El Gran Chaco, secret de l’Argentine

Oui il est encore possible d’errer hors des sentiers battus en Argentine! Alors que nous n’aurions jamais imaginé se sentir “pionniers” en ce pays, nous avons eu la surprise d’être accueillis avec curiosité et chaleur dans des localités ne recevant que très peu de visiteurs étrangers. Ce parcours non conventionnel dans les provinces de Formosa et du Chaco nous récompense par la découverte d’un milieu naturel précieux mais menacé et par des rencontres inespérées.

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Cette visite du Grand Chaco Argentin a été réalisée en juin. Notre arrivée à Buenos Aires ayant bouleversé notre rythme habituel, cela a retardé la livraison de mes billets mensuels. Aussi, après avoir quitté la capitale, je ne me suis pas non plus mise au clavier illico, comme je me l’étais promis… Je voulais terminer la lecture d’un livre extraordinaire qui m’avait été recommandé par un ami rencontré dans le Chaco et que j’ai pu me procurer dans une librairie de Buenos Aires. Il raconte le fabuleux périple d’un couple argentin qui a parcouru les Amériques à bord d’une voiture antique pendant 3 ans et demi, inspirant les gens rencontrés à les soutenir dans cette aventure mais surtout à poursuivre leurs propres rêves. Le couple qui a maintenant 4 enfants continue de voyager à travers le monde avec le même véhicule!

A Diamante, Entre Rios. Après la lecture d'Atrapa tu Sueño

Maintenant que j’en ai terminé la lecture, je n’ai plus d’excuse. Alors voici sans plus tarder le récit de notre mois de juin argentin.

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Pour faire le pont avec la dernière fois, je vous rappelle que nous étions au sud de San Salvador de Jujuy et sur le point d’entamer le chemin qui nous conduirait vers Buenos Aires.

Puisque notre plaisir réside dans la découverte de nouveaux horizons et le fait de “voir du pays”, notre itinéraire nous fera traverser les provinces de Formosa et du Chaco. Nous n’avons pas de grandes attentes au départ puisque les informations recueillies sur ce secteur sont menues et nos guides de voyage, à par quelques notes sur les villes principales (Formosa, Resistencia, Reconquista) qui se situent plus à l’est le long des rivières Paraguay et Paraná, demeurent décevants. Ces provinces sont peu développées sur le plan touristique puisqu’une grande partie du territoire est inaccessible en raison du mauvais réseau routier et du manque de transport en commun. Étant donné que nous ne sommes pas en saison des pluies nous tentons notre chance dans l’exploration de cette région méconnue.

Ce nouveau segment de voyage, aussitôt débuté, est rapidement interrompu par une grève des chauffeurs de remis, genre de taxis, de la ville de Perico. Les protestataires bloquent tous les accès hors de la ville et nous voilà pris au piège et offusqués de l’être. Nos tentatives de sortie – invoquer notre statut de “touristes” auprès de la police et demander aux locaux une voie de sortie alternative- s’avèrent infructueuses.

Au bout de quelques heures, nous voilà de nouveau sur les routes et en mesure d’atteindre notre objectif pour la nuit, le Parque Nacional Calilegua.

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Pour rejoindre ce parc, nous passons dans un secteur doté de grandes réserves d’eau et propice à la culture de la cane à sucre. A titre d’exemple, la ville de Libertador General San Martin possède un gigantesque centre industriel qui produit 20% du sucre et 40% du papier fabriqué au pays.

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A l’image de plusieurs zones protégées de l’Argentine, ce parc de Yungas ou de forêts nuageuses, qui est le refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux et d’animaux, est situé sur des territoires ancestraux qui sont encore habités. Le fait qu’un corridor à même le parc –celui qui contient les sentiers de randonnée- soit si près de la vie humaine et qu’une route le traverse font en sorte qu’il est plus difficile de se sentir dans un lieu d’exception. Malgré tout, nous apprécions l’environnement semi tropical et le fait de se retrouver dans la verdure, après des semaines passées dans des lieux désertiques.

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Nous réalisons la plupart des sentiers de la première section du parc, le secteur Aguas Negras, car tous reliés entre eux et de faible difficulté.

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La région des Yungas dans laquelle se retrouve le Parc Calilegua mériterait qu’on s’y attarde pour quelques jours encore mais le temps incertain nous incite à poursuivre notre route. L’accès aux autres secteurs du parc se fait via une route de sable étroite et escarpée et nous préférons nous abstenir.

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Bien sûr, nous ne pouvons résister à une petite pause régénératrice dans des eaux thermales croisées en chemin, à Caimancito près de la rivière San Francisco. Il s’agit d’installations privées avec des bains individuels et trois piscines, dont l’une de grandeur semi olympique, car le propriétaire est un ancien champion de natation.

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Le site est aménagé pour recevoir de nombreuses personnes mais nous l’avons pour nous seuls.

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Un petit ruisseau en bordure du terrain est le refuge d’une maman caïman et de son petit que les employés du site nourrissent à tous les jours…

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Nous nous dirigeons maintenant vers la province de Formosa. Des champs de cultures variées nous entourent: cane à sucre, bananes, coton et agrumes, comme en fait foi ce petit kiosque.

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Ensuite, tout devient très sec. Le sable remplace la terre riche et les arbres laissent place aux arbustes épineux. Nous voilà dans la zone du Chaco, aussi surnommé El Impenetrable, en raison des conditions arides et inhospitalières qui semblent seulement avoir été surmontées par les populations indigènes qui y sont très diverses et nombreuses.

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La dénomination Grand Chaco fait référence à une zone environnementale et géographique. Il s’agit de basses terres qui recouvrent le nord de l’Argentine, la moitié du Paraguay, l’est de la Bolivie et une petite partie du Brésil.

La route 81, rectiligne nous conduit à notre bivouac du soir, le village de Ingeniero Guillermo N. Juarez.

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Ce petit village ne paie pas de mine. Les rues sont en sable, les gens circulent à moto et les petits commerces ont à peine ce qu’il faut pour renflouer nos coffres.

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On se sent un peu dépaysés dans cette petite bourgade et par prudence, nous nous informons auprès de la police locale avant de s’installer pour la nuit. N’ayant pas l’habitude de ce genre de demande les officiers ne savent pas où nous diriger. Finalement, on se fie à notre instinct et on dort sur ce petit terrain vacant, non loin du poste de police.

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Notre arrêt dans ce petit village est lié à notre désir de connaitre l’état de la route qui mène à la Réserve Nationale Formosa. Malheureusement, c’est la fin de semaine et le bureau du parc est fermé. Ni la police, ni les locaux ne sont en mesure de nous renseigner puisqu’ils ne connaissent pas l’endroit, situé à 60 km de la ville.

On a envie d’y aller mais Mathieu hésite car le chemin est en sable et possiblement en mauvais état. On se donne une dizaine de kilomètres afin d’évaluer la situation et nous poursuivrons jusqu’à destination. Nous croisons très peu de véhicules: une ou deux voitures et quelques motos.

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Le long de la route, de petits sentiers étroits laissent deviner la présence humaine et l’existence d’habitations sommaires. Par moments, les terrains sont clôturés et un portail indique la présence d’une vaste estancia.

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Nous persévérons sur ce chemin mal entretenu avec des pointes de 40 km/h dans les plus belles sections.

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La vue de l’enseigne indiquant que nous avons atteint notre objectif nous rassure! La Reserva Natural Formosa existe et est ouverte aux visiteurs.

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A partir des limites du parc, il reste une dizaine de kilomètres à parcourir pour rejoindre le camping et les installations des gardes-parc.

Nous apprendrons que huit familles de la communauté Wichi habitent à l’intérieur des limites du parc et plusieurs autres autour de la réserve. Il y a d’ailleurs une école à l’intérieur de la réserve. Ces familles qui vivent de manière très rudimentaire possèdent quelques animaux –vaches, chèvres, moutons, cochons- lesquels se nourrissent à même leur environnement ce qui constitue un défi pour la protection et la conservation du milieu naturel puisque les sols piétinés par les animaux se renouvèlent difficilement.

Effectivement, lors de la visite de cette réserve naturelle, nous serons étonnés, voir agacés par la présence des vaches sur les sentiers. Toutefois, cet état de fait nous rappelle les enjeux derrière la mise en place de lieux naturels protégés; protection des ressources qui doit se faire dans le respect des gens qui y habitent.

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Puisqu’il s’agit d’un milieu très isolé, les gardes-parc en fonction ont une assignation minimum de 2 ans à cet endroit et leur travail de conservation inclut la mise en place de projets de développement durable avec la communauté Wichi. La réserve Formosa protège entre autres espèces l’arbre Palo Santo, qui en raison des propriétés exceptionnelles de son bois a été quasiment décimé dans tout le territoire.

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Le parc est très peu achalandé et la plupart des touristes sont des étrangers. Nous sommes accueillis chaleureusement par la garde-parc en fonction, qui partage son assignation avec un garde-parc militaire.

La première journée, nous parcourons les deux sentiers à proximité du camping et qui mènent à deux miradors.

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Le milieu de l’après-midi n’est pas la meilleure heure pour surprendre la vie animale mais tout autour de nous, des signes laissent deviner la présence de nombreux animaux (lièvre, tortue, tatous, fourmilier, puma, tapir).

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Les eaux rougeâtres de la rivière Bermejo.

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De l’autre côté de la rivière, où sont assis les deux hommes, c’est la province du Chaco.

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Nous avons un coup de cœur pour cette réserve qui nous surprend par ses paysages, sa tranquillité et son unicité.

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L’environnement du Chaco sec est très hostile. Les températures y sont très élevées en saison estivale et la pluie rare. Même si la plupart de la végétation possède ronces et épines, nous sommes émerveillés par ce décor que nous explorons avec attention.

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Les oiseaux sont nombreux et omniprésents et bien que nous n’ayons pas de succès à les identifier et encore moins à les photographier nous passons beaucoup de temps à les observer.

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Un garde-parc nous accompagne pour une randonnée le long des berges du Rio Bermejo qui sont inondées en saison.

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L’eau couvre toute la partie basse et une embarcation est alors utilisée pour parcourir ce même emplacement.

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Il arrive que des animaux se coincent les pattes dans les fissures, alors qu’ils se dirigent vers la rivière pour s’abreuver.

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Dans cette même section où apparaissent les empreintes de tapir, la déambulation n’est pas de tout repos! Nous avons bien failli y rester, jusqu’à ce que notre guide nous enseigne comment déplacer notre poids afin de ne pas trop nous enfoncer dans cette boue gluante!

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Empreintes d’un oso hormiguero ou fourmilier géant.

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Photos tirées d’un livre des deux types de fourmiliers qui habitent le parc car nous n’avons pas eu la chance de les apercevoir in vivo.

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Repères d’oiseaux, d’alligators et source d’eau pour les animaux du monte.

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Ce séjour dans la Reserva Natural Formosa nous enchante. Nous avons réellement senti la présence animalière, même s’il nous aurait fallu beaucoup plus de temps et de patience pour l’observer en direct. Nous apprenons peu à peu que devenir un vrai observateur de faune n’est pas une mince affaire. Il s’agit d’un travail de patience, de présence, d’attente, de connaissances et de synchronisation avec les rythmes de l’animal.

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Nous quittons la réserve à contrecœur mais la pluie fine qui se met à tomber nous fait craindre la dégradation de la route et nous jugeons qu’il vaut mieux retrouver le bitume.

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Nous laissons derrière un petit bijou pour rejoindre sans le savoir un autre lieu magnifique: le Bañado La Estrella. Ici aussi, nous avons pris le pari de nous y rendre sans savoir à quoi s’attendre, vu l’absence d’information. Heureusement l’accès est cette fois-ci très facile puisque la route est entièrement pavée.

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Cette route qui se rend presqu’aux frontières du Paraguay, sépare le Bañado en deux, chacune des sections attirant une faune particulière.

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Il n’y a aucune infrastructure touristique et il n’est pas aisé de se stationner, à part cet espace de repos diurne à l’une des extrémités.

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Le Bañado la Estrella est un territoire inondé qui s’est créé suite aux débordements successifs de la rivière Pilcomayo. Le microclimat généré par le milieu aquatique a permis la croissance d’une végétation caractéristique des milieux sous tropicaux humides. Les arbres sont enveloppés d’une dense végétation leur donnant des allures fantasmagoriques.

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En fin d’après-midi, des gens viennent pêcher à partir de la digue qui a été construite pour contrôler le niveau de l’eau. Plusieurs communautés indigènes qui étaient auparavant nomades et utilisaient les ressources piscicoles et naturelles de la région pour s’alimenter sont aujourd’hui établies à proximité du Bañado dans des conditions de grandes pauvreté. Faute de moyen de transport, ils ne sont pas en mesure de parcourir les 40 km qui les séparent du Bañado pour venir pêcher ou pour rapporter de grandes réserves de poissons à leur famille.

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Les couleurs sont magnifiques, les oiseaux foisonnent. Une activité constante règne dans cet environnement spectaculaire.

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Un seul arbre et un minimum de cinq oiseaux différents présents, pour notre plus grand plaisir d’ornithologues néophytes.

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Quelques pas plus loin, sur un vulgaire parapet de stationnement, d’autres oiseaux encore s’activent à l’orée du jour.

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De l’autre côté de la rue, des oiseaux géants utilisent les cimes d’arbres submergés ou des ilots de verdure pour faire leur nid ou leur repère du jour.

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Des alligators se réchauffent par centaine aux abords des zones humides alors que des vaches se rafraichissent et s’abreuvent à même cet immense réservoir.

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Ici aussi, il serait facile de passer plusieurs jours à contempler cette nature précieuse…

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Notre prochaine destination : Villa Rio Bermejito, après avoir roulé sur des routes bien droites et traversé quelques contrôles de l’armée, nous nous situons maintenant dans la province du Chaco.

Nous nous installons au camping municipal qui a sûrement connu de meilleurs jours mais qui nous ravis par sa proximité à un sentier qui longe la rivière jusqu’au centre de la ville.

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Ici aussi beaucoup d’oiseaux, dont le cardinal commun, l’un des plus aisé à reconnaitre grâce à sa magnifique crête rouge.

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La température est particulièrement clémente lors de notre séjour et nous nous empressons de porter des vêtements plus légers.

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Le village est pittoresque avec de nombreuses maisons de briques et celles au bord de la rivière semblent être des résidences d’été puisque plusieurs sont fermées à cette époque de l’année.

Philippe est heureux de croiser un affreux petit chien sans poil. Encore plus de déambuler avec un gros agrume dans les mains, pendant toute la randonnée, comme un bambin.

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Nous faisons ensuite un arrêt ravitaillement dans la ville de Castelli, où nous attirons beaucoup l’attention avec notre campeur et les gens sont nombreux à nous regarder avec de grands yeux, nous sourire ou nous interpeler.

Stimulés par nos récentes découvertes, nous souhaitons nous rendre dans deux autres réserves de la région de l’Impenetrable et nous tentons de connaître l’état de la route vers nos prochaines destinations.

Personne n’est en mesure de nous renseigner sur le sujet, mais nous recevons quelques bribes d’informations à l’effet qu’une grande finca du secteur, dont l’ancien propriétaire aurait été assassiné, serait sur le point d’être transformée en parc national et vaudrait la peine d’être visitée car reconnue pour la richesse de sa faune et sa végétation.

La police fait un appel afin de confirmer l’ouverture de la route et nous informe que la Finca la Fidelidad est sous surveillance et que l’accès en est interdit puisque les titres des terres sont encore en litige.

A Castelli nous ne tardons pas à faire connaissance avec Juan-Carlos et son fils David qui nous invitent à les rejoindre pour le souper, à la fermeture de leur commerce, une épicerie/boucherie. Nous nous retrouvons donc plus tard et la conversation va bon train puisque nous allons nous coucher passé 2 heures du matin, ce qui n’est pas dans nos habitudes! Nous discutons de notre projet d’aller visiter Fuerte Esperanza mais Juan Carlos nous le déconseille. Il a visité l’endroit il y 30 ans lors de l’inauguration de la ville et toute la zone lui semble sans intérêt. Il nous taquine gentiment par rapport à notre envie de nous aventurer dans un environnement aussi monotone.

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Nous dormons en face de la place centrale et le lendemain matin le petit marché du samedi est déjà bien installé et nous faisons l’objet de commentaires et bavardages divers, comme ceux de la dame qui me vend du miel et une tarte sucrée : “Ce véhicule n’est pas d’ici, nous n’avons  même pas vu ses occupants ce matin, ils doivent dormir, que venez-vous faire par ici, si loin? avez vous de la famille?”

A l’image de ces marchands, une grande partie de la population de Castelli est de descendance allemande, polonaise et russe. Leur physionomie est bien différente des argentins des dernières provinces visitées et de les entendre parler en espagnol nous étonne presque.

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Les motos sont omniprésentes à Castelli et lors du passage du feu rouge au vert, elles sont des dizaines à s’élancer sur la voie et à tenter de dépasser les véhicules à partir de la gauche et de la droite.

Les enfants tentant de capter le signal internet du meilleur resto de Castelli, le Club del Progreso.

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Le lendemain nous prenons la longue route vers le Parque provincial Loro Hablador. La piste est en sable et se fait relativement bien si l’on est d’attaque et que la poussière ne nous fait pas peur.

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Nous serons seuls durant tout notre séjour à la réserve du Loro Hablador.

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Nous profitons à plein de la tranquillité des lieux et des petits sentiers bien aménagés. La végétation est légèrement différente de celle de la réserve Formosa. Elle semble moins dense car probablement en récupération puisque ses grands arbres (Quebracho colorado santiagueño et blanco) ont jadis été coupés de manière excessive. L’existence de grandes estancias dans les alentours et de vaches errantes fait aussi partie de la réalité d’ici.

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Dans ce lieu extrêmement paisible et reculé, nous vivons un moment parfait autour du feu.

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Sans connaissance aucune et sans guide pour nous pointer dans la bonne direction nous croyons que les perroquets que nous entendons et voyons s’alimenter dans les arbres sont des loros Hablador, la raison d’être du parc. Toutefois, nous réalisons rapidement que leurs couleurs ne correspondent pas au dessin de celui de l’affiche à l’entrée du parc…me voilà bien déçue et décidée à en voir un.

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Un petit lézard qui avait trouvé refuge sous les cendres s’enfuit au moment de préparer notre asado.

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Les portes de deux grandes estancias croisées entre la Reserve Loro Hablador et le village de Fuerte Esperanza,

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La plupart des villages du Chaco et des provinces environnantes sont nés avec l’exploitation forestière qui a connu son apogée au début des années 1900. Et suite à cette déforestation, de grandes estancias pratiquant l’élevage de bovins se sont installées.

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Fuerte Esperanza, la plus récente localité argentine, fondée en 1978 à titre de poste de surveillance militaire et dans l’intention de peupler cette région éloignée. Effectivement, cela prend une forte espérance pour vouloir venir s’établir ici ou l’avoir perdue entièrement…

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Croisée des chemins peu révélatrice devant Fuerte Esperanza.

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A 3 km de l’entrée de la ville, le Parque Natural Provincial Fuerte Esperanza. Ce parc a été crée il y a 30 ans mais ne possède un garde-parc que depuis 3 ans. Il est en train de s’organiser peu à peu afin d’offrir de meilleures infrastructures d’accueil pour les touristes mais les routes d’accès sont inexistantes, tout comme la publicité et le budget…

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A cet endroit, la garde parc possède un très beau livre sur le Chaco et de le feuilleter me permet de mettre des noms sur ce que nous avons vu, d’apprécier de nouveau les beaux paysages croisés, de m’émerveiller de la richesse de cet écosystème… et de voir mon premier loro hablador.

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Ce parc, encore plus que le précédent, est très près de la ville et les animaux domestiques se promènent allègrement dans les sentiers, piétinant et décimant la végétation.

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Les insectes et les araignées ne font pas nécessairement partie de mon champ d’observation privilégié, mais lorsqu’ils sont à proximité je ne les néglige pas.

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Après la visite de ce parc, nous mettons le cap vers Mision Nueva Pompeya. Ayant dorénavant l’habitude des chemins de sable du secteur, nous optons pour une route parallèle à celle empruntée la première fois, ce qui nous permettra de réaliser une boucle pour rejoindre Castelli.

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Sur cette section. les bas cotés sont inondés et laissent pousser des tapis d’une verdure étincelante.

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Nueva Pompeya est une petite localité de l’Impenetrable qui fut fondée en 1903 par les Franciscains dans leur optique d’évangélisation des peuples indigènes. Une série de périodes de sècheresse intenses a entrainé l’abandon de cette mission par les Franciscains qui est aujourd’hui peuplée par 4000 habitants.

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Je fais la connaissance de Boni et l’une de ses filles.

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Beaucoup de jeunes gens de la zone de l’Impenetrable ont été recrutés pour combattre lors de la guerre des Malvines dans les années 80. La journée d’aujourd’hui est dédiée à honorer leur mémoire et aussi éduquer la population sur cet évènement historique qui a touché de nombreuses familles de la région.

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Comiquement, notre présence semble plus stimulante pour certains que la participation aux kiosques sur les Malvines… les garçons sont entourés par une foule de curieux. Enfants et professeurs viennent nous poser des questions.

La plupart des professeurs qui enseignent à Mision Nueva Pompeya viennent de l’extérieur. Le Wichi est la langue première jusqu’en 3e année et ensuite, le castellano prend le dessus pour les enfants indigènes.

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Ayant pris la route un peu tard, et notre vitesse de croisière plutôt lente, nous roulons que très peu en cette fin d’après-midi. Nous croisons une camionnette et ses occupants nous saluent, surpris de voir des étrangers dans les parages : Mathieu explique que nous cherchons un endroit pour dormir et que nous aimerions connaître l’emplacement de la Finca Fidelidad. Il se trouve que les passagers de la camionnette sont membres de l’ONG Banco de Bosque, qui travaille à la création du futur parc national!

Cette rencontre fortuite n’est en peut-être pas une car le lendemain, l’annonce officielle à l’effet que les terres de la Fidelidad, sous protection de l’état depuis 3 ans suite au décès du propriétaire, deviendraient officiellement un parc national doit être faite. A cet effet, la présence de touristes, qui seront les futurs clients de ce nouveau parc, ne peut qu’être bénéfique pour illustrer aux habitants du village les changements à venir dans leur village…Nous sommes donc fortement invités à participer à la réunion du lendemain au village de Nueva Poblacion dans lequel nous nous trouvons.

Nous ne savons pas vraiment de quoi il s’agit mais nous nous laissons porter par la tournure inattendue des évènements…

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Nous passons la soirée au campement et faisons la connaissance de l’équipe qui inclut des volontaires, biologistes, naturalistes et coordonnateur. Depuis plus d’un an l’équipe (soutenue financièrement et idéologiquement par le Conservation Land Trust (CLT) qui est derrière plusieurs projets de conservation de grande envergure au Chili et en Argentine), travaille avec les gens du village de manière à aider chaque famille à transformer son mode de vie en prévision de la création du parc (artisanat, hébergement, préparation repas).

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L’histoire derrière ce projet n’est pas simple à résumer :

Les terres de La Fidelidad représentent un immense territoire (50 km x 50 km), dont plus de la moitié se retrouve dans la province du Chaco. Probablement le plus grand territoire contigu du Chaco argentin et sa valeur naturelle est exceptionnelle, car sa forêt est quasi intacte et depuis des années les chasseurs et coupeurs de bois pénètrent illégalement dans cet immense territoire.

En 2011 alors que le propriétaire est en discussion pour la vente de ses terres avec différents partis, dont le gouvernement, il est assassiné. Différentes hypothèses circulent alors au sujet de sa mort (mafia, acheteurs potentiels des terres, intérêts liés à l’exploitation illégale de bois ou narcotrafic).

Suite au décès, le gouvernement va de l’avant avec la mise en place d’une loi d’expropriation dans le but de créer un parc et Banco de Bosque fait une campagne nationale de marketing pour sensibiliser la population au bien fondé de ce projet de conservation. Des entreprises, des individus et des multinationales contribuent financièrement au projet. Eventuellement, le gouvernement du Chaco accepte de céder les terres au fédéral pour fin de création du parc. Toutefois, la manifestation d’ héritiers potentiels complique le processus et le projet fera soulever différentes critiques, notamment au sujet de l’évaluation de la valeur des terres.

Et nous voilà sur les lieux, à la veille de la supposée passation des pouvoirs et le responsable du groupe est extrêmement fébrile. Pour reprendre ses mots : «  il s’agit d’un moment historique, car il s’agira du premier parc national créé à la demande des citoyens… »

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Le rio Bermejito qui délimite la ligne du sud de la propriété.

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Dans la petite salle où a lieu la rencontre communautaire avec le maire, seul un petit groupe de personnes est présent et la plupart d’entre eux sont encore des enfants. Après la réunion, nous échangeons avec quelques citoyens qui souhaitent visiter notre campeur. Nous les interrogeons sur leurs impressions et bien peu nous ont semblé dans le coup. Les gens sont inquiets, ne savent pas trop à quoi s’attendre mais ont espoir que leurs enfants bénéficieront un jour de la venue d’un parc national.

A quelques kilomètres de là, des Wichis vivent dans des maisons payées par l’état mais qui ne se mêlent pas à la population des criollos du village. Eux non plus n’étaient pas présents à la réunion.

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Alors que nous ne sommes que des observateurs anodins de ce projet sur le point de voir le jour, nous nous questionnons tout de même: Ce parc national améliorera-t-il la qualité de vie, les conditions de vie de la population? la légitimité des projets de conservation, aussi loués soient-ils dépend toujours à partir de quels angles nous analysons la situation. Doit-on sauvegarder la nature ou le style de vie d’une population? Qui bénéficie en bout de ligne de ces stratégies de conservation? Il est bien évident que nous n’avons pas les connaissances pour en juger, surtout que les acteurs sur le terrain sont dévoués et remplis de bonnes intentions mais nous sentons un malaise à l’intérieur de nous que nous n’arrivons pas à exprimer.

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En même temps a lieu l’installation de la télé gratuite dans le centre communautaire ainsi que l’inauguration de la biblio et du signal internet.

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Il semble qu’il n’y aurait jamais eu autant de véhicules rassemblés à Nueva Poblacion…Un petit groupe de gens venus organiser et améliorer la vie des autres…

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En après-midi, nous traversons la rivière qui délimite la pointe ouest de la Fidelidad avec la petite barque en compagnie de Jorge, le naturaliste. Le territoire de la finca étant immense, plusieurs habitants du coin ne se sont pas gênés pour amener leurs animaux pâturer sur ces terres. Avec la création du parc, cette pratique sera mieux contrôlée et interdite. Des mesures devront être prise pour encourager les habitants à développer d’autres pratiques ou sources de survivance. Nous rejoignons la propriété d’une famille qui vit depuis toujours à la limite de la finca. Déjà, le dialogue a été établi et des solutions monétaires proposées afin que le petit propriétaire ne soit plus tenté d’abattre le jaguar qui mange une de ses chèvres.

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Jorge travaille habituellement à la réserve Esteros del Ibera. Il est un naturaliste passionné et vendu aux principes de conservation avancés par Doug Tompkins pour qui il travaille. Nous avons avec lui une discussion intéressante sur la vie et les voyages. C’est lui qui me recommande de faire la lecture du livre Atrapa tu sueño, car en ce qui le concerne il s’était lancé dans une aventure à vélo avec sa copine après en avoir terminé la lecture.

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Pendant que le groupe est aux aguets, en attente de l’annonce officielle qui leur permettra de pénétrer à l’intérieur de la Fidelidad, nous restons au campement afin de faire un petit tour de kayaks. Nous sommes très intéressés par ce qui se passe mais nous voulons aussi découvrir ce milieu de vie exceptionnel!

Au final, ce ne sera seulement qu’une petite balade car nous n’avons pas d’expérience et le courant animé. Nous craignons de ne pas être en mesure de revenir facilement. Le plus amusant sera de nettoyer toute la boue accumulée sur nos souliers et vêtements lors de la descente très glissante vers les embarcations!

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Ensuite nous quittons Nueva Poblacion afin de nous rendre au deuxième campamento qui lui est localisé devant l’entrée officielle de la Fidelidad.

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A notre arrivée, nous comprenons que l’autorisation tant attendue n’est pas encore arrivée et certains membres de l’équipe de Banco de Bosque sont rentrés à Buenos Aires. Par contre, nous faisons connaissance avec d’autres membres du projet qui se sont déplacés pour l’entrée officielle, dont Sofia, la présidente de la fondation CLT pour l’Argentine, deux jeunes bénévoles et un photographe chargé de documenter la richesse de la Fidelidad (déjà plus de 270 espèces d’oiseaux identifiés, plus les oiseaux migratoires; loutre, tapir, oso hormiguero, puma, jaguar; 8 sortes de tatou, 3 félins, etc.).

Sur place également des gardes-parc des parcs nationaux et provinciaux chargés de la surveillance des terres. A chaque nuit, une équipe fait sa tournée et inévitablement des chasseurs sont surpris en train de chasser  illégalement.

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Avec le biologiste Roberto qui me donne quelques tuyaux au sujet du Paraguay.

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Nous passons la nuit à ce deuxième campamento, discutant avec le responsable du campement, un habitant de Nuevo Poblacion qui a mis de côté son commerce de vente de motos afin de travailler avec l’équipe puisqu’il connait très bien la Fidelidad pour y avoir travaillé.

Le lendemain, alors qu’on ne s’y attendait plus, un des garde-parc nous propose d’aller faire une balade dans le parc. Youpi! Bien que le soleil soit à son zénith à ce moment là, nous ne refusons pas ce privilège. Tel que demandé, nous restons sur le sentier principal et parcourrons quelques kilomètres sur les 50 km du chemin qui mène à la rivière Bermejo. Nous aurons été les premiers touristes à fouler la terre du futur PN El Impenetrable!

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Nous passons une dernière soirée avec Juan Ramon qui vient de compléter un livre sur la réintroduction de l’oso hormiguero dans la réserve Esteros del Ibera Le livre est magnifique et les moyens déployés pour parvenir à ce succès, considérables.

Juan Ramon est très généreux de son temps et nous nous sentons chanceux de pouvoir passer ces moments avec lui, alors qu’il nous parle de son travail de photographe et de ce que cela implique de vivre d’une passion et pas seulement d’un travail.

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Après ces journées riches en émotions nous nous mettons en route vers Castelli.

Tous ces gens croisés sur le terrain nous font une forte impression. Il sont enthousiastes, fiers, engagés. Cela est très inspirant. Au moment où j’écris ces lignes, la prise de possession officielle des terres par les gens des parc nationaux n’a pas encore été effectuée, un juge de Castelli ayant demandé une extension du délai. Ce dossier reste donc à suivre.

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Des champs de coton à l’approche de Castelli.

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Nous voilà de retour à notre resto préféré en Argentine. Nous retrouvons nos amis qui ne nous attendaient plus…nous étions partis pour 2-3 jours et nous avons passé plus d’une semaine dans cet Impenetrable.

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Juan-Carlos et sa conjointe Marielle nous reçoivent chaleureusement et nous préparent un très bon repas, basé sur ce que nous avions apprécié lors de nos rencontres au restaurant!

Ils nous parlent de leur style de vie, leur rêves, leurs voyages, de la vie de famille reconstituée, de l’économie nationale, de confiance et de résignation. Ils sont très interpelés par notre voyage et très intéressés par le Canada qu’ils avaient déjà planifié de visiter.

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Juan Carlos possède un camion frigorifié et chaque mois, il achète en moyenne 125 bœufs provenant des fermes environnantes qu’il amène directement à l’abattoir municipal. Castelli est une ville de +/-30 000 habitants et la consommation de bœuf est importante, comme partout en Argentine. Il dit posséder environ 30% de la part du marché. Son commerce compte 10 employés qui servent les clients au comptoir de boucherie, préparent saucisses et milanaises et différentes coupes de viande.

Marielle est médecin et maman de deux adolescents. Elle habite dans l’ancienne maison de Juan Carlos alors que ce dernier habite avec son fils à l’arrière du commerce.

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Toujours dans la province du Chaco, nous visitons le Complejo Ecologico Roque Saenz Pena.

Ce zoo et jardin botanique est immense et nous n’en ferons même pas le tour dans la journée. Il présente entre autre les espèces présente dans le Chaco et fait la reproduction et la réintroduction de certaines pour en assurer la survie. Il y a beaucoup d’animaux et finalement, même si le zoo est vaste et aéré nous repartons bien tristes pour tous ces animaux en captivité.

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Nous terminons notre visite du Chaco par une nuitée dans le Parque Nacional Chaco.

Toute une section du parc est hors d’accès car inondé.

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Et là sans les chercher, au dessus de nos têtes, des Loro Hablador!  Bien mieux que de les voir dans un livre ou au zoo!

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Après cela, nous filons sans vraiment nous arrêter vers Buenos Aires. Nous avons accumulé suffisamment d’images, d’impressions, de questionnements, de rencontres pour nous permettre de réfléchir à travers les paysages champêtres de la province de Santa Fe, avant de rejoindre celle de Buenos Aires.

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Ce voyage est une drogue. Explorer de nouveaux horizons à notre mesure, comme nous venons de le faire dans le Grand Chaco, constitue pour nous un vrai luxe, même si ceci n’est pas considéré ainsi par tous!

Le voyage pour nous, comme le dit si bien le cliché, ce n’est pas la destination mais le chemin.

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5 commentaires pour El Gran Chaco, secret de l’Argentine

  1. Tanya dit :

    Très contente d’avoir de vos nouvelles! J’avais hâte d’en connaître d’avantage sur ce que l’Argentine nous cache! Moi aussi j’arrête tout… pour vous lire intensément!
    p.s je n’aime pas les araignées sur moi… mais je les aime en photo!

  2. Juan Ramon dit :

    Hola Amigos

    Muy feliz de haberlos conocidos y decicarles unos momentos, con toda mi gratitud.

    Juan Ramon

  3. almansagirl dit :

    Coucou les amis, toujours autant de plaisir de vous lire et de rêver en voyant vos superbes clichés…..Bruno va bien et conduit toujours son camion….Dès qu’il a du temps, il recherche sur internet notre futur camion aménagé…..Pour moi, toujours en attente de repartir sur Saint-Martin et occupée à reconstruire le blog…Doucement
    ….Notre virus du voyage reste toujours très actif!
    Bonne route
    Bruno et Vally-lesptitscurieuxglobetrotter

  4. Claude dit :

    De mieux en mieux ou de pire en pire, chose certaine, être en dehors des sentiers battus me paraît de plus en plus ou de moins en moins définissable… À nos amours  » sans condition ou inconditionnel, vous me faites voyager  » over body  » et je ne vous cacherai pas que par moment je vous envie, par contre d’autres tantôt j’apprécie mon confort …

  5. Claude dit :

    ( suite )
    Dire que quand je  » ride  » en moto sur des routes peu achalandées de la Beauce ou du nord des USA je me crois dans un monde à part … ce que notre propre imagination peu produire ce sera toujours l’improbable pour une tierce personne.
    Assurément vous êtes devenus de » ,GRANDS EXPLORATEURS  » Félicitation multiplié par beaucoup d’amour et de respect …
    Il y a 25 ans mon célèbre fils Mathieu conjoint de ma non moins célèbre belle-fille nous ayant donné 2 très très … super … ultra nech … explorateurs m’a dit  »Papa je ne tiens à devenir un stéréotype de la société,  » Je dois admettre que ces mots ont tout leur sens aujourd’hui … On vous aime … (C’était au temps des Foufounes electric )

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