Découvrir le Paraguay

Que connaissez-vous du Paraguay, ce petit pays situé au cœur du continent sud américain? Probablement bien peu de choses, tout comme nous, lorsque nous quittons l’Argentine et traversons le pont international qui enjambe la rivière Paraná pour nous y diriger! Naturellement curieux et disposés à nous laisser surprendre, nous nous lançons à la découverte de ce pays discret, charmant et mystérieux.

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Nous quittons l’Argentine en faisant estampiller nos « anciens » passeports avec lesquels nous étions entrés et présentons les nouveaux, dotés de nos visas, à l’immigration paraguayenne. Évidemment, ils sont vierges et cela ne convient pas du tout au douanier qui ne veut pas nous laisser entrer sans que nous ayons obtenu un sceau de sortie de l’Argentine dans nos nouveaux passeports. Incertains, nous retraversons le pont et malgré la bonne volonté des agents d’immigration argentins l’obtention d’un sceau d’entrée/sortie dans les nouveaux documents s’avère impossible puisque la taxe de réciprocité argentine payée au début de notre séjour est liée à nos anciens passeports. On retourne donc bredouilles au Paraguay mais après quelques pourparlers et un appel à Asunción au bureau chef, on appose enfin le tampon d’entrée sur nos passeports. Bienvenue au Paraguay!

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Deux rives, deux mondes. Il devient tout de suite clair que nous ne sommes plus en Argentine; l’accueil folklorique et le point d’entrée près de la zone commerciale nous fait penser aux frontières d’Amérique centrale ou boliviennes. Tout de suite, la particularité de l’accent paraguayen nous interpelle, notamment la prononciation du « R » qui se fait comme dans la langue anglaise, donnant une nouvelle allure à l’expression. De plus, le Paraguay ayant une population bilingue (castillan et guarani), cette deuxième langue influence fortement le vocabulaire utilisé. Il n’est pas rare de voir les affiches et inscriptions dans les deux langues ou uniquement en Guarani et cette langue nous est incompréhensible.

Après plus de 6 mois passés en Argentine, nous voilà pour la 16e fois sur le point de nous laisser envouter par les particularités d’un nouveau pays! C’est à la fois intimidant et excitant! Cependant, avant de nous élancer sur les chemins, nous devons faire venir une pièce de remplacement pour le camion. Contrairement à l’Argentine qui ferme de plus en plus ses frontières aux importations, le Paraguay possède des règles commerciales beaucoup plus souples et la réception de colis venant de l’étranger en est grandement facilité. Et lors de notre première balade à pied dans les rues d’Encarnación nous croisons une petite boutique se chargeant de commander et livrer de la marchandise pour des prix très raisonnables, en lien avec le poids du colis. Nous tentons donc notre chance avec cette entreprise qui nous promet un délai de livraison de deux semaines.

Pendant la période d’attente, nous nous installons sur la Costanera, récemment aménagée en raison de la montée des eaux du fleuve Paraná destinée à augmenter la puissance du barrage Yacyreta et nous nous familiarisons tranquillement avec les habitudes de la ville. De plus, nous dénichons un atelier de réparation d’ordi qui prend en charge l’ordinateur des enfants qui a grandement besoin d’entretien.

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La Costanera est éclairée et surveillée 24h sur 24. Des sanitaires sont à proximité avec douches et toilettes pour ceux qui fréquentent la plage. Des bars et des restaurants sont en cours d’aménagement. Le vieux moulin et les silos qui ajoutent déjà une touche pittoresque à l’environnement seront éventuellement revitalisés (salles audiovisuelle et d’exposition, planétarium, café littéraire). La ville nous semble très dynamique et animée. Très tôt le matin et en fin de journée, des gens viennent se balader avec leurs chiens, faire du vélo ou du jogging. Le rythme de vie semble ici plus « conventionnel », ce qui est loin de nous déplaire.

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De l’autre côté du fleuve Paraná, la ville de Posadas en Argentine.

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La location de petits karts à pédales est une activité très populaire qui aura tôt fait de tenter les enfants. Nous ferons à une occasion une promenade familiale et par la suite, les enfants obtiendront des prix préférentiels qui leur permettront de faire plusieurs virées durant notre séjour.

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Notre véhicule stationnaire et nos déambulations en ville attirent les regards et les gens sont très nombreux à nous aborder. Cet échantillon de rencontres nous permet de nous familiariser agréablement avec le type paraguayen et contribue à développer notre confiance envers les gens du pays. Aussi, nous sommes étonnés par le nombre de personnes qui connaissent le français, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, telle la belle Catherine Bergeron, 18 ans de la région de Québec qui est au Paraguay dans le cadre d’un échange interculturel de 5 mois. Elle vit dans une famille d’Encarnación et fréquente l’école secondaire. En après-midi, elle fait du jogging sur la Costanera et cogne à notre porte lorsqu’elle remarque notre plaque du Québec.

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Une autre rencontre fascinante, celle d’un professeur de l’Université du Maine spécialiste des langues indigènes du Paraguay et actuellement en visite chez une de ses connaissances d’Encarnación (qui pose avec nous). Ce professeur extrêmement dynamique et enjoué nous aborde en français en nous chantant «si j’avais les ailes d’un ange, je partirais pour Québec»!

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Même si nous avons convenu de ne pas nous éloigner d’Encarnación afin de veiller à nos affaires nous décidons tout de même d’aller faire un tour du côté de Hohenau, l’une des trois colonies fondées par des allemands ou leurs descendants et faisant partie des Colonias Unidas, située à une quarantaine de kilomètres. Philippe nourrit un tapir qui vient d’arriver au Parque Manantial.

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Nous sommes gracieusement invités pour un tour de camion sur l’immense propriété, puisqu’il reste des sièges de disponibles! C’est divertissant, surtout le franchissement de la rivière!

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Conçue par le propriétaire, cette bicyclette suspendue permet une traversée originale de la rivière.

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La pluie ne nous permettra malheureusement pas de profiter à plein des très belles installations du Parque Manantial.

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A La Placita ou Feria municipale nous découvrons de quoi sera composée notre alimentation pour les prochaines semaines. Il s’agit d’un marché couvert bien organisé avec également des comedores. Auparavant, avant l’inondation de la zone côtière, ce marché se trouvait dans la zone basse de la ville.

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On y vend des fruits et des légumes, de la farine de maïs, du fromage paraguayen et des poulets.

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Pour le reste, le marché n’offre pas de grandes particularités, sauf peut-être la section marchandise, qui fascine Mathieu avec ses accessoires pour le tereré, la boisson paraguayenne par excellence. Il s’agit d’une infusion de yerba maté (comme en Argentine) mais servie avec de l’eau glacée.

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Le poulet campesino que je me procure au marché me réserve quelques surprises au moment de sa préparation. Même après un temps de cuisson adéquat et ensuite prolongé, la chair ne s’attendrit pas. L’ensemble de la pièce qui est tellement raide et caoutchouteuse me dégoute et finit au rebus (il n’y a pas de chiens aux alentours). Après cette expérience inquiétante (nous ne pourrons pas manger de poulet au Paraguay?) j’en parlerai à des cuisinières locales et toutes riront de manière complice et me dirigeront vers les poulets congelés des supermarchés!

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Mathieu débute la lecture du livre At the Tomb of the Inflatable Pig : Travels through Paraguay de John Gimlette. Ayant passé quelques mois au Paraguay lorsqu’il était dans la vingtaine, cet auteur anglais y retourne dans les années 2000, soit 20 ans plus tard. Grâce à ses lectures et de nombreuses rencontres réalisées auprès des gens du pays, il illustre l’histoire du pays depuis sa fondation (présidents marquants et dictateurs, guerres, colonies et immigrants, Jésuites, économie et corruption).

Quant à moi, je me procure lors d’une foire du livre Mas Paraguayo que la Mandioca* écrit pas Anibal Romero Sanabria. Ce livre décrit à travers une compilation de billets les idiosyncrasies, le modus vivendi ou l’identité culturelle de la société paraguayenne, qui selon l’auteur, possède de nettes particularités.

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Les gens qui visitent le Paraguay passent souvent par Ciudad del Este afin d’y faire quelques emplettes puisqu’il s’agit de la plus grande zone franche d’Amérique du Sud. Encarnación possède elle aussi une zone commerciale, quoique beaucoup plus modeste. Nous nous y rendons afin de nous procurer quelques vêtements et des souliers pour les enfants. Finalement, l’abondance des produits offerts dans le domaine de l’électronique séduit les garçons qui se procurent avec leurs économies chacun un jeu pour leur console de jeux vidéos.

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Les charrettes tirées par les chevaux, appelées karumbés côtoient véhicules, motos et autobus. Au Paraguay, il faut être très prudent avant de traverser la rue car le piéton est loin d’être la priorité.

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Parmi la marchandise offerte dans le quartier commercial de Ciudad Nueva, des accessoires électroniques, des vêtements et particulièrement des vêtements sportifs. Plusieurs boutiques individuelles mais aussi des magasins généraux et des grossistes. Les prix sont plus intéressants qu’en Argentine mais il est important de bien examiner ce qu’on achète (présence d’articles de contrefaçon) et la valeur des produits car il faut marchander fort pour obtenir un prix avantageux, surtout quand on est un étranger.

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Une autre rencontre digne de mention faite à Encarnación est celle de Lipy. Lipy est un homme d’une soixante d’années responsable du contrôle de la qualité des installations sanitaires d’Encarnacion. Tous les jours il passe sur la Costanera pour son travail. Il fait tout d’abord la connaissance des enfants et par la suite, il vient nous visiter régulièrement. Il aime beaucoup monter dans notre campeur et il parle de nous avec orgueil aux gens qu’il croise sur la Costanera. Lipy nous offre du popcorn, des chipas et des empanadas. Il nous promet plusieurs sorties. Un matin, il nous conduit finalement à l’ancien marché qui regroupe des producteurs locaux et quelques comedores. Il nous amène également visiter la Basilica San Roque Gonzalez de Santa Cruz qu’il fréquente et insiste pour que nous en visitions l’intérieur.

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Au marché les étalages sont appétissants et les produits variés.

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Lipy insiste pour nous faire goûter un genre de rouleau de couenne de porc fourré à la viande mais nous ne pouvons nous résigner à consentir à sa demande.

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Une série de journées pluvieuses nous oblige à rester encabanés et cela est plus difficile pour le moral. Pas de soleil, pas d’énergie accumulée dans les batteries, pas de distraction électronique possible. Heureusement que Philippe sait encore très bien s’amuser grâce à son imagination débordante.

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La ville d’Encarnacion est réputée pour son carnaval du mois de février qui existe depuis 1916. Un Sambódromo de 8 000 sièges y est d’ailleurs érigé pour laisser passer le défilé. La ville d’Encarnacion se parcourt très bien à pieds à partir de l’Avenida Costera et le soir nous nous rendons à quelques reprises sur l’une des rues principales du centre-ville afin de déguster un lomito arabe ou shawarma. Ils sont délicieux et omniprésents à Encarnación. La ville est cosmopolite et peuplée de descendants d’immigrants ukrainiens, polonais, russes, allemands, arabes, chinois et japonais. Les restaurants ethniques sont donc très nombreux.

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Nous ne connaitrons pas seulement de la pluie à Encarnación mais aussi des journées très chaudes. Nous remercions les douches froides qui sont à deux pas de notre campement…Les Paraguayens amènent leurs chaises et viennent siroter leur tereré en famille.

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Fortement influencée par les gars, je me dis “pourquoi pas une petite baignade dans le fleuve Paraná pour nous rafraichir un peu”? L’auriez-vous fait?

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Nous n’oublierons pas cette autre rencontre inattendue avec un jeune homme de la région de Québec, Alex Tremblay, tout d’abord venu au Paraguay dans le cadre d’un projet communautaire organisé par le Cegep de Limoilou et l’organisme Solidarité Québec-Paraguay il y a deux ans et qui s’y est établi après avoir conçu un enfant avec une jeune femme d’ici.

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Ayant récemment reçu la visite de ses parents lui ayant apporté des sachets de sauce St-Hubert, il nous convie chez-lui pour une bonne poutine!

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Il faut bien venir au Paraguay pour déguster de la poutine! A part quelques rares confections “maison”, nos autres dégustations de poutines hors Québec remontent à San Pedro de la Laguna au Guatemala et à Ojochal au Costa Rica!

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Nouveau pays, nouvelles habitudes pour les retraits d’argent également… Des frais de 25 000 guaranis (environ 6,50$) sont portés à notre compte à chaque retrait et ce peu importe la banque utilisée. Nous avons fait le tour de tous les guichets de la ville et découverts qu’ils font tous partie du même réseau. En Argentine, nous n’avions pas recours au guichet automatique puisqu’on fonctionnait avec le dollar changé dans la rue. Et depuis notre départ, ma Visa Desjardins sans frais annuel qui me soutirait « seulement » 1.8% sur les transactions en devises étrangères a depuis majoré son taux à 2,5%. Les stratégies d’économies sur les frais bancaires en voyage sont de plus en plus difficiles à dénicher. J’ai lu que Chase Canada offrait des cartes sans frais sous d’autres dénominations (ex : Amazon, Sears, Marriott) mais je n’ai pas le goût de faire l’effort pour la demander et la faire livrer à l’extérieur du pays…

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Ces petits pains en forme de bagels sont des chipas. C’est le pain paraguayen, élaboré à partir de farine de maïs, de manioc ou d’amidon, de lait, fromage et œufs. Quand ils sont très frais, ils sont chauds, croustillants à l’extérieur et moelleux à l’intérieur. Ils sont vendus partout et à Encarnacion il y a même des gens qui circulent à moto avec leur panier pour les livrer.

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Voilà les pièces commandées: un roulement avant et des barres stabilisatrices. A partir du jour de la commande réalisée par internet, le colis à mis 7 jours à nous parvenir. A part le fait que notre contact ne nous ait pas avisés de l’arrivée hâtive du paquet, nous sommes très satisfaits du service reçu!

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C’est le 4e et on espère dernier roulement que Mathieu remplace sur le camion depuis le départ. Avec le bon outil, il met très peu de temps à faire le changement. Après cette opération, nous sommes fins prêts pour nous élancer de manière sécuritaire sur les routes du pays dont à peine 10% sont pavées.

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Le tourisme au Paraguay est en émergence et la route des Missions Jésuites est certainement le circuit le plus connu et visité à ce jour. Il n’est pas rare que les touristes des missions argentines viennent faire une boucle du côté du Paraguay uniquement pour y visiter ses missions. Nous avions visité avec beaucoup d’intérêt les Missions Jésuites boliviennes l’an dernier mais la perspective de visiter des ruines demande toujours un certain effort initial. L’expérience des ruines paraguayennes, totalement distinctes de celles connues dans la Chiquitana nous a heureusement enchantés. Pareillement à l’an passé, nous sommes tombés sous le charme des ruines paraguayennes et notre intérêt pour l’histoire des Jésuites a été ravivé.

La première mission que nous visitons est celle de Jesús de Tavarangüe dont la construction aurait débutée entre 1756 et 1759. Elle est probablement la mission qui exprime de manière la plus complète le style architectural Jésuite qui a su évoluer de manière remarquable durant ses 160 ans de présence. Initialement, les églises étaient faites à partir de terre et de bois jusqu’à ce que surviennent les constructions grandioses en pierre avec une technique qui est restée inégalée jusqu’à la dynastie des Lopez, cent ans plus tard.

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Jesús de Tavarangüe aurait été la mission la plus grande de la région mais dû à l’expulsion des Jésuites cette mission est demeurée inachevée bien que sa construction ait été poursuivie après leur départ mais éventuellement abandonnée.

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Sur un total de 50 missions construites au départ par les missionnaires Jésuites venus convertir les Guaranis au Christianisme mais aussi peupler une zone cruciale dans la vieille province du Paraguay à partir de 1758 (constituée aujourd’hui des régions frontières du Brésil, de l’Argentine et du Paraguay) seulement 30 réussirent à s’établir de manière durable. On réfère à ces missions sous le terme 30 pueblos. Huit d’entre elles sont au Paraguay et deux figurent au patrimoine mondial de l’Unesco.

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La rencontre des Jésuites avec le peuple Guarani a donné naissance à un système économique et social unique (les Jésuites avaient une autonomie juridique) basé sur la collaboration et une certaine forme d’intégration des deux sociétés. En peu de temps et en dépit du fait que ces villages étaient encerclés par la jungle, les missions ont atteint une prospérité et un prestige extraordinaires, dépassant largement les autres colonies dans le domaine des arts et de la culture. La croissance économique et politique des missions a soulevé l’animosité des gouverneurs de l’époque et généré plusieurs tentatives de soumettre les missions à la volonté des autorités espagnoles. Les Jésuites ont finalement été expulsés des Amériques par le roi d’Espagne en 1767 et les Guaranis sont retombés dans les mains des chasseurs d’esclaves et les missions ont été pillées et détruites dans les années suivantes.

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Souvent bâties sur une colline les missions possédaient chacune de très grands territoires pour les cultures et l’élevage de bétail. La plupart des missions ont du migrer à plus d’une reprises pour échapper aux attaques des bandeirantes, les chasseurs d’esclaves brésiliens.

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L’imposante mission de Trinidad del Paraná, érigée à cet endroit en 1712 comptait près de 5000 habitants lors de son apogée et présente l’ensemble le plus complet des 30 pueblos.

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De nombreuses statues décapitées ornent encore l’intérieur de la grande église.

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Cette chaire a été reconstruite à partir de 600 fragments.

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Les missions étaient toutes établies selon le même modèle avec la construction de l’église en priorité, ensuite la maison des prêtres, le collège, le conseil, les ateliers, les entrepôts, le jardin et le cimetière. Devant l’église, on réservait un espace pour la place centrale et les maisons des Guaranis se dressaient tout autour.

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D’un naturel désarmant, Philippe prend la pose et essaie de m’enseigner quelques trucs…

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Il s’agit du plancher original. Il semble que les prêtres étaient enterrés dans la crypte avant d’être renvoyés dans leur pays d’origine, alors que les caciques (chefs guaranis) étaient enterrés sous le plancher de l’église et les indiens ordinaires dans le cimetière.

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En route vers la troisième mission nous traversons des zones agricoles.

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Un arrêt à Coronel Bogado, sur la route 1, réputé pour être la capitale des Chipas.

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La mission de San Cosme y San Damián fut fondée en 1632 au Brésil et après deux déplacements, elle s’établit au Paraguay en 1718. Cette mission est célèbre pour les travaux de Buenaventura Suárez l’un des astronome les plus brillant de son temps. Ce père Jésuite, en plus d’avoir construit un cadran solaire, a réalisé son propre télescope avec les matériaux tirés du fleuve Paraná (cristal de quartz pour les lentilles)! Dans son calendrier lunaire en date de 1739 il a pu prévoir les éclipses de lunes à la minute près de 1740 à 1903.

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La ville possède un centre astronomique en hommage au père Suarez mais aussi aux Guaranis qui savaient interpréter les mouvements des étoiles.

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L’église de San Cosme et San Damian était considérée au moment de sa construction en 1760 comme provisoire. La nouvelle église n’a pu être bâtie avant l’expulsion. Le toit de l’église a été restauré mais les murs sont originaux.

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Le pape Jean-Paul II aurait utilisé cette ancienne chaise de cuir sculptée et dorée lors de sa visite à Encarnación en mai 1988.

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La place centrale de cette mission est maintenant utilisée comme lieu public et les anciennes maisons des indios sont des propriétés privées.

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Après la visite de San Cosme, nous nous dirigeons vers Ayolas qui accueille dans son district le barrage Yacyreta, le deuxième barrage en importance après Itaipu. Il est géré par une entité bi-nationale. Le Paraguay avec ses 7 millions d’habitants n’utilise que 10% de sa production d’électricité. Nombreux sont les Paraguayens qui croient qu’avec une meilleure gestion de leurs ressources hydro-électrique, les habitants du pays pourraient vivre uniquement des revenus de leurs barrages s’ils étaient honnêtement gérés!

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La ville d’Ayolas possède deux sections, dont une plus moderne construite afin de loger les ingénieurs venus pour la construction du barrage. La deuxième partie de la ville, qui était à l’origine le port de la mission jésuite de Santiago possède des rues empierrées. Lors de notre passage, le site de la plage est passablement achalandé car c’est jour de la fête de la fondation de la ville. Nous poursuivons donc quelques kilomètres plus loin, jusqu’au village de Corateí qui lui aussi possède une jolie plage de sable pale.

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Nous passons par la suite deux nuits au camping de Gustavo, un péruvien installé au Paraguay depuis 20 ans, à San Ignacio Guazú. Ses installations sont agréables et accueillantes. Et le confort retrouvé dans un endroit spécialement aménagé pour les voyageurs comme nous donne souvent envie d’y traîner…

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Gustavo a deux beaux chiens qui ne se font pas prier pour nous accompagner lors des petites balades jusqu’au ruisseau.

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A proximité de San Ignacio Guazú la route jésuite fait une incursion au village de Santa Maria de Fe, le plus au nord de l’ensemble des 30 pueblos et qui possède un musée d’art sacré. Il compte 54 statues de cèdre réalisées par les Guaranis alors qu’ils étaient dans les réductions ou par leurs professeurs jésuites.

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La village est très charmant et dispose d’une belle plaza verdoyante.

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Santa Rosa de Lima est un autre village ayant conservé son héritage jésuite.

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De retour à San Ignacio Guazú, nous visitons le Museo Diocesano De Arte Jesuítico, situé dans le plus ancien bâtiment du 17e siècle encore en usage au Paraguay. Il appartient toujours aux Jésuites, revenus à San Ignacio en 1933. Le musée présente 4 salles thématiques de sculptures de style baroque hispano-guarani.

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L’ancêtre de notre Anguille croisé dans les rues de San Ignacio.

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La première mission jésuite fut établie ici, à San Ignacio Guazú,  en 1610. En guarani, Guazú veut dire “grand” et cela la distinguait de San Ignacio Mini en Argentine. Son nom rend hommage au fondateur de la compagnie de Jésus, le Basque Iñigo López de Loyola (Ignacio de Loyola).

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Après San Ignacio nous mettons le cap vers l’ouest, afin de nous rendre à Pilar, la capitale du département de la province du Neembucú. Cette zone a été isolée de tout développement durant la dictature et à l’exception de la ville de Pilar qui est jointe par une route pavée, le reste de ce département est encore très reclus car les routes sont souvent impraticables.  Motivés par notre intérêt à découvrir les différentes facettes du pays nous nous rendons dans ce « trou » perdu dans l’espoir d’en apprendre davantage sur la guerre de la Triple Alliance.

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En 1860, et faisant suite à une longue période de dictature, le Paraguay est l’un des pays les plus développés d’Amérique (ouverture du pays vers l’extérieur, liberté de presse, éducation nationale, développement des infrastructures sans recours à l’endettement) -cette période de grande prospérité bien que lointaine nous est invariablement racontée avec fierté et nostalgie – mais durant la guerre de la Triple Alliance ( Brésil, Argentine Uruguay) qui a lieu entre 1864 et 1870, le Paraguay est décimé. Il perd 40% de son territoire et les deux tiers de sa population totale, dont 80 % des hommes en âge de porter les armes (dix ans et plus à cette époque). Le Paraguay a résisté longuement même si la bataille était inégale et plusieurs combats héroïques ont eu lieu dans la région au sud de Pilar.

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Pilar est une ville très agréable à visiter, avec de belles demeures coloniales, mais au sens strictement touristique, si on veut apprécier notre séjour, il vaut mieux s’intéresser à son histoire, prendre le temps d’observer son rythme et discuter avec les passants. Voilà une scène qui se répète dans les rues du Paraguay. La chaleur et le rituel du tereré sont en cause.

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Sur l’un des boulevards de Pilar, des murales illustrant des scènes de la guerre de la Triple Alliance, de la nature et de la fabrique de coton.

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Durant la guerre, la ville a souffert des attaques et est restée endormie pendant 60 ans jusqu’à la création en 1929 d’une fabrique de textiles en coton, nommée Pilar, par un immigrant italien. La fabrique emploie aujourd’hui 1 000 personnes et une boutique de ses produits a pignon sur rue.

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Stationnés devant le seul restaurant qui semble ouvert nous attisons la curiosité d’une femme âgée assise devant sa demeure. Elle insiste pour aller chercher son mari « qui a certainement beaucoup de questions à nous poser ». C’est alors que nous faisons la connaissance du Professeur Mazó. Qui de mieux que ce professeur d’histoire passionné pour nous familiariser avec l’histoire de sa chère patrie?

A 82 ans M. Mazó continue d’écrire et il anime une émission de radio hebdomadaire sur l’histoire de Pilar. Il travaille également sur un projet de capsules audio relatant les moments clés du passé de Pilar. Lorsque nous repassons saluer le couple le lendemain matin Juana dépêche son petit-fils Nicolas afin que nous soyons interviewés, puisque c’est lui qui aide son grand-père dans son entreprise radiophonique. Finalement, M. Mazò adore tellement partager ses connaissances que c’est lui qui mène l’entrevue.

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Mme Juana a dessiné sur son mur de cuisine une sorcière, inspirée par sa belle-fille qui la surnomme la bruja, ce qu’elle ne semblait pas prendre comme un compliment.

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Le professeur Mazó nous dédicace l’un de ses recueil de poèmes. Cultivé, curieux, l’esprit ouvert M. Mazó est bien la première personne rencontrée qui, en s’intéressant à notre philosophie éducative cite spontanément le nom de personnes célèbres éduquées hors les murs! Une rencontre tout à fait géniale!

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L’intérieur du marché de Pilar est très rudimentaire et notre présence étonne.

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Devant le resto qui nous a servit d’excellentes milanaises de poulet et de poisson (meilleures qu’en Argentine!) et à droite, la maison du professeur Mazó.

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Après deux jours de pluie que nous passons cantonnés à l’intérieur de notre cellule, nous prenons la route vers Humaita. La première partie du trajet qui passe par Isla Umbú est faite de pierres.

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Le village d’Isla Umbú n’a pas connu de destruction lors de la guerre de la Triple Alliance. La vie se concentre autour de la grande place et de l’église de style franciscain.

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A visiter, le Museo Historicó Coronel Hermosa qui se trouve dans une maison coloniale qui servit de quartier général au maréchal López. (En bas à droite de l’affiche, on peut lire que le gouvernement canadien aurait subventionné une partie de ce musée)

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Cette peinture montre les femmes du village apportant au maréchal leurs bijoux de famille pour financer l’effort de guerre.

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Municipalité et maison du juge de paix.

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La route se poursuit maintenant jusqu’à Humaitá.

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Humaitá est célèbre pour les ruines de l’église San Carlos Borromeo. Inaugurée en 1861 cette église était considérée avant sa destruction par les troupes de la Triple Alliance comme l’une des plus belles d’Amérique du Sud.

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Le cadre d’Humaitá est extrêmement paisible aujourd’hui.

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Le museo historico est bien fait et relate les évènements historiques entourant la guerre. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande cette vidéo qui présente une reconstruction digitale de la forteresse de Humaitá.

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Le maréchal López souvent dépeint comme mégalomane et orgueilleux et qui a beaucoup fait jaser en revenant d’Europe avec une belle irlandaise est généralement présenté comme un héros mort au combat pour la patrie.

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Nous tentons l’impossible pour nous rendre jusqu’à Curupayty, site de la plus grande victoire paraguayenne contre les alliés mais la route est vraiment trop mauvaise. Après avoir roulé quelques kilomètres nous faisons demi-tour. Nous ne croisons que des gens à moto ou à cheval, ce qui augure mal en cas de pépin.

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De retour à Pilar, nous prenons finalement la direction d’Asunción.

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Arrêt à la populaire fruiterie Paraguarí qui offre toutes sortes de petites gâteries.

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Jusqu’à maintenant les restaurants et petites bouffes de rue sont assez décevants. Nous nous gâtons avec des petites collations appétissantes afin d’assouvir notre côté gourmand.

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Nous passons une journée à Yaguaron qui fut fondé par les frères franciscains. Son église sous sa forme originale est splendide. Ce sont les franciscains qui ont fondé les premières missions au Paraguay et les Jésuites se sont servis de leur expérience afin de perfectionner le fonctionnement des réductions, avec une organisation sociale et économique différente. Les missions franciscaines paraguayennes recèlent elles aussi de beaux trésors mais elles sont tout simplement moins connues.

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Tout en haut du Cerro Yaguaron, petite colline de 300 mètres qui domine la ville et qui donne une jolie vue sur les vallées environnantes.

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Ces fameuses chaises colorées sont omniprésentes sur les balcons…

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A l’approche d’Asunción, nous nous emmêlons un peu dans les rues achalandées de San Lorenzo.

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Ensuite, nous nous dirigeons au Jardin Botanico d’Asunción, la capitale, qui accepte les camping-car pour la nuit. Nous sommes ravis de l’endroit qui est à l’écart de la ville et qui nous offre un lieu sécuritaire pour dormir. Nous visitons Asunción mais j’oublie de remettre la batterie dans la caméra, donc pas de photos à vous présenter! Il fait très chaud et après une demi-journée à marcher dans le quartier historique et un petit repas au Lido Bar, un restaurant emblématique de la ville, nous en avons assez.

Asunción est très étendue et il faut passablement d’effort et de temps pour en visiter tous les recoins puisque le service de bus n’est pas réputé pour son efficacité. Nous retournons dans le calme du jardin botanique pour une dernière nuit avant de mettre le cap sur notre prochaine belle aventure: la découverte du Chaco paraguayo! A suivre… asuncion +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

*Le titre du livre, « plus paraguayen que le manioc », fait tout d’abord référence à l’omniprésence de ce tubercule dans l’alimentation des gens du pays. D’origine précolombienne, le manioc a été le premier aliment de culture aisée et abondante pour les paysans et il ne s’est jamais tari. Bien que présent dans d’autres pays d’Amérique son importance semble prédominante au Paraguay et fait partie de l’alimentation de base des humains et des animaux. Au Paraguay il est quasi inadmissible ou impensable de servir un plat sans manioc et le pain n’en est pas un substitut.

Dans le prologue, on explique que la singularité paraguayenne origine certainement de sa condition de pays bilingue (Guarani-Castillan). 87% de la population parle et comprend le Guarani, 40% est monolingue Guarani et seulement 7% monolingue Castillan. La langue maternelle majoritaire des Paraguayens est donc le Guarani. Le Guarani et le Castillan sont des langues très distinctes sur le plan linguistique et porteuses de deux systèmes culturels opposés. Cette réalité contribuerait à créer une cosmovision unique chez les paraguayens. Deux identités, deux mondes dans une même personne : le Guarani « vit pour être » alors que l’espagnol « vit pour avoir ». Le « je » guarani vit le ici et maintenant sans grande préoccupation du lendemain et s’intéresse à son environnement naturel immédiat. La culture du conquérant se caractérise par la planification de l’avenir et la certitude du lendemain et un grand intérêt pour la réalité du monde moderne.

De manière humoristique l’auteur nous communique son désir de motiver le peuple paraguayen à viser l’excellence, à développer un projet d’avenir solidaire, de stimuler la naissance d’un nouvel homme paraguayen, ce qui s’avère une tâche complexe en raison de facteurs historiques importants ayant contribués à développer une attitude de résignation et de fatalisme chez les Paraguayens. Parmi ces facteurs M. Sanabria cite les suivants: les caractéristiques propres à la religiosité et cosmovision guarani; la théologie catholico-islamique de la conquête; la pauvreté; les grandes tragédies et déceptions nationales.

Bien que ma lecture ne soit pas terminée, voici un résumé de certaines caractéristiques culturelles présentées jusqu’à maintenant: Les Paraguayens font souvent preuve de communication non assertive (ex : tendance à dire un « au revoir » avec une promesse de retour au lieu de dire « adieu »; donnent des directions confuses au lieu d’avouer leur ignorance). Ils ont peur de s’impliquer et ont une « faible morale » : difficile pour eux d’étudier, de travailler sérieusement, d’assumer leur rôle paternel et de ne pas succomber aux tentations faciles (surconsommation, tendance aux paris, à boire pour oublier). En lien avec la globalisation des marchés et la participation du Paraguay dans le Mercosur les difficultés suivantes surgissent dans le milieu de travail: qualité du travail médiocre, difficultés à assumer leurs responsabilités quotidiennes, mauvaise gestion du temps, tendance à protéger leurs collègues déviants, vols insignifiants, procrastination. Les Paraguayens aiment rirent d’eux-même mais ont aussi la critique facile. Ils aiment s’amuser sans les règles usuelles,par exemple lors d’une partie de football informelle et amènent cette préférence dans les autres sphères de la vie. Ils vivent le présent et se contentent du nécessaire, en se résignant à ne pas être les maîtres de leur destinée.

(résumé à suivre si cela vous intéresse!)

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7 commentaires pour Découvrir le Paraguay

  1. AL dit :

    Que de travail !!!…
    Comme d’habitude, lorsque je vois ton nouveau blogue, je commence toujours par les photos.
    On dit q’une photo vaut mille mots… et, dans ton cas, c’est particulièrement vrai… tes photos sont éloquentes et belles.
    Je suis certain que la qualité des commentaires sera, comme toujours, au rendez-vous…

  2. Claude dit :

    L’histoire passe par les musées et mon dieu que tu l’exploites bien chère Pascale … les photos et les détails nous font vivre toujours de mieux en mieux votre périple.
    Félicitations aux pilotes de F! à pédales
    À toi mon fils le mécano avisé, compétent, débrouillard, je t’en prie travaille avec le max de sécurité… continue d’être à l’écoute et à respecter la mécanique de l’anguille … cette dernière à l’importance du cheval bien soigné vis à vis les Cow Boys.
    Mon beau grand Christophe, je t’adore et j’ai hâte de te caresser. . Toi mon beau Phil le photogénique je meure d’envie de te prendre dans mes bras comme au temps ou tu avais 2-3 ans
    À bientôt … on sait jamais quelle mouche pourrait me piquer. Bonjour les grands amours

  3. We love following along on your travels – brings back so many great memories! Look forward to the next blog post!

  4. mmemartine dit :

    Quel plaisir d’écouter votre entrevue avec le professeur Mazò! Vraiment sympa. Contente d’apprendre que le froid canadien est un bon agent de conservation!!! J’ai bien ri en entendant ça! Camille aussi a bien aimé vous entendre!

  5. C’est un plaisir de vous lire! Et je me souviens moi aussi de la poutine de Léo à Ojochal!!

  6. bruno dit :

    génial….
    malheureusement pour nous se n était qu un détour pour vendre notre véhicule.
    bonne continuation
    bruno
    bonne chance avec les roulements…!!!

  7. Claude Rabillé dit :

    Bonjour, Vous semblez avoir eu beaucoup de plaisir au Paraguay. Nous aussi en 2000, dans le même camping, nous avions dormi bercé par les rugissements des lions et nous avions un super petit chat qui passait son temps avec nous. C’est toujours sympa de lire vos lignes… Nous venons de rencontrer 2 canadiens, Martine et André Duchêne qui descendent vers le sud avec un camping-car géant…par rapport au nôtre. Nous leur avons donné le nom de votre blog bien sûr. Nous sommes autour de Bogota et pensons passer à Panama dans un mois env. De Panama, un tour en Europe sûrement. On vous embrasse tous Marie-Jo & Claude

    */Marie-Jo & Claude

    /*Nos anciens dossiers pour Afrique/Asie:https://sites.google.com/site/lesrabillesurlesroutes/

    Notre blog : http://lagrandemigration.blogspot.com.br

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