Plein les yeux en Patagonie et Terre de Feu (la suite)

Nous poursuivons notre exploration de la Terre de Feu en compagnie de nos amis et y faisons de belles découvertes, notamment l’Estancia Harberton en Argentine et la colonie de manchots royaux dans le secteur de la Bahía Inútil au Chili. Après un petit séjour à Punta Arenas qui se termine par un accrochage bête avec un autre véhicule, des ennuis mécaniques viennent ensuite interrompre la conclusion de notre séjour au Chili.

Chili 2014-01-07 040

Après la courte nuit qui suit nos festivités de la veille du Nouvel an, notre groupe vote pour une sortie en plein air. Une petite randonnée au Cerro Martial est alors organisée. Le Cerro Martial est situé à quelques kilomètres d’Ushuaïa et offre une belle vue du Canal Beagle.

Argentine 2014-01-01 002

Malheureusement, ou plutôt comme il fallait s’y attendre, il fait froid, il neige, il vente. Les enfants se sont couchés tard et ils ont besoin d’encouragement pour compléter la randonnée. Un de mes garçons, que je ne nommerai pas, influence même négativement les autres en communiquant sa résistance au groupe.

Argentine 2014-01-01 005

Un peu exaspérées par les jérémiades, les mamans s’entendent pour faire escamoter les derniers mètres aux pauvres plaignards. Aussitôt dit, aussitôt fait, les enfants dévalent la pente avec joie, soudain envahis par une grande énergie libératrice!

Argentine 2014-01-01 012

Puisqu’il est encore trop tôt pour se séparer et qu’une seule direction générale est proposée pour la suite du parcours, nous voyagerons en tandem avec les Expédition5. Une première pour nous! Au début, nous sommes un peu inquiets de la conduite à adopter. Nous n’avons pas l’habitude de demander l’avis d’un autre équipage sur le rythme à tenir ou sur le choix de l’itinéraire. Évidemment, nous aurons tôt fait de constater que nos amis sont extrêmement flexibles, ouverts et disponibles à toutes nouvelles propositions!

Cette fois-ci, avant de quitter Ushuaïa -vaut mieux tard que jamais- nous prenons une photo à côté des portes de la ville.

Argentine 2014-01-02 001

Nous nous dirigeons sur la route “J” qui conduit à l’Estancia Harberton. Le vent incessant modifie l’allure des arbres, que l’on nomme alors “arbres drapeaux” en raison de la forme qu’ils adoptent.

Argentine 2014-01-02 007

Argentine 2014-01-02 010 Argentine 2014-01-02 016

La modification du terrain par les castors est également remarquable dans les environs.

Argentine 2014-01-02 020

L’Estancia Harberton est la plus historique de la Terre de Feu. Il s’agit de la première estancia argentine établie au sud du détroit de Magellan. Elle fut fondée en 1886 par le révérant Thomas Bridges qui devint le premier homme blanc à s’établir sur l’île.

Argentine 2014-01-02 026

L’Estancia Harberton se compose d’un assortiment ordonné de bâtiments blancs aux toîts rouges installés aux abords d’une baie.

Harberton est très scénique mais c’est avant tout son histoire qui est fascinante. La famille qui est derrière sa création et qui l’habite depuis plusieurs générations a joué un rôle impressionnant dans l’histoire de la région, comme nous le découvrirons lors de notre visite du lendemain.

Argentine 2014-01-02 028

En attendant, nous nous installons dans l’une des aires de camping de l’estancia.

Argentine 2014-01-02 033

Argentine 2014-01-02 031Argentine 2014-01-02 034

Il existe de nombreux livres et articles sur la famille Bridges et la Terre de Feu, mais le classique sur le sujet demeure Aux Confins de la Terre, rédigé en 1948 par  E. Lucas Bridges, le fils du fondateur. Ce livre relate les expériences de sa famille en Terre de Feu mais aussi l’impact de la colonisation européenne sur ​​les autochtones de la région.

Car en plus d’être un lieu où les scientifiques et les naufragés pouvaient obtenir de l’assistance, Harberton a été pendant de nombreuses années un sanctuaire ou un refuge pour les Yamanas (ou Yahgan), les Mannenkenk (ou Haush) et Selk’nam (ou Ona). Aussi, avec son occupation constante, Harberton a contribué à fortifier la présence argentine à l’extrême sud du continent.

Aujourd’hui, l’estancia, propriété de Tommy Goodall arrière-petit fils de Thomas Bridges, est une réserve naturelle privée et ses jardins abritent la quasi totalité des espèces végétales de l’île.

Argentine 2014-01-03 008

Thomas Bridges était un orphelin. Trouvé sous un pont quelque part en Angleterre, il est adopté par un missionnaire anglican avec qui il voyage jusqu’aux Iles Malouines lorsqu’il a 13 ans. C’est à cet endroit qu’il débute son apprentissage du Yahgan, la langue du peuple Yámana qui habitait la Terre de Feu et dont quelques sujets avaient été déportés aux Malouines. Durant toute sa vie, il poursuivra son étude de la langue et de la culture Yamana. Il publiera d’ailleurs un dictionnaire Yamana-Anglais.

Suite à plusieurs voyages en Terre de Feu, Bridges fonde une mission anglicane à Ushuaïa en 1870 et s’y établi de manière permanente avec son épouse et sa fille en 1871. En 1884, il reçoit la première expédition argentine en Terre de Feu qui crée une sous-préfecture à Ushuaïa. Deux ans plus tard, après trente ans de travail missionnaire entre les îles Malouines et Ushuaïa, Bridges reçoit la citoyenneté argentine et un don de terres du Congrès national argentin en reconnaissance pour son travail avec les indigènes et les naufragés de la région du Cap Horn. En 1886 il fonde Harberton, qui devient la première entreprise de production de la Terre de Feu. Les entreprises précédentes étaient des entreprises d’exploitation (chasse aux phoques et aux baleines et recherche d’or) car on croyait qu’une estancia en Terre de feu ne serait pas rentable. Pourtant, ce n’est qu’en 1996 que l’estancia a complètement cessé ses activités liées à la production de laine et s’est tournée vers le tourisme.

Argentine 2014-01-03 006

Durant notre visite, c’est donc des bribes de l’histoire intrigante de cette famille, d’hier et d’aujourd’hui que l’on nous raconte et comment les premières générations ont eu la chance de connaitre, communiquer et se rapprocher du cercle des Yamanas.

Le grand jardin et la maison principale qui abrite un salon de thé.

Argentine 2014-01-03 001

Argentine 2014-01-03 012

Le jardin adjacent à la demeure principale est de style anglais.

Argentine 2014-01-03 013

Argentine 2014-01-03 014

Dans la chaloupe, il est possible d’apercevoir les équerres de bois naturelles qui étaient utilisées dans la construction des embarcations.

Argentine 2014-01-03 016

Argentine 2014-01-03 057

Hangar de tonte et collections d’objets datant de l’époque de la vie active de l’estancia.

Argentine 2014-01-03 022

Ancienne machine à laver.

Argentine 2014-01-03 025

Argentine 2014-01-03 030

Cimetière familial.

Argentine 2014-01-03 046

Reconstruction de maisons Yamanas et vestiges de la vie domestique.

Argentine 2014-01-03 051Argentine 2014-01-03 047

Le beau temps et ce joli pré fleuri nous permettent un petit goûter à l’extérieur avant la poursuite de notre visite.

Argentine 2014-01-03 056

Nous terminons en après-midi par un passage au Muséo Acatushún. Il s’agit d’un musée/laboratoire qui étudie la biologie des mammifères marins et des oiseaux de la pointe sud de l’Amérique du Sud. Il présente les résultats des recherches scientifiques menées depuis plus de 35 ans par sa fondatrice, Natalie Goodall, la femme du propriétaire de Harberton.

Argentine 2014-01-03 062

Argentine 2014-01-03 061

Après Harberton, la route continue pour un autre 40 kilomètres de paysages uniques jusqu’à l’Estancia Moat.

Argentine 2014-01-03 090

Par David-Expedition5.com

Argentine 2014-01-03 095

Argentine 2014-01-03 100

Argentine 2014-01-03 104

La route se termine à un poste de garde naval. A moins de continuer à pied, nous avons atteint le point le plus extrême que l’on puisse atteindre en voiture en descendant vers le sud. Nous avons failli y passer un petit moment, puisque le Macc (le véhicule de la famille Expédition5) a eu un peu de mal à se retourner…heureusement, Orlane a bien manœuvré et évité l’embourbement de justesse!

Argentine 2014-01-03 108

Devant nous, la péninsule Mitre qui s’étend jusqu’au Cabot San Diego, l’ultime pointe de la Terre de Feu.

Argentine 2014-01-03 109

Nous passons la nuit près du pont Moat. Jules et Philippe lancent leur ligne à l’eau mais sans succès.

Argentine 2014-01-03 120

Au plus grand plaisir des enfants, nous faisons des échanges de passagers lorsque l’occasion s’y prête.

Argentine 2014-01-04 006

Aujourd’hui nous faisons le trajet dans l’autre sens.

Argentine 2014-01-04 008

Argentine 2014-01-04 014

Intéressés par l’idée de traverser à Puerto Williams au Chili, sise sur l’île Navarino, que nous apercevons de l’autre côté de la rive, nous roulons quelques kilomètres vers Puerto Almanza. Il ne s’agit toutefois que d’un petit village et nous ne poursuivons pas l’enquête très longtemps. Des bateaux partent toutefois d’Ushuaïa et de Punta Arenas pour ceux intéressés par cette traversée vers la ville la plus australe du monde.

Argentine 2014-01-04 029

Argentine 2014-01-04 030

Bivouac sur le bord du majestueux Lago Fagnano à Tolhuin.

Argentine 2014-01-04 039

Ici aussi le vent souffle continuellement.

Argentine 2014-01-04 042

Au programme aujourd’hui, un petit détour au Cabo San Pablo, via la route RC3.

2014-01-05 001

En route, nous passons quelques Estancias et des paysages de rêves.

2014-01-05 003

2014-01-05 005

Pour faciliter les communications lorsque nous sommes sur la route, David nous fournit un walkie talkie. Mathieu retourne au Macc pour changer les piles de notre unité.

2014-01-05 008

2014-01-05 014

A l’approche du Cabo San Pablo qui cache côté sud, l’épave du bateau Desdémona, resté coincé dans la baie lors d’une tempête au début des années 80.

2014-01-05 021

2014-01-05 027

A marée basse, il est possible de marcher jusqu’à l’épave.

2014-01-05 040

2014-01-05 046

2014-01-05 049

2014-01-05 064

2014-01-05 0562014-01-05 107

2014-01-05 066

2014-01-05 090

De retour sur la route nationale 3. À notre gauche, l’Estancia Viamonte qui offre le gîte et l’immersion dans la vie d’une grande ferme active. Elle a été établie par Lucas Bridges et est encore dirigée par ses descendants. Il en est d’ailleurs question dans son roman.

Chili-2014-01-06-004_thumb_thumb

Nous traversons de nouveau la frontière de San Sebastián. Mais cette fois-ci, au lieu de nous diriger vers le traversier de Punta Delgada, nous bifurquons vers l’ouest en direction de Porvenir car nous voulons prendre l’autre traversier, celui qui mène à Punta Arenas, en vue de terminer notre visite du Chili.

Avant de quitter la Terre de Feu de manière définitive, nous effectuons toutefois un dernier petit détour vers Onaisin et la Bahía Inútil.

C’est la quête d’un bivouac suffisamment spacieux pour deux véhicules qui nous conduit un peu plus loin qu’Onaisin, sur les terre de l’Estancia San Clemente. Nous ne savons pas quelle surprise nous attend…

Chili-2014-01-06-019_thumb_thumb

C’est lors d’une petite balade sur les terres de l’Estancia, en direction de la baie que nous voyons une inscription sur la clôture de la ferme indiquant que nous sommes sur les terres du Parque Pingüino Rey, que de nombreux voyageurs se font un devoir de visiter. Peu de temps après notre découverte, deux touristes accompagnées de leur guide nous confirment la présence de la colonie à seulement quelques kilomètres de notre emplacement.

Chili-2014-01-06-028_thumb_thumb

Même s’il est un peu tard, nous décidons d’aller voir ce qui en est. Un gardien nous confirme les heures d’ouvertures et le tarif d’entrée. Nous remettons donc notre visite au lendemain.

Chili-2014-01-06-031_thumb_thumb

Le jour suivant, nous voilà prêts pour aller voir les pingüinos rey ou manchots royaux, les deuxièmes plus grands de l’espèce après les manchots empereurs.

Chili-2014-01-07-006_thumb_thumb

Les manchots royaux ne sont normalement présents qu’en Antarctique, mais une colonie de manchots s’est installée dans la baie il y a quelques années et ils sont maintenant plus d’une centaine à fréquenter l’endroit de manière récurrente.

Des recherches archéologiques ont démontrées la présence d’ossements de manchots sur la côte, indiquant que jadis, les manchots royaux pouvaient être observés à différents endroits de la côte australe. Maintenant, c’est seulement à cet endroit précis de la Bahía Inútil qu’ils ont continué de se regrouper.

Bien que les manchots soient des oiseaux migrateurs qui quittent leurs zones de nidifications en quête de nourriture, les raisons derrière leur présence à cet endroit ne sont pas encore exactement connues.

20140107-IMG_4594_thumb

Chili 2014-01-07 033_thumb_thumb

Au début des années 90 ces manchots étaient capturés et vendus à l’étranger. Le nombre croissant de visiteurs et leurs attitudes parfois néfastes envers les manchots ont incité les propriétaires de la ferme à créer ce parc.

Chili-2014-01-07-008_thumb_thumb

Les manchots royaux ont un marquage éclatant et leur comportement est tout aussi fascinant. Certains d’entre eux sont debout et immobiles, d’autres dorment, étendus sur le ventre et les autres se lissent le pelage ou interagissent entre eux avec leurs becs.

Chili-2014-01-07-020_thumb_thumb

Certains sont en mue.

Chili-2014-01-07-061_thumb_thumb

Chili-2014-01-07-099_thumb_thumb

Chili-2014-01-07-072_thumb1_thumb

Alors que la majorité sont sur les herbages, un autre petit groupe est à l’orée de la baie. Certains circulent entre les deux zones, à notre plus grand bonheur.

Chili 2014-01-07 183_thumb_thumb

Chili-2014-01-07-123_thumb_thumb

Notre séance d’observation des manchots royaux s’est avérée une expérience magique. Le petit nombre de visiteurs, la proximité avec les oiseaux et la fait de pouvoir bien entendre leurs vocalisations particulières nous a énormément plus. Pour nous, l’expérience en valait le coup et aussi le coût (très élevé, mais bien moins qu’une croisière en Antarctique!).

Chili-2014-01-07-129_thumb4_thumb

Onaisin est aujourd’hui un petit village fantôme. Il fut construit autour des installations de l’Estancia Caleta Josefina, la première fondée par la société d’exploitation de la Terre de Feu en 1893. C’était un ranch de moutons et l’un des plus prospère.

Chili-2014-01-07-228_thumb_thumb

Non loin de là, le cimetière de l’estancia également nommé le cimetière anglais.

Chili 2014-01-07 215_thumb_thumbChili 2014-01-07 217_thumb_thumb

Sur la route de l’or qui mène à Porvenir. En chemin, des traces de la fièvre de l’or qui a eu lieu au début des années 1900.

Chili-2014-01-07-233_thumb_thumb

Et aussi des installations d’extraction artisanale encore à l’œuvre.

Chili-2014-01-07-235_thumb_thumb

Des voyageurs nous raconterons leur rencontre avec Toto, un vrai chercheur d’or de la vallée qui travaille de manière artisanale depuis 35 ans et qui partage sa passion avec tous ceux qui veulent en savoir plus.

Chili-2014-01-07-239_thumb_thumb

Au loin, la ville de Porvenir où nous passerons une journée en attente du traversier qui nous mènera vers Punta Arenas. Cette ville tranquille fut fondée en 1894 au moment de la fièvre de l’or.

Chili-2014-01-07-242_thumb_thumb

Après une traversée de 2h30 nous voici au débarcadère de Punta Arenas, qui deviendra notre lieu de campement pendant quelques soirs. Nous y retrouvons nos amis Bruno et Vally, (lesptitscurieux) qui y sont depuis plusieurs jours en attente de pièces pour réparer leur véhicule (pompe à diesel).

Nous en profitons aussi pour faire quelques tâches et emplettes usuelles. Par ailleurs, il existe à Punta Arenas, une zone franche offrant une grande quantité de marchandises (électroniques, produits automobiles, boissons, parfums…) On y retrouve beaucoup de magasins mais la plupart offrent des biens similaires et les prix ne nous apparaissent pas très compétitifs. De toutes façons, nous ne sommes pas très consommateurs et nous n’avons besoin de rien! Christophe se procure toutefois une paire d’écouteurs, ce qui dans son cas n’est pas un luxe mais une nécessité.

Chili-2014-01-09-001_thumb_thumb

Punta Arenas a déjà été un port prospère, lié à ses activités d’exportation de laine. La ville a connu un déclin à l’ouverture du canal de Panama mais elle demeure agréable à visiter. Toutefois, même si nous sommes en été, le mercure ne monte jamais au dessus de 15 degrés et le ciel est presque toujours gris. Même s’il y passablement de musées et sites d’intérêts, nous optons plutôt pour un bref survol…

Punta Arenas vue des hauteurs de la ville.

Chili 2014-01-09 008_thumb_thumb

Tout près du débarcadère, nous visitons l’humedal Tres puntes qui est fréquenté par plusieurs oiseaux. Toutefois, l’endroit est pollué…

Chili-2014-01-10-001_thumb_thumb

Chili 2014-01-10 009_thumb_thumb[1]Chili 2014-01-10 017_thumb_thumb[1]

Le bord de mer ou  la costanera est aménagé sur toute sa longueur.

Chili-2014-01-10-022_thumb_thumb

Chili-2014-01-10-032_thumb_thumb

La ville compte plusieurs endroits pour s’adonner aux activités extérieures.

Chili-2014-01-10-037_thumb1_thumb

Chili-2014-01-10-046_thumb_thumb

Façade du Museo de Historia Regional Braun Menendez et statue de Magellan sur la Plaza Munoz Gamero.

Chili-2014-01-10-053_thumb_thumbChili-2014-01-10-055_thumb_thumb

Même si nous nous étions séparés pour la journée, nous avons tôt fait de repérer nos potes français.

Chili-2014-01-10-057_thumb_thumb

Silhouettes d’indiens Selknam aux corps peints, comme c’était le cas lors de cérémonies soulignant le passage des jeunes hommes à la vie adulte. L’histoire, la culture et les rites des peuples indigènes de la Terre de Feu et de la Patagonie sont peu représentés ou expliqués. En tous cas, c’est ce que nous remarquons. Nous devons faire des “recherches” pour en savoir plus.

Chili-2014-01-10-059_thumb_thumb

Lors d’une pause près d’un parc de jeux en bord de mer, une équipe de télévision interroge David. J’ai tôt fait d’immortaliser ce moment en rigolant.

Chili-2014-01-10-061_thumb_thumb

David ne se laisse pas faire et insiste auprès de l’équipe pour qu’ils m’interviewent à mon tour…

20140110-P1080182_thumb

20140110-P1080184_thumb

Le Macc, le véhicule des Expedition5 est en vente car la famille rentre en France dans quelques semaines avant de poursuivre leur voyage vers l’Asie. Une affiche bien visible dans la fenêtre de leur véhicule leur attire plusieurs demandes d’informations. C’est lors d’une telle occasion qu’ils font connaissance avec Erwin et Yaneth, un couple de Punta Arenas. Ils sont d’ailleurs invités à aller prendre un repas chez-eux le vendredi soir. Le lendemain matin, le couple les invite de nouveau, cette foi-ci pour visiter leur maison de campagne située à quelques kilomètres de la ville. Nous sommes également invités pour l’occasion et c’est en groupe que nous nous rendons à la campagne.

Chili-2014-01-11-001_thumb_thumb

Erwin s’intéresse beaucoup aux énergies alternatives et a fabriqué lui-même une éolienne. Il améliore son concept et compte en fabriquer d’autres. Erwin et Yaneth sont les parents de deux garçons de 14 et 21 ans et rêvent de pouvoir voyager comme nous le faisons avec un véhicule récréatif. Dans les dernières années, ils ont complété la construction de leur maison à Punta Arenas. Tout comme David et Orlane ont eu la chance de le faire la veille, Erwin et Yaneth nous invitent à passer visiter leur chaleureuse demeure.

Chili-2014-01-11-004_thumb_thumb

Les trois véhicules repartent donc, à la queue leu leu vers le centre-ville. A mi chemin, Erwin qui est à bord du Macc, réalise qu’il a oublié de rapporter la clé du chalet à son frère qui habite tout près. Un détour est alors annoncé au micro. Bruno et Vally ainsi que nous qui suivons derrière, choisissons plutôt d’attendre sur le coin de la rue au lieu de les suivre dans le quartier résidentiel.

Au moment où Mathieu fait marche arrière pour se stationner le long du trottoir, un bruit métallique sourd se fait entendre. Notre Anguille a reculé sur une petite voiture qui suivait derrière mais qui n’était pas visible des rétroviseurs… Merde.

Chili-2014-01-11-014_thumb_thumb

Les dégâts sont impressionnants pour un impact à si basse vitesse. Nous effectuons les démarches d’usage (constat au poste de police, visite d’un atelier de réparations). Pendant tout ce temps, Erwin et Yaneth que nous connaissons seulement depuis quelques heures insistent pour nous accompagner en cas de besoin. Les enfants eux, déménagent chez David et Orlane.

Nous sommes samedi et n’arrivons pas à joindre notre assureur. Le couple de la petite voiture est impatient et craint que nous quittions la ville sans les dédommager. Nous tentons de les rassurer et de leur communiquer notre bonne foi: nous ne quitterons pas Punta Arenas avant la conclusion satisfaisante de l’affaire.

Ce n’est que le lundi suivant, après une journée entière passée au téléphone et devant l’écran que nous parviendrons à régler le dossier et à obtenir la confirmation que notre assurance remboursera directement les dommages au couple impliqué. Quel soulagement et aussi une bonne situation d’apprentissage pour nous.

Chili-2014-01-11-023_thumb_thumb

Je me souviendrai probablement longtemps de ce lundi puisque c’était aussi mon 40e anniversaire de naissance! Le matin, Orlane avait pris soin de coller plusieurs “Bonne Fête!” sur notre véhicule avant que nous partions pour régler notre dossier d’assurances et en soirée, elle se charge du repas, ce qui est une belle attention après la longue journée que nous venons de passer.

Chili-2014-01-13-003_thumb_thumb

J’ai même droit à un super cadeau de la part de la famille Expédition5 : un trépied!

20140113-P1080205_thumb[1]

20140113-IMG_4809_thumb

Cette soirée nous fait agréablement oublier les déboires des derniers jours. Merci Orlane, David, Mathéo, Jules et Clément pour ces moments inoubliables passés en votre compagnie!

20140113-IMG_4811_thumb

Le lendemain, fini Punta Arenas, nous pouvons poursuivre notre route! Comme j’aime le faire, je propose un petit détour vers Villa Rio Verde avant de rejoindre Puerto Natales. Devant nous, le Seno Otway.

Chilie-2014-01-14-002_thumb

Chilie-2014-01-14-008_thumb

Nous hésitons quelques instants avant de monter à bord de ce traversier qui pourrait nous amener sur l’isla Riesco. Finalement, le vent et le tarif demandé font pencher la balance du côté du non.

Chilie-2014-01-14-010_thumb

Des moutons près d’un mirador en bordure du Seno Skyring.

Chilie-2014-01-14-017_thumb

La force du vent est incroyable!

Chilie-2014-01-14-023_thumb

20140114-IMG_4832_thumb

Chilie-2014-01-14-029_thumb

Chilie-2014-01-14-030_thumb

Après un petit moment passé à admirer ces paysages uniques, on convient de retourner vers la route principale 9 afin de trouver un abri pour la nuit aux environs de Villa Tehuelches.

Chilie-2014-01-14-043_thumb

20140114-IMG_4822_thumb

C’est à cet endroit même au moment du départ, après un bref arrêt suite à une pause quelconque, que notre moteur se met à vibrer et qu’une épaisse fumée blanche sort de notre échappement. Mathieu coupe le moteur promptement. Avec ces symptômes peu rassurants, on se doute bien que le problème est sérieux.

Chilie-2014-01-14-045_thumb

On choisit de ne pas repartir le moteur et le Macc nous tracte jusqu’au village de Tehuelches, qui par chance, n’est qu’à 5 km de là.  Au cours de l’opération, la sangle se coince sous une attache du réservoir à eau de David et cette dernière cède sous la tension…oups!

20140114-P1080213_thumb

A Villa Tehuelches, les rues sont étroites et nous n’arrivons pas à figurer comment positionner le véhicule sans bloquer le flot de circulation. Nous optons finalement pour rester dans un grand stationnement pour camions en bordure de route. L’endroit est en plein vent mais nous n’avons pas le choix.

Mathieu se met tout de suite au travail et défait l’intérieur d’une aile pour avoir un meilleur accès au moteur mais le vent est intransigeant. Le sable lui gifle la peau, il fait très froid et tout risque de s’envoler.

20140114-P1080220_thumb

En soirée, nous visitons les carabineros qui nous aident à organiser un remorquage vers Punta Arenas, située à 100 km de là.  Au milieu de la matinée, la plate-forme arrive et les manœuvres d’embarquement débutent. C’est extrêmement angoissant. Il s’agit de la plus grosse plate-forme du coin et notre véhicule semble plus gros que la remorque elle-même.

Chili-2014-01-15-001_thumb

20140115-P1080226_thumb[1]

Ça ne passe pas de ce côté, il faut enlever les pattes arrières. De plus, les roues doubles arrières s’insèrent difficilement entre les guides de la plate-forme…

Chili-2014-01-15-003_thumb

Chili 2014-01-15 004_thumb

On attache le tout et on se croise les doigts!

20140115-P1080233_thumb[1]

Chili-2014-01-15-007_thumb

Mathieu monte dans la remorqueuse. David et Orlane me ramènent avec les enfants vers Punta Arenas…A cette étape-ci, nous n’avons aucune idée de l’endroit où nous ferons descendre notre véhicule. Nous n’avons pas d’adresse d’atelier diésel.

Chili-2014-01-15-010_thumb

Le transport de l’Anguille se déroulera heureusement sans anicroche.

20140115-P1080241_thumb

Les enfants, de toute apparence, ne ressentent pas la tension et continuent leurs activités normalement.

Chili 2014-01-15 013_thumb[1]

Chili 2014-01-15 008_thumb

Arrivés à Punta Arenas, nous trouvons les premières heures éprouvantes. Pablo, le propriétaire de la remorqueuse, communique avec tous ses contacts et il s’avère qu’aucun d’entre eux n’à le temps, l’espace, l’expertise ou le désir de s’investir dans la réparation d’un moteur diésel. Nous devenons de plus en plus inquiets et désemparés à mesure que le temps passe.

Pendant ce temps, David a la possibilité de faire réparer son attache par un soudeur. Aussi, un jeune mécanicien équipé d’un outil électronique de lecture des codes moteurs vient faire son tour. Le résultat de l’analyse indique qu’il n’y a pas de code moteur. Le problème est nécessairement mécanique, donc grave. Le jeune mécanicien nous offre même de nous acheter le camion! Comme c’est rassurant.

A ce moment, des scénarios pessimistes nous envahissent…

Chili 2014-01-15 014_thumb

Pablo nous déniche une échelle, ce qui nous permet d’accéder au campeur qui se retrouve haut dans les air! Pablo se veut aidant et nous assure que nous pourrons rester dans son patio jusqu’à ce que nous trouvions un atelier de réparations…

Chili 2014-01-15 016_thumb 20140115-P1080243_thumb[1]

Finalement, en fin de journée, Pablo reçoit un retour d’appel de son collègue Alejandro qui a un atelier à quelques kilomètres d’ici. Il accepte de nous recevoir dans son garage. Il a déjà aidé d’autres voyageurs par le passé. Nous nous rendons sur place pour évaluer la hauteur de son atelier et le rencontrer. Il est convenu qu’il viendra nous chercher le lendemain.

Sachant que nous aurons un lieu pour investiguer notre problème, nous nous détendons un peu et passons une meilleure nuit. Pablo rentre la remorque dans sa cour et invite nos amis à en faire de même. Nous dormons juchés sur la plate-forme.

Chili-2014-01-16-001_thumb

Petits jeux de ballons dans le garage de Pablo.

Chili-2014-01-16-003_thumb

Il faut bien redescendre la bête de son promontoire. Une autre opération délicate.

Chili-2014-01-16-004_thumb

Chili-2014-01-16-006_thumb

Chili-2014-01-16-008_thumb

En attendant le remorquage à notre nouveau domicile, Mathieu continue de chercher ce que pourrait être la source de notre problème. Il découvre un raccord d’injecteur brisé. Alejandro lui en machine un immédiatement à notre arrivée mais cela ne règlera rien. De mon côté je fais des recherches internet pour essayer de pister Mathieu. Je dois écrire les mots clés sur un papier car la mécanique ce n’est vraiment pas mon domaine, mais au moins, je me sens utile!

Chili-2014-01-16-017_thumb

Chili 2014-01-16 014_thumb[2] Chili 2014-01-16 019_thumb[1]

L’atelier d’Alejandro est plein et il n’y a pas de place pour notre camion. Nous passerons deux jours sur le trottoir en attendant qu’une place se libère. Pendant ce temps, le travail d’analyse se poursuit sur notre moteur. 4 injecteurs seront sortis et analysés au banc d’essai. Résultat: ils ne sont pas en cause.

Chili-2014-01-16-021_thumb

La famille Expedition5 est encore avec nous et vient nous visiter tous les jours. Elle nous amène, les enfants et moi voir une compétition de BMX, histoire de nous changer un peu les idées.

Chili-2014-01-18-006_thumb

Chili-2014-01-18-008_thumb

Chili 2014-01-18 012_thumb[1] Chili 2014-01-18 017_thumb

L’entrés du Bigfoot dans le garage ne sera pas une mince affaire. Le véhicule doit être tiré évidemment et les pneus dégonflés car il manque quelques centimètres.

Chili 2014-01-19 006_thumb

Les jours suivants, Mathieu passera plusieurs heures afin de dégager l’accès à la culasse qu’il faudra retirer pour poursuivre l’analyse.

Chili-2014-01-19-005_thumb

Chili-2014-01-19-009_thumb

Chili-2014-01-19-015_thumb

Enfin, le bobo est trouvé: un guide de soupape d’échappement a rendu l’âme…et d’autres sont en état précaire.

Nous découvrons que ce moteur avait déjà été réparé par le passé. Après plusieurs recherches et réflexions, nous décidons de tenter une réparation locale. Nous commandons quand même certaines pièces des États-Unis pour faire la réinstallation de la tête selon les règles de l’art. Ces pièces n’étant pas disponibles ici.

Chili 2014-01-19 017_thumb

Nos amis David, Orlane, Mathéo, Jules et Clément doivent maintenant poursuivre leur route. Nous nous quittons avec émotions. Nous avons partagé avec cette famille des moments hors de l’ordinaire et d’innombrables séances de rire. Il nous ont permis de connaitre le plaisir de voyager en tandem. Ils ont fait preuve d’une patience et d’une disponibilité exemplaires alors qu’ils nous ont accompagné dans des moments moins drôles du voyage. Sans compter, ils nous ont offert leur soutien technique et moral. Merci pour tout ça. Nous savons que nous nous reverrons un jour. Où et quand, seul Dieu le sait!

20140119-IMG_5010_thumb[8]

Après leur départ, nous nous créons une petite vie à l’intérieur de notre garage. Nous avons accès à une douche et une toilette, ainsi qu’à l’internet. Quoi demander de plus? Alors que Mathieu sort “travailler” tous les jours sur le camion, les enfants et moi abusons de la connexion internet. C’est un pur régal après des années de disette.

A l’occasion, les enfants utilisent le petit appartement au dessus du garage pour faire quelques jeux et pirouettes. De mon côté je cuisine beaucoup et fais un peu de ménage. Le temps passe vite finalement et nous ne nous ennuyons pas. Nous sommes au chaud et en sécurité dans notre petite maison.

Chili-2014-01-22-006_thumb

Mathieu révise le camion en profondeur, fait un peu de peinture et d’entretien.

Chili 2014-01-22 008_thumb Chili 2014-01-22 010_thumb

Nous sommes à quelques pas du Mirador Cerro de la Cruz. L’accès au centre-ville est très rapide et facile.

Chili-2014-01-23-008_thumb

Christophe adore ses écouteurs qu’il porte fièrement lors de ses sorties en ville.

Chili-2014-01-23-012_thumb

Chili-2014-01-23-014_thumb

Chili-2014-01-23-017_thumb

Chili 2014-01-23 020_thumb Chili 2014-01-23 021_thumb

Chili-2014-01-23-025_thumb

Un bateau de croisière est en ville et cela paraît. C’est très animé et tous les kiosques de la plaza sont ouverts.

Chili-2014-01-23-029_thumb

Chili 2014-01-23 032_thumb[2]

Chili-2014-01-23-035_thumb

En plus de faire venir des pièces liées à notre problème immédiat, nous joignons à l’envoi d’autres pièces utiles. C’est mon père qui reçoit les différentes boites à partir de sa maison de Floride et qui se charge de regrouper l’envoi avant de nous faire parvenir le tout au Chili. Mon papa suit notre dossier de près et surveille la progression de la livraison autant que moi. Cette situation nous donnera l’occasion d’échanger de nombreux courriels et de nous amuser grâce à Skype. Merci cher Al, t’es vraiment super!

Chili-2014-01-28-005-2_thumb

Après avoir été inspirés par la vision de plusieurs cadenas attachés sur la rambarde du mirador, la folie du lock picking s’empare des enfants. Philippe arpente les rues à la recherche de trombones (il en trouvera plusieurs) et ensuite, ils passeront de nombreuses heures à tenter d’ouvrir des portes ou des cadenas avec différents outils. Christophe s’inspire de vidéos sur Youtube alors que Philippe adopte une technique plus hands on.

Chili-2014-01-28-013_thumb

Chili-2014-01-28-018_thumb

Lavage et cirage de l’Anguille.

Chili-2014-01-28-022_thumb

Nous recevons la visite de Vally et Bruno qui sont de retour à Punta Arenas après leur séjour à Ushuaïa. Alors qu’ils sont en ville pour quelques jours, en attente d’une nouvelle pièce pour leur camionnette (roulement avant), ils viennent nous présenter leurs amis Gaby et Tony du Luxembourg qui habitent maintenant le Paraguay et qui visitent l’Amérique du Sud en camion. On s’improvise une petite terrasse dans le garage.

Durant la semaine qui suivra, Bruno et Vally viendront nous rendre visite régulièrement. Ils sont très bien placés pour comprendre notre situation, l’ayant eux aussi vécue durant le temps des Fêtes, alors qu’ils auraient voulu être avec nous à Ushuaia…Nous passons de bons moments avec eux et le temps file ainsi plus rapidement. Merci à vous deux pour votre soutien attentionné.

058_thumb

Près de trois semaines se sont maintenant écoulées depuis notre panne, dont deux passées à l’intérieur de l’atelier d’Alejandro. Notre tête est revenue du machineur, nos amis Bruno et Vally sont repartis de leur côté et notre colis de pièces tarde un peu à rentrer…il devrait vraisemblablement arriver d’une journée à l’autre.

Chili 2014-02-01 005_thumb[2]Chili 2014-02-01 006_thumb[2]

Chili 2014-01-30 003_thumb[3]Chili 2014-02-02 060_thumb[1]

Il ne reste plus qu’à se croiser les doigts et espérer que lorsque tout sera remis en place, cette réparation solutionnera notre problème moteur et que nous pourrons très bientôt reprendre le large!

Publicités
Cet article, publié dans 2013-2015, Argentine, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Plein les yeux en Patagonie et Terre de Feu (la suite)

  1. Clodio dit :

    Si Dieu existe et qu’il aime comme on vous aime …des amis que vous avez côtoyés et qui vous ont aidés et encouragés méritent tout mon respect. Merci Expédition5 + Bruno et Vally de la part d’un vieux père a court de ressource …
    Toutefois, mon ami Al devient le  » St-Bernard  » de la Pièce pour des enfants que l’on adore, même un Docteur non pratiquant devient mauditement opérant…. Bravo Al !
    Vous me comprendrez d’avoir une pensée toute particulière a mon amour inconditionnel depuis 40 ans…. Mathieu, tu as tôt fait d’être responsable et ça continue… GOOD LUCK !!
    Pascale, avec tous tes talents, photographe, narratrice et maman, tu deviendras sous peu une référence en mécanique, qui pourrait dire mieux…

  2. AL. dit :

    Même si vous avez eu des ennuis mécaniques, on voit bien que  » vous avez conservé le cap  », et , on ne s’ennuie pas à lire ton blogue …

  3. Lâchez-pas!!! Encore une fois!!!
    Moi j’avais juste mon vélo à m’occuper et j’en avais pleins les culottes!!!
    Mathieu tu devrais maintenant acheter 4 vieux vélos au cas où…. hihihi
    et bonne fête madame
    Go north

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s