Dans les derniers mètres qui nous séparent de la fin du sentier, les enfants s’amusent à se pousser et Christophe finit par tomber dans une flaque de boue à son tour. Je lui suggère donc d’aller rincer ses vêtements dans la mer. Il s’avance sans regarder où il met les pieds et en ressort avec des pics pics dans les orteils! Les dommages sont superficiels heureusement et cela conclut notre randonnée.

Pour le moment, les plans sont de retourner du côté Pacifique afin de descendre vers le Panama. Nous espérons toutefois avoir la chance de revoir la famille de Guadeloupe rencontrée au Mexique, avant de retraverser.

Pura Vida!

***

Depuis notre départ, nous recevons des messages remplis de chaleur de votre part et nous nous sentons suivis et entourés.

Le fait que des membres de la famille élargie, que nous ne fréquentions pas nécessairement souvent nous écrivent nous aide à nous sentir proche de nos racines.

Le fait que des voyageurs rencontrés en cours de route pour une soirée ou deux se donnent la peine de nous saluer après plusieurs mois, nous remémore ces rencontres éphémères mais vraies qui touchent, inspirent et nous relient.

Le fait que mes amies continuent de partager leur quotidien, me confient leurs rêves, leurs peines et leurs aspirations est toujours un cadeau et un signe de leur amitié. Je suis une témoin privilégiée, à même d’observer et d’apprendre de leur vie tout autant que de la mienne.

Bien que les courriels ou le skype ne puissent remplacer la présence physique, cette communication virtuelle nous ouvre à d’autres dimensions de présence. Il est apaisant de réaliser que même séparés, nous pouvons être unis par la pensée et le cœur.

Ce voyage nous enseigne que le monde est petit. Nous nous sentons chez-nous sur cette terre d’Amérique. Grâce aux nouvelles rencontres bien sûr mais aussi parce que nous sommes supportés et suivis par vous via le monde virtuel. Chacun de vos messages est un encouragement, une accolade et un moteur pour la poursuite de notre route.

Osez ou continuez de nous écrire. Vos messages, courts ou longs, publics ou privés valent la peine et font une différence pour nous. Ce voyage, nous le faisons pour nous mais avec vous!

Merci!

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5 commentaires pour Cahuita-Manzanillo, saveur de paradis

  1. Rick dit :

    BAY LEAVES IN THE CUPBOARDS HELP REPEL COCKROCHES

  2. Den dit :

    Chère Pascale,
    J’apprécie ta façon de partager avec tous tes lecteurs, les bons moments vécus au Costa Rica et aussi les moins souhaitables:( »les indésirables »). Peut-être, à plusieurs, trouverez-vous le moyen de les chasser….
    Et que dire de ton humour, pour raconter la mini-aventure: (glissement dans la glaise). Il n’y a que Philippe qui devait s’amuser de la situation.!
    À travers tes récits, tes photos, tes réflexions, nous gardons le contact; grâce à internet, à skype, nous avons l’impression d’une présence. C’est ainsi que nous maintenons un lien vivant.
    Vous faites de belles rencontres qui font grandir. Profitez au maximum !

  3. AL. dit :

    Salut Pas.,
    Les commentaires de Denise résument bien ma pensée sur tout ce qu’elle t’a écrit aujourd’hui, et, sur tout ce que je ne t’écrit pas !!! …

  4. Ah les coquerelles vous êtes chanceux je suis plombier et je n’ai même pas eu la chance d’en voir encore….hihihi 😉
    Faites attention à vous autres
    Samedi c’est les régates de Gentilly course de citrouille organisé par Michel Beaudoin…hihihi 🙂
    Bonne semaine

  5. valdetival dit :

    Belle lecture du jour en attente de notre installation dans ce pays qu’on connait que pas le net !! A peut être un jour dans notre petit coin ou est prévu un coin campeur à roues … Bien à vous

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