Avec notre Anguille sur l’Amazone!

On retrouve dans le fleuve Amazone des anguilles électriques pouvant mesurer jusqu’à   1,8 m et produire une décharge électrique de 650 volts. Bien que nous n’ayons pas vu d’anguilles électriques au cours de notre traversée fluviale entre Belém et Manaus nous avons néanmoins voyagé aux côtés de l’Anguille sur une barge de transport! Notre véhicule nous a peut-être déçus de par son manque de robustesse sur certaines routes, mais cette fois-ci nous sommes très fiers d’avoir réalisé ce passage exotique et mémorable en sa compagnie.

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Lorsque nous quittons Jijoca de Jericoacoara, nous avons les yeux rivés sur la prochaine grande étape de notre voyage au Brésil : la remontée du fleuve Amazone sur un bateau pour rejoindre Manaus. Avant d’atteindre Belém, le grand port d’embarquement à l’embouchure de l’Amazone, il nous reste environ 1500 km à parcourir et de Manaus, 1000 km supplémentaires nous séparerons de la frontière du Venezuela.

Puisque nous ne connaissons pas vraiment comment se dérouleront les démarches et quels seront les délais pour dénicher une embarcation, pas plus que nous ne pouvons prévoir le temps de la traversée, nous émettons la possibilité de prolonger notre visa, ce qui doit se faire dans un poste de police fédéral. D’un autre côté, sachant que l’amende quotidienne imposée à ceux qui surpassent leur temps de séjour est faible et serait inférieure à ce que nous couterait le renouvèlement des visas pour la famille, nous décidons de ne pas faire de démarches en ce sens pour le moment et d’attendre la suite des évènements.

Belém-Manaus

Après tant de mois à rouler au gré du vent, le fait de sentir qu’on doit se presser pour arriver à une date prédéterminée nous plait moins, mais pour rester fidèles à notre objectif nous mettons de côté les explorations aléatoires et alignons notre cap sur Belém.

Les trois états qu’ils nous restent à traverser, le Piauí, le Maranhão et le Pará sont moins développés sur le plan touristique et cela rend notre passage rapide plus facile à tolérer puisque les lieux à découvrir exigent souvent beaucoup d’efforts pour les atteindre ou le recours à des agences de tours. Aussi, la grande attraction du coin à ne pas manquer, le Parque Nacional Lençois Maranhenses, avec ses grandes dunes et ses merveilleuses lagunes devient moins spectaculaire en période de sècheresse, ce qui nous conforte dans notre décision de ne pas le visiter.

Entre Jijoca et Parnaiba, les avertissements de ce type sont courants.

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Après avoir passé la nuit à Barra Grande qui accueille les mordus de kitesurf nous faisons un arrêt à Praia do Coqueiro où de belles piscines naturelles se forment à marée basse.

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En chemin vers Porto dos Tatus (je voulais aller faire un tour de bateau dans les labyrinthes de mangroves du Delta do Parnaiba, l’un des plus grands du monde), Mathieu remarque que la petite bosse qui s’était formée sur la surface intérieure d’un pneu arrière a grossi de manière démesurée depuis sa dernière vérification. Les plans changent tout à coup. Nous sommes samedi après-midi et si nous n’allons pas tout de suite faire réparer le pneu, nous devrons attendre jusqu’à lundi avant de reprendre la route.

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Lorsque nous arrivons en ville, on nous dit que le pneu n’est pas réparable. Nos deux roues de secours étant très usées, nous jugeons imprudent de rouler sur de grandes distances avec l’une d’elle. Nous voilà contraints de passer le weekend à Parnaiba jusqu’à l’ouverture des commerces lundi matin. Lorsque nous avions remplacé nos pneus au Chili nous n’en avions acheté que six en raison du prix élevé et nous nous étions promis de pallier à cette faiblesse lorsque le moment serait jugé opportun. N’ayant pas fait nos devoirs au Paraguay, nous comptions nous rendre jusqu’à Belém ou Manaus avant d’acheter deux nouveaux pneus mais le sort en a décidé autrement!

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Nous arpentons la ville à la recherche d’un lieu confortable pour passer le weekend. Notre premier choix s’avère ne pas être le bon lorsque nous découvrons une boite de nuit à proximité. Lorsque j’interroge un policier pour une suggestion après avoir tourné un peu en rond et qu’il me répond qu’il ne peut me garantir un lieu sécuritaire dans ce quartier, même sous son nez, j’ai bien envie de l’envoyer promener. Nous finissons par trouver un lieu calme à proximité de la marine militaire et devant un centre culturel. Lorsque débute très tard dans la soirée la cérémonie d’inauguration nous n’avons pas le courage de nous déplacer. Notre rue tranquille se transforme en un quartier bourdonnant pour une bonne partie de la nuit.

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Le dimanche les rues du centre historique de Parnaiba sont désertes. Nous trouvons beaucoup de charme à l’endroit et certaines demeures coloniales ont été restaurées, alors que d’autres secteurs de la ville sont carrément à l’abandon.

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Le lundi matin, nous découvrons que le centre culturel est aussi rattaché à une école privée. Nous sommes abordés par le papa de deux élèves qui a des projets de voyage avec sa famille. Il nous dit toujours être à l’affut des visiteurs étrangers qui passent par Parnaiba. Il était venu reconduire ses enfants à vélo avec sa femme mais il insiste pour aller chercher sa voiture afin d’accompagner Mathieu chez les marchands de pneus! Lorsqu’ils reviennent de cette tournée, nous prenons quelques instants pour parler de notre voyage et faire visiter notre maison roulante à la classe de leur garçon et ensuite nous faisons de même en allant visiter l’école. Une belle rencontre!

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La journée ne se poursuivra malheureusement pas sur une aussi bonne note..Premièrement, un seul des marchands visités possède la taille de pneus recherchés et les offre bien sùr à prix fort. Comble de la mauvaise surprise, une fois les roues démontées le prix grimpe encore en raison d’une erreur de numéros. Nous achetons quand même ces pneus trop chers. Deuxièmement, le balancement des roues nous demande beaucoup d’efforts puisqu’aucun des ateliers visités ne possède l’équipement nécessaire pour notre type de roues. Nous allons donc chercher des plombs dans un garage à l’autre bout de la ville pour les ramener dans un atelier compétent. Troisièmement, lors d’un passage dans une rue achalandée près du garage nous touchons l’aile d’une petite voiture avec une patte du campeur qui n’avait pas été repliée. La voiture était déjà endommagée et nous ne savons pas quels dégâts nous avons réellement causés. Lorsque le propriétaire apparait nous choisissons de lui avouer notre faute et il nous libère en nous racontant qu’il a rendez-vous le lendemain chez le carrossier. Il monte à bord sans même regarder sa voiture!

Après cette journée éprouvante nous enfilons une centaine de kilomètres pour nous éloigner psychologiquement de Parnaiba. Nous dormons dans la cour d’un hôpital juste avant São Bernardo.

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Les deux journées suivantes sont entièrement consacrées à la route.

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Les états de Piauí et de Maranhão sont les plus pauvres du Brésil. L’économie y est presqu’entièrement dépendante de l’agriculture et de l’élevage, qui à leur tour dépendent de la pluie qui peut se faire rare.

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Au lieu d’entrer à Belém en fin de journée puisqu’elle n’a pas nécessairement bonne réputation sur le plan de la sécurité, nous passons la nuit un peu avant dans un posto à Castanhal. Je mets dans le GPS les coordonnées de deux agences de voyage obtenues auprès d’autres aventuriers voyageurs ayant fait la traversée récemment. Aussi, j’en profite pour prendre une photo de notre monture, que nous pourrons présenter aux transitaires demain afin de leur donner une idée de sa taille. Suite aux témoignages recueillis, il semble que la réservation d’une embarcation peut tout aussi bien se faire par une agence et que les tarifs ne sont pas nécessairement meilleurs que si nous nous adonnons à la contraignante tâche de cogner individuellement aux portes des compagnies de transport.

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Nous entrons à Belém sans trop de problèmes mais les adresses étant localisées dans le centre historique nous peinons à trouver un endroit pour nous stationner. Nous laissons finalement le véhicule et les enfants autour d’une petite plaza et nous nous rendons à pied à la première agence. Il fait chaud et humide. Après avoir exposé notre demande, l’agente fait quelques téléphones mais finit par nous dire qu’il est impossible de voyager avec notre véhicule. Au mieux, seul le conducteur pourrait être admis. Les enfants et moi devrions voyager à bord d’un autre bateau et le départ serait dans 4 jours, avec un temps de traversée d’environ 6 jours.

Après cette première rencontre je commence à douter que les enfants ne soient admis sur une barge de transport. Je me rappelle bien que la plupart des voyageurs ont du insister pour pouvoir voyager avec leur véhicule. Je suis un peu découragée et je commence à me faire à l’idée d’une traversée tout à fait différente de celle que je m’étais imaginée, c’est à dire sans Mathieu et seule avec les enfants. Le bordel de la ville et la chaleur ne nous donnent pas du tout le goût de passer des jours à insister auprès des différentes compagnies maritimes.

Nous retournons voir les enfants pour le diner et repartons immédiatement vers la deuxième adresse. Ceci nous permet de passer à pied dans certaines rues du centre historique. L’ensemble est défraichi mais il est clair que cette ville possède une ambiance bien à elle. A cette deuxième agence, tout se passe très rapidement. Nous ne sommes pas encore assis qu’une proposition de transport nous est faite pour le soir même! La photo du véhicule est envoyée par téléphone et un prix nous revient illico qui inclut le passage pour deux personnes. C’est avec inquiétude que nous énonçons la présence de deux “personnes” additionnelles et cela passe. Le propriétaire veut nous rencontrer immédiatement. Le gars de l’agence nous amène avec sa voiture jusqu’à l’Anguille et nous le suivons en dehors du centre-ville, vers le port. C’est sur le coin de la rue que nous négocions les dernières conditions du transport avec le propriétaire. Tout cela nous semble un peu louche, précipité et plus couteux qu’anticipé mais étant donné les circonstances, la synchronicité des évènements et le fait que la traversée sera rapide puisque sans escale (moins de 5 jours) nous suivons le fil sans réfléchir et surtout, à ma grande déception, sans négocier le prix autant qu’on aurait pu… De là, le propriétaire nous guide jusqu’au point d’embarquement.

Une fois sur les lieux, on relaxe en voyant qu’il s’agit d’une vraie entreprise et que d’autres camionneurs sont aussi en attente. En fin de journée on apprend que le départ est reporté au lendemain et personne ne semble surpris. On s’installe pour la nuit. Il ne nous reste plus qu’à attendre le grand départ qui se fera sur une barge comme celle-ci.

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Le lendemain matin nous ressortons pour aller faire quelques courses. Aussi, nous nous imprégnons d’un autre univers, celui des camionneurs. Selon les exigences de l’entreprise qui les embauche, certains accompagnent leur cargaison sur la traversée mais la plupart rejoignent Manaus par avion ou repartent tout simplement avec d’autres remorques qui arrivent de Manaus. Dans la zone d’attente nous avons accès à une douche, table et chaises et un espace couvert. Même dans un lieu aussi saugrenu les enfants y trouvent leur compte : Christophe se trouve un partenaire de ballon et de discussion et Philippe se préoccupe d’un petit chien très mal en point qui s’est fait frappé à deux reprises par un véhicule. Il a aussi l’occasion d’observer à sa guise une chienne qui vient d’avoir ses petits.

Alors qu’à notre arrivée la barge ne semblait pas vouloir se remplir et que nous avons cru que notre injection d’argent pourrait faire la différence entre un départ et une attente encore plus longue, à l’embarquement les 45 espaces seront finalement occupés (9 remorques de large et 5 de long).

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L’angle de la rampe d’embarquement varie selon le niveau de l’eau.

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On nous avait demandé d’être prêts vers 14 hres mais ce n’est que vers 22 hres que nous montons à bord de la barge Colorada, les derniers en fait, pour bénéficier d’une meilleure vue et d’un petit espace de vie durant le voyage.

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Nous partagerons nos moments de traversée avec deux camionneurs de São Paolo, José Carlos et Norberto. Alors que nous dormirons dans notre véhicule, ces deux camionneurs passeront la nuit dans leurs camions respectifs. Et sur le bateau pousseur qui propulse et dirige la barge, il y a 6 membres d’équipage ( le capitaine et un second, un mécanicien, un cuisinier et deux assistants ou marinheiros).

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Lorsqu’on se lève la barge a pris son départ depuis quelques heures. Il fait déjà chaud et José Carlos se fait un plaisir de nous offrir notre baptême de l’Amazone, lui qui est un habitué de ce genre de traversée.

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Et à partir de ces premiers instants on découvre petit à petit ce qu’est la vie dans cette région du monde…il devient évident que nous avions beaucoup de fausses idées. L’Amazonie est loin d’être vierge (un voyage d’au moins 5 jours par bateau, loin des centres urbains est nécessaire pour voir la forêt intacte) et l’itinéraire que nous empruntons nous fait voir que l’Amazone est une autoroute fluviale. Les rivières sont les artères de l’Amazonie pour le transport de passagers et de marchandises. Nous croiserons des embarcations de tout acabit et à toutes heures du jour et de la nuit.

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Même si les habitations sont rustiques, elles sont nombreuses à posséder l’électricité, la télévision et une machine à laver.

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Le déroulement de nos journées sur la barge deviendra immédiatement très routinier, organisé tout d’abord par l’heure des repas que nous prenons dans la cuisine du bateau pousseur et aussi par les moments de chaleur qui prévalent à partir de midi jusqu’à 17 heures et qui nous incitent à chercher des zones d’ombre où nous le pouvons. Nous nous sentons immédiatement à l’aise dans cet environnement et apprécions la possibilité de regagner nos “quartiers” à l’avant de la barge une fois les repas terminés.

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Tout au long de ce parcours entre Belém et Manaus qui s’étire sur 1500 km, des agglomérations plus ou moins importantes sont présentes. Certaines d’entres elles sont même reliées par des routes. Des terrains dédiés à l’élevage ont été aménagés un peu partout.

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Dans les zones les plus habitées, de petites embarcations à moteur viennent même s’arrimer au bateau pousseur en mouvement; les gens montent à bord et viennent offrir leur marchandise (poissons, açaï, objets en bois) en échange d’argent ou de diésel.

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Le fleuve Amazone de par sa grandeur, son volume d’eau et son nombre d’affluents n’a pas d’égal dans le monde. Il ne s’agit pas en fait d’un seul fleuve, mais plutôt d’un immense réseau de cours d’eau qui s’étend sur neuf pays. Ce système aquatique fait 6 577 km de long dont 3 165 km sont en territoire brésilien. Des bateaux pesant jusqu’à 4 500 tonnes circulent sur le fleuve jusqu’à Iquitos au Pérou.

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La deuxième nuit nous naviguons dans une partie très étroite, un canal, et le lendemain nous sommes ravis de pouvoir observer d’aussi près les derniers kilomètres de ce passage très vivant. Philippe distribue des sacs de vêtements -que lui avait confié un homme rencontré à l’embarquement et qui n’avait pas pu faire le voyage tel que prévu- aux gens (souvent des enfants) du coin qui s’empressent de venir les recueillir à bord de leur petites barques.

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Une très jolie scène où un jeune garçon d’une dizaine d’années vient chercher sa petite sœur.

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Le corridor que nous traversons au moins trois fois par jour pour rejoindre le bateau pousseur. Le petit déjeuner est servi à 7 hres, le dîner à 11 hres et le souper à 17 hres. L’heure du repas nous est invariablement annoncée par un genre de grognement venant du cuisinier alors qu’il s’avance à l’avant de la barge pour fumer une cigarette.

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A table, les conversations sont difficiles puisque le bruit du moteur est assourdissant. La nourriture est bonne, bien qu’au bout de la semaine elle nous semble un peu plus monotone. Il y a de la viande à tous les repas (poulet, poisson, bœuf, saucisses), du riz, des légumes frais les premiers jours, des pâtes et des haricots en sauce. Il y a toujours un bon jus glacé et Philippe ne se gêne pas pour en boire à volonté.

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Le cuisinier travaille dans des conditions qui me semblent loin d’être optimales.

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La salle des moteurs et la salle de bain, avec une douche dont l’eau est pompée directement du fleuve. Il y a donc beaucoup de débit!

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Même si ce n’est pas autour de la table que nous avons nos plus grandes discussions, nous nous lions d’amitié avec nos deux compagnons de voyage.

José Carlos a un rire franc et une personnalité bon enfant. Il adore la danse, la pêche et la formula truck. Il consacrera beaucoup de temps à observer à travers nos jumelles les décors filant sous ses yeux. Ne nécessitant pas beaucoup de sommeil, il passera souvent une bonne partie de la nuit à la belle étoile. Il retrouve en Philippe un peu de son petit-fils et le taquinera affectueusement à plusieurs reprises (même si cela ne lui plait pas toujours, Philippe a souvent eu l’occasion d’incarner auprès de différentes personnes rencontrées le petit-fils adoré). Norberto est un homme attachant et au cœur tendre. Il est volubile et a toujours une anecdote à raconter. C’est aussi un gourmand et il nous fait rire et saliver à de nombreuses reprises en nous décrivant les recettes du chef français Oliver qui a une émission de télé sur une chaîne brésilienne. Grâce à son style direct et éloquent, nous aurons droit à notre meilleure leçon de portugais du voyage!

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Dans un hamac sous une remorque, il n’y a pas de meilleur endroit pour faire une petite sieste en après-midi.

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Une journée pluvieuse sur l’Amazone passe plus lentement mais ne devient pas ennuyeuse pour autant.

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Vue de la barge à partir du poste de commande du capitaine, que l’on aperçoit torse nu alors que n’a pas encore commencé son quart de nuit.

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La ville d’Óbidos semble très pittoresque!

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Service de transport express et autobus scolaire amazonien!

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Nos soirées sont aussi agréables que nos journées. Toujours installés à l’avant nous regardons le coucher de soleil et ensuite le ciel étoilé. La nuit le capitaine a recours à un gros projecteur qu’il utilise à intervalles réguliers pour balayer le fleuve et ses berges. Ceci nous permet de « voir » nous aussi ce qu’il y a devant nous.

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Le soir José Carlos s’amuse à éclairer avec sa lampe de poche les nombreux troncs d’arbres qui font un bruit métallique lorsqu’ils passent sous notre embarcation. Avec le vent, les moustiques sont rarement dérangeants.

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Lorsque nous voyons passer les « recreos » ces embarcations où les passagers dorment dans des hamacs ou en cabine avec de la musique qui joue à fond sans répit, nous sommes bien heureux d’être là où nous sommes.

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Notre souhait de voir notre voyage sur l’Amazone se poursuivre plus longtemps semble vouloir s’exaucer lorsque durant la nuit un immense tronc brise le gouvernail. Sans lui  nous partons à la dérive. Accostés, nous attendons toute la journée le bateau de secours qui arrivera vers 19 hres.

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Trois membres de l’équipage et José Carlos qui avaient emprunté l’embarcation de secours pour aller faire on ne sait trop quoi dans un petit village situé à 3 kilomètres de notre lieu de naufrage tardent à revenir et le capitaine craint de devoir repartir sans eux. Leur absence prologée laisse place à toutes sortes d’interprétations. Ils reviennent juste à temps, c’est-à-dire moins de dix minutes avant que le départ soit donné. Mais au lieu des deux jeunes matelots, c’est un autre homme portant un manteau à l’effigie de la compagnie de transport qui est à bord. On ne comprend pas tout mais notre voyage continue.

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Ce genre de voyage n’en est pas un pour observer la faune et la flore amazonienne mais en plus de nous offrir un aperçu de la vastitude de la région il y a quand même beaucoup de choses à apprécier, notamment les reflets argentés du fleuve, les nombreux dauphins que l’on voit sauter et qu’on entend parfois respirer, quelques oiseaux, dont de rares guacamayos, les éclairs du soir et les couleurs changeantes du ciel.

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Le nouveau bateau pousseur étant plus petit les manœuvres sont plus difficiles et le capitaine ne voit pas assez bien devant lui. Nous passons donc de nouveau la nuit immobilisés sur le bord. Voilà que notre séjour se prolonge encore. De plus, le capitaine qui avait maintenu une vitesse moyenne de 16 km/heure pour compléter son trajet dans les temps estimés mettra la pédale douce car nous manquerons de carburant à cette vitesse.

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Reginaldo, cet homme monté à bord la veille qui nous semblait venu de nulle part nous a amusé pendant un instant. Il s’est tout d’abord présenté en mentionnant qu’il avait trois femmes et aurait voulu convaincre Mathieu d’en faire autant. Dynamique et ayant participé à différentes entreprises, dont le transport de marchandises illicites par avion, la construction d’une ligne électrique dans l’Amazonie et œuvrant maintenant dans le transport fluvial, il s’intéresse à notre Anguille et nous offre même de l’acheter!

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Un de nos endroits préférés en après-midi pour lire à l’abri du soleil.

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C’est à ce même endroit que nous avons une petite frousse lorsque dans un passage plus étroit et lors d’une journée présentant de forts courants nous sommes doublés par une autre barge qui entre en collision avec la notre! Un contact “léger” peut-être mais nous étions au première loge pour le voir arriver.

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Nous avons droit à un deuxième changement de bateau pousseur, pour un plus costaud et également à un ravitaillement en carburant en plein fleuve, sans ralentir notre course.

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Quelques kilomètres avant d’arriver à Manaus nous croisons la “rencontre des eaux”. Le Rio Negro aux eaux bleues-noires et le Rio Solimões (Amazone) aux eaux brunes-jaunes se côtoient pendant une quinzaine de kilomètres sans se fusionner. Ce phénomène serait causé par les différences de température, de densité et de vitesse des deux fleuves.

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Nous sommes devant le port de Manaus, la capitale de l’état Amazonas et nous attendons d’amarrer au quai. Notre traversée aura duré presque 7 jours. Les enfants ont été remarquables. Comme d’habitude ils se sont très bien adaptés et ont fait preuve d’une grande patience. Je n’ai pas eu à me faire de soucis pour eux, ni à planifier quoique ce soit pour leur faciliter la vie. À les côtoyer 24/24 il est parfois difficile de prendre du recul et apprécier leur développement, mais ce moment particulier me permet de le faire. Je suis très fière de mes enfants. Nous avons fait de belles rencontres et la vie sur le bateau est tout de même inusitée. Je les trouve chanceux de pouvoir vivre toutes ces expériences.

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La remontée de l’Amazone nous semblait quelque chose de bien particulier avant de l’entreprendre. Ce fut beaucoup moins rustique et plus confortable que ce que l’on avait imaginé. Nous nous sentons extrêmement privilégiés d’avoir pu la réaliser aussi facilement.

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Après avoir passé la nuit à Manaus dans l’enceinte de l’entreprise de transport, nous reprenons la route. Nos compagnons quant à eux reprennent le chemin inverse vers Belém et São Paolo avec de nouvelles remorques. Ils ne seront pas chez-eux avant un mois environ!

Nous ne visiterons malheureusement pas plus Manaus (et son fameux théâtre) que Belém. Si nous ne perdons pas de temps, nous arriverons en temps voulu à la frontière.

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A Presidente Figueiro nous croisons Daniel un jeune Chilien qui revient du Venezuela.

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Nous dormons juste avant la réserve indienne Waimiri Atroari où il est interdit de circuler après 18 hres.

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Nous traversons de nouveau la ligne de l’équateur. Nous voilà dans l’hémisphère nord, après deux ans passés dans l’hémisphère sud!

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Perchés sur un tronc de palmier sans tête, voilà deux beaux spécimens de guacamayos jaunes et bleus!

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Nous sommes impressionnés par la taille de ces troncs d’arbres.

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Après une nuit à Boa Vista et une autre à Pacaraima, la dernière ville avant le Venezuela qui est maintenant tout près, nous franchirons la frontière une journée avant l’expiration de notre visa!

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Tchau Brasil!

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7 commentaires pour Avec notre Anguille sur l’Amazone!

  1. AL. dit :

    Chère Pascale,
    Ton périple sur l’Amazone nous rappelle des images semblables de voyage en pirogue au Panama chez les Chocos..
    Ton commentaire disant que tu étais fière de tes deux fils sur la barge ne me surprend pas …
    Je me souviens de leur sollicitude envers nous, (les grands-parents), au BRÉSIL…
    Tes images nous montrent à quel point les gens reconnaissent  »qui vous êtes »

  2. Den dit :

    Pascale,
    J’ai trouvé très intéressant de me promener sur l’Amazone grâce à tes photos pour en découvrir les aspects inconnus.
    Vous avez vécu une semaine riche d’expériences, hors des sentiers battus, et vous avez su l’apprécier pour nous la partager. Merci.

  3. Quelle incroyable aventure! Une perspective inoubliable de l’Amazone!

  4. Andr Duchesne dit :

    Bonjour grands voyageurs du Québec, Nous aussi visitons l’Amerique du Sud depuis juillet 2014. C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons lu votre article sur la traversée de l’Amazone. Comme ns devons la faire bientot , vous serait-il possible de nous communiquer les coordonnées de l’entreprise avec laquelle vous avez fait affaire pour votre traversée svp ? Ce serait très apprécié merci à l’avance. Nous continuons à vous suivre.

    Bonne continuation André Duchesne Martine Campeau Andremartine1963@outlook.com

    Date: Fri, 27 Feb 2015 14:53:44 +0000 To: andremartine1963@outlook.com

  5. Serge Lafreniere dit :

    Merci encore pour ce bout d’aventure et qui pour moi est très spécial,donc ça me montre a quel point je suis privilégié au sein du groupe des transport loin qui pas plus tard démontrait un peu d’impatience du a une faillite dans le pare brise après avoir vu ce périple j’ai hâte de retourné tantôt a mon travail.. Continué votre beau rêve.

  6. Serge Lafreniere dit :

    Hi Hi Hi j’ai de la difficulté avec le pitonnage je voulais écrire transport Robert, et une faille dans le pare brise . La je m’apprête a l’envoyé et je ne suis pas surpris que ce soit tout croche. BY BY.

  7. Bonjour la charmante petite famille! Cela faisait quelques mois que je n’avais pas pris le temps de lire sur votre merveilleux voyage, étant occupée dans ma nouvelle routine de vie de maman. Hier je m’amusais à imaginer mon petit garçon plus grand et cela m’a fait penser à vous. Je suis heureuse de voir que le moral semble toujours bon et que vous continuez à bien avancer malgré les embûches. Avec le climat d’austérité qu’il y a présentement au Québec, je suis certaine que Mathieu ne s’ennuie pas des avions et des responsabilités qui venaient avec. Disons que moi non plus elles ne me manquent pas trop. En passant, un gros merci de me permettre de voyager grâce à vos belles aventures, et qui sait, peut-être qu’un jour je pourrai en vivre de semblables!

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