Venezuela, ça va!

Le Venezuela n’a pas bonne presse depuis quelques années et la situation s’est encore détériorée dans les derniers mois. C’est donc avec de nombreuses réserves que nous avons entamé sa découverte. En débutant son exploration par la Gran Sabana, une région à l’écart des zones à risques, nous nous sommes toutefois réservés une entrée tout en douceur. Maintenant sur la côte Oriente, notre acclimatation se poursuit dans de bonnes conditions et nous pouvons dire que le Venezuela possède un potentiel extraordinaire pour les amateurs de nature et d’aventure.

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Oui le Venezuela fait peur. Puisqu’il est moins fréquenté depuis quelques années, les informations sur la situation en cours pour les voyageurs terrestres sont maigres, il y a beaucoup de ouïe-dire et le peu de récits qui en émanent sont mitigés. D’un côté on s’exclame devant le pouvoir d’achat décuplé, la quasi gratuité du carburant et les richesses naturelles du pays mais de l’autre, on déplore l’insécurité générale, le climat dégradé, la pénurie de produits de première nécessité, les manifestations violentes, la corruption policière et l’approvisionnement restreint en carburant près des frontières. Bref, rien de bien rassurant pour le visiteur. Toutefois, nos choix précédents nous ayant conduits jusqu’à cette frontière il nous faut maintenant faire face à ce climat d’incertitude avec prudence et discernement.

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Au début 2013, lorsque nous étions en Colombie nous avions envisagé un passage au Venezuela. Toutefois, cette boucle n’était pas “pratique” côté itinéraire et à l’époque,  Chavez vivait ses derniers moments et le pays était en émoi. Avec regrets nous avions renoncé à sa visite. Deux ans plus tard, nous voilà de nouveau aux portes de ce pays qui va de mal en pis.

La compréhension de la situation politique et économique du Venezuela exige de nombreuses lectures et discussions et demande de se renseigner bien plus loin que ce que nous présentent les médias… De pénétrer dans un pays aussi chargé politiquement et de ne pas comprendre vraiment ce qui en retourne me parait très naïf. En même temps, prétendre en savoir suffisamment me semble également prétentieux. Devant ce dilemme il ne reste qu’à nous laisser guider par notre intuition et de poursuivre notre voyage comme nous l’avons fait précédemment, c’est-à-dire comme de simples observateurs, pour voir ensuite quelles impressions ce Venezuela chamboulé nous laissera…

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La sortie du Brésil à Pacaraima et l’entrée au Venezuela à Santa Elena de Uairén se fait très facilement. Il s’agit d’un tout petit poste frontalier qui n’est même pas ouvert 24 heures. Les véhicules/gens circulent librement entre les deux villages. Un poste d’essence “international” s’y retrouve pour les véhicules étrangers et brésiliens qui veulent faire le plein de manière plus économique qu’au Brésil (mais pas encore tout à fait au bas prix vénézuélien). Nous remplissons le réservoir car la prochaine station avec du diésel ne sera pas avant 400 km. Du diésel de contrebande est disponible à Santa Elena mais nous craignons pour sa qualité.

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Lorsque les formalités d’immigration sont complétées, on apprend que le bureau chargé de l’importation des véhicules est fermé en raison du fameux Carnaval qui semble également être célébré côté vénézuélien. Nous avons la possibilité d’aller en ville et de revenir le lendemain mais puisque nous n’avons encore jamais passé de nuit en no man’s land et que deux autres équipages de voyageurs sont également en attente depuis hier, nous optons pour patienter sur place et faire connaissance avec eux.

Ces voyageurs, un jeune couple suisse, et l’autre allemand, se sont rencontrés sur la route et voyagent ensemble depuis quelques temps. Nos itinéraires risquent de se croiser à l’intérieur du Venezuela puisque nos sources d’informations sont similaires. Nous les retrouvons d’ailleurs le lendemain à l’adresse de Santa Elena de Uairén.

Lorsque nous terminons de compléter notre dossier pour le véhicule nous rencontrons plusieurs brésiliens de Manaus de retour ou en route vers l’Ile de Margarita. Pour eux, il s’agit de la station balnéaire la plus proche. L’un d’entre eux nous remet d’ailleurs une carte touristique conçue spécialement à l’intention des Brésiliens décrivant avec détails les informations nécessaires au trajet, incluant les arrêts et services ponctuant la route à partir de Manaus jusqu’à Margarita.

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Les enfants jouent au ballon avec un petit garçon qui vient travailler tous les jours avec ses parents entre les deux frontières. Sa mère, Evelyne, est haïtienne. Elle vend du jus d’oranges pressées et son conjoint de la crème glacée. Evelyne a perdu sa famille lors de la dernière grande catastrophe qui a secoué Haïti. Depuis, elle a vécu un certain temps en Guyane et rêve d’aller s’établir au Canada. Elle est très contente de pouvoir parler en français avec nous et s’émerveille de nos aventures respectives. Elle déborde de questions.

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Un des motifs qui a motivé notre progression soutenue vers le Venezuela était la venue de l’anniversaire de Philippe qui souhaitait pouvoir célébrer dans un lieu digne de cette occasion. Nous avons visé juste en allant à la Posada Los Pinos puisqu’en plus d’y trouver les commodités recherchées, Philippe rencontre un jeune de son âge avec qui jouer. Le propriétaire de la posada, d’origine allemande et marié avec une Vénézuélienne, a un fils de 12 ans qui vit sur les lieux. Philippe est donc invité dans la salle de jeu et la maison familiale.

Le matin de son anniversaire Philippe découvre sur sa tablette un montage photo réalisé par son frère illustrant quelques unes de ses fantaisies rêvées.

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Tout au long de la journée il a droit à ses menus préférés, tous sélectionnés longtemps d’avance par le principal intéressé, en commençant par un déjeuner avec dessert et bien sûr des extras qui sont permis les jours de fête.

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Philippe 11 ans et son copain Joël. Bonne Fête Philou!

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Durant notre séjour à Santa Elena, ville frontière et marchande animée, nous employons notre temps à faire des emplettes, changer de l’argent, faire le changement d’huile et la lessive et préparer les premières étapes de notre itinéraire. Les commerçants sont de différentes nationalités et les Brésiliens y viennent faire des achats régulièrement. Plusieurs nous disent qu’il s’agit de la ville la plus sécuritaire et amicale du pays mais puisque les échanges que nous avons sont avant tout utilitaires, nous ne trouvons pas les gens particulièrement sympathiques. Dans les épiceries, qui sont majoritairement tenues par des Chinois, on finit par trouver de tout pour emplir son garde-manger. Puisqu’on nous a parlé de pénurie pour certains items  (des produits subventionnés par l’état qui se vendent à très bas prix sont stockés dans certains lieux pour ensuite être revendus à prix gonflés au pays ou ailleurs), on fait quelques provisions.

Même si nous avons des appréhensions pour le Venezuela en général, il faut dire que nous nous sentons en confiance dans cette partie du pays, la Gran Sabana qui est située à l’intérieur du Parque Nacional Canaima, une zone naturelle traversée par de nombreuses rivières et cascades, parsemée d’ilots de forêts et encadrée par une chaîne de montagnes aux cimes aplaties.

Les secteurs les plus spectaculaires de cette région sont évidemment éloignés de la route principale et ce n’est pas pour rien que l’ensemble des tours operators de la région possèdent des Toyota Lancruiser. Avant d’entamer l’exploration de la Gran Sabana nos doutes ne viennent donc pas de l’insécurité vénézuélienne mais découlent plutôt de caractéristiques liées à notre véhicule et j’ai nommé sa piètre performance sur les pistes et son autonomie limitée en carburant. Mais il en faut plus pour faire taire nos élans d’explorateurs.

Nous attaquons donc la route qui mène au village d’El Pauji, situé 75 km à l’est de Santa Elena. La route se détériore rapidement, notre progression est lente et le véhicule craque lorsqu’il s’écartèle aux passages des trous et crevasses mais nos ardeurs sont neuves, et nous avançons.

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Nous passons la nuit au Salto Catedral et sommes seuls pour profiter de ce bel endroit.

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Le lendemain il reste moins de 20 km à parcourir pour atteindre le village. Sur la route vers El Pauji, il y plusieurs petits ponts à traverser couverts de plaques de métal. Par moment, leurs rebords biscornus combinés à la présence de trous profonds à leur approche nous font craindre la crevaison.

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Les motos et les Lands chargés de passagers ou de marchandises circulent allègrement sur la piste alors que notre Anguille semble bien loin de son élément.

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A seulement 5 kilomètres du village d’El Pauji nous sommes contraints d’abandonner notre progression. Après deux tentatives infructueuses de gravir une pente nous décidons de ne pas aller plus loin. La route est finalement trop mauvaise, des bosses et des trous mal placés font en sorte que le différentiel touche le sol et que les roues patinent.

L’Anguille qui nous a rendus si fiers la semaine dernière sur l’Amazone nous fait maintenant honte. C’est un moment déchirant alors que nous sommes si près du but. Soit on sort la pelle et on fait des travaux de voiries pendant quelques heures, soit on abandonne. Nous ne voulons pas laisser le véhicule seul sur le bord de la route pendant qu’on complète le reste à pied.

On pourrait bien sûr débattre “à qui la faute”? à la fidèle Anguille ou à nous? Pourquoi avoir tenté en premier lieu cette route alors que nous savions pertinemment qu’elle n’était pas adaptée à notre type de véhicule? Nos vieux démons nous rattrapent, une fois de plus nos ambitions dépassent nos moyens.

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C’est la queue entre les jambes que nous retournons passer une deuxième nuit au Salto Catedral mais nous n’abandonnons pas l’idée d’atteindre El Pauji. Nous ferons du pouce, trouverons un taxi ou prendrons l’autobus qui passe en principe une fois par jour.

Le lendemain matin, après avoir attendu pendant quelques heures sans succès un transport quelconque nous retournons sur nos pas vers la communauté de Karapauray. De là nous pourrons peut-être trouver un taxi? Le chef de la communauté nous réfère à un chauffeur potentiel mais celui-ci n’est pas disponible.

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A cette heure avancée, les véhicules en direction d’El Pauji se font rares et nos interrogations sur les moyens de transport disponibles n’obtiennent que des réponses évasives… Nous passons finalement la nuit sur place et le lendemain matin nous sommes prêts dès 7 heures. “Ah, vous auriez pu prendre le transport des écoliers qui vient de partir” nous dit-on! Alors qu’elle pourrait sembler agaçante, cette situation ne nous offusque pas puisqu’elle semble faire partie des mœurs. Comme nous l’avons déjà expérimenté ailleurs, dans des lieux non touristiques, si on ne pose pas la bonne question, nous n’obtenons pas d’informations superflues.

Finalement, à force de patience et suite à plusieurs refus, nous montons tous les quatre à bord d’une petite camionnette.

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Notre présence pendant deux jours à l’entrée de Karapauray nous permet d’observer les allées et venues dans cette petite communauté tranquille. Déjà la deuxième journée, les conversations sont plus faciles et nous avons la chance d’échanger plus longuement avec le “capitan” et l’une des institutrice de l’école primaire.

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Ces trois jeunes ingénieures et géologues travaillant pour une compagnie espagnole et venus de Caracas pour faire une étude environnementale nous auront permis d’atteindre El Pauji. Ils nous déposent sur la piste d’atterrissage, tout près de l’entrée du sentier menant à El Abismo.

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El Pauji est une petite communauté agricole qui compte de nombreux étrangers et qui est réputée pour sa production de miel de grande qualité.

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De l’autre côté de cette colline, qui se termine par une falaise abrupte, débute la forêt amazonienne.

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El Abismo. Un lieu magique et symbolique. Nous tenions vraiment à voir de nos propres yeux cet endroit unique.

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Nous sommes prévoyants pour le retour et faisons tout de suite le pied de grue après notre randonnée pour ne pas être coincés à El Pauji sans notre véhicule, faisant une croix sur les autres attractions du coin. Cette fois-ci, nous trouvons un lift relativement rapidement. Un homme qui nous avait refusé le matin nous reconnait et nous fait signe de monter. Lui et ses compagnons reviennent de l’établissement minier d’Icabaru. Le jeune homme à l’arrière manipule un petit sac de plastique contenant des particules d’or. Peut-être retournent–ils à Santa Elena pour vendre le fruit de leur récolte?

Alors que nous avions fait le chemin vers Pauji bien lentement la veille et aussi ce matin avec des gens de la ville, nous avons droit à une ride de l’enfer avec cet habitué qui prend les courbes à 80 km/h avec des pointes à 100 dans les lignes droites. Philippe suit l’indicateur de vitesse des yeux et nous rapporte les faits ainsi que des bribes de conversation entre le chauffeur et le passager qui se racontent des incidents survenus sur cette même route. Nous avons très peur et cela nous fait rire tous les quatre. On ne veut pas rentrer à pied alors on s’agrippe comme on peut, jusqu’à en avoir mal aux bras.

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Après cette première tranche d’aventure, nous retournons vers Santa Elena.

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Nous nous dirigeons vers une excellente adresse, le Ya-Koo Camp tenu par un allemand et situé un peu à l’écart de la ville. Le genre d’endroit où l’on pourrait s’éterniser…

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Nous passons une excellente soirée avec Manfred qui nous fait écouter des documentaires sur le Roraima, mais aussi un film relatant son expédition dans la Gran Sabana en 1972!

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Avant de quitter Santa Elena pour de bon nous échangeons de l’argent dans une petite boutique qui se spécialise dans l’achat d’or et de pierres précieuses (la fièvre de l’or et du diamant bat encore son plein ici et la plupart sont des chercheurs indépendants et souvent illégaux). La dernière fois nous y avions obtenu un meilleur taux que celui offert dans la rue où les changeurs d’argent sont omniprésents et bien visibles avec leurs vestes rouges.

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Pour deux cent dollars on se retrouve avec un pile de billets surprenante ! Au moment de notre passage 1 dollar US donnait droit à 165 bolivars. Le taux officiel étant aux alentours de 6 pour un dollar. Un billet de 100 bolivars (la plus grosse coupure en circulation) équivaut donc à environ 0,75$ canadiens…

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La troncal 10 qui traverse la Gran Sabana est la route panoramique par excellence du Venezuela. Elle est pavée et en bonne condition sur toute sa longueur. A part quelques villages habités par les indiens pemóns, l’espace est peu peuplé.

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Quelle n’est pas notre surprise lors de notre premier arrêt lorsque nous apercevons une motocyclette immatriculée au Québec. La surprise de François Bourbonnais, son propriétaire, surpasse la nôtre! Très improbable de faire pareille rencontre dans un lieu aussi éloigné. Ce journaliste radiophonique voyage en sens contraire au nôtre depuis 6 mois et son tempo est beaucoup plus rapide.

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La Quebrada de Jaspe

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Une belle glissade amusante jusqu’à ce qu’on se frappe la tête.

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Une nuit dans la communauté de San Francisco de Yuruani avant d’entreprendre une autre piste, celle qui mène au camp de base du Roraima. Régulièrement nous rencontrons des postes de contrôle militaire ou policier. Jusqu’à présent, on nous laisse passer rapidement et très peu exigent de voir l’intérieur du campeur.

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Les images du Roraima vues chez Manfred, les photos venant des blogues de voyageurs s’étant rendus à sa base et la lecture par Mathieu du livre de Conan Doyle (The Lost World) font en sorte que nous aussi nous voulons nous rendre au camp de base du départ des expéditions du Roraima pour en avoir des vues extraordinaires! En raison de son aspect magique et mystérieux, l’excursion vers le sommet du Roraima constitue aujourd’hui l’une des routes de trekking les plus fascinantes de l’Amérique du Sud.

Mais cette fois-ci les marques de notre dernière expédition sur piste sont trop fraiches et des les premières difficultés nous déclarons forfait. Encore une fois nous sommes très déçus, nous ne verrons pas le mythique Roraima et les sentiments de haine éprouvés par Mathieu envers notre véhicule atteignent des sommets.

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Salto Yuruani

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La Gran Sabana regorge de chutes, de cascades et de piscines naturelles pour la baignade. Il est impossible de les visiter tous! Le Balneario Soruape est sûrement bien populaire en haute saison.

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Lorsque ce petit groupe quitte les lieux nous l’avons pour nous seuls.

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L’un des seuls inconvénients de cette belle Gran Sabana est la présence de puri puri. Ce sont de minuscules mouches qui piquent surtout en début et fin de journée. Si on succombe aux démangeaisons initiales, on se gratte ensuite pendant des jours.

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Le ciel est souvent couvert et il est difficile d’apercevoir les tepuis qui font aussi leur propre météo.

Le mot tepui provient de la langue des pemóns et signifie montagne. S’ils étaient localisés aux Etats-Unis, les tepuis se nommeraient mesas en raison de leurs cimes aplaties. Les tepuis sont beaucoup plus anciens que les Andes et n’en font pas partie. Leurs parois rocheuses et verticales s’élèvent abruptement au dessus de la Grande Savane. Avec ses     2 810 m le mont Roraima est le plus haut. C’est dans cette même région qu’on retrouve Angel Falls, la cascade la plus haute du monde qui tombe sur 979 m à partir de la cime du tepui Auyan. Cette attraction est la plus connue et visitée du Venezuela.

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Les tepuis sont l’une des formations géologiques les plus anciennes de l’Amérique du Sud. Leur âge est estimé à plus de 1.8 millions d’années. Cela signifie que la matière qui les compose était déjà présente alors que l’Amérique du Sud faisait encore partie de l’énorme continent Gondwana, avant qu’il ne se sépare pour donner naissance à l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Inde, l’Antarctique et l’Australie.

Les plantes et les animaux qui habitent les tepuis ont évolué pour la plupart en isolation des terres basses et des autres tepuis, ce qui rend leur étude fascinante.

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Quebrada Pacheco

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Salto Kama

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Salto Kawi

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Au poste militaire de Luepa on bifurque vers la gauche en direction du village de Kavanayén. Nos réserves en carburant sont cependant insuffisantes pour faire le détour jusqu’au Salto Aponwao mais c’est déjà mieux que rien.

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Cette fois-ci, la route est plus clémente et nous arrivons sans peine à Kavanayen. Le Salto Karuay demeurera hors d’atteinte en raison de son accès difficile et puisque nous sommes en basse saison, il n’y a pas de transport facilement disponible. Nous nous contentons de découvrir l’ambiance de ce village entouré de tepuis.

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Le Santuario de Santa Teresita de Kavanayén. De chaque côté, on retrouve d’imposants édifices construits avec des pierres locales.

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La majorité des constructions de la communauté, suivant une norme commune, ont également été faites avec des pierres de la zone, ce qui donne un ensemble harmonieux, ce qui est plutôt rare dans les villages.

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La position surélevée du village permet une vue panoramique sur la savane et les tepuis environnants. Par ailleurs les gens sont très aimables.

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Afin de nous imprégner de ce décor splendide nous parcourons à pied la distance qui nous sépare d’une petite baignade au milieu de nulle part.

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Une “boulangerie” sur le chemin de Kavanayen  avec tout l’équipement pour les mois plus achalandés.

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Jusqu’à l’entrée de ce qui constitue le début de la Gran Sabana, les possibilités d’arrêts se poursuivent, tel le monumento al Soldado Pionero qui souligne ceux qui ont travaillé à construire la route jusqu’à la frontière inaugurée en 1973.

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Et puis là à Las Claritas, on peut dire que nous faisons notre entrée au Venezuela! C’est sale, congestionné et il faut faire son chemin à travers le désordre. A la localisation connue sous le nom de km 88, il n’y a pas de diésel à la station…mais puisqu’ il nous en faut on choisit de payer le prix demandé pour s’en procurer sur la rue.

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El Dorado est un centre minier. Nous avons une adresse pour passer la nuit en bordure du fleuve Cuyuni.

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A Tumeremo nous trouvons de la viande et des fruits et légumes. Nous effectuons notre premier plein officiel, à 0, 048 bolivar le litre! Faites le calcul (0,03$ pour 100 litres)! Le diésel lorsqu’il y en a, est moins populaire que l’essence et les files sont moins longues. En dehors des zones frontalières on ne rechigne pas à nous en vendre comme c’était le cas en Bolivie où l’étranger doit souvent négocier les conditions de remplissage.

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A Puerto Ordaz, nous nous sentons bien accueillis lorsqu’un gentil monsieur nous offre de le suivre jusqu’à notre destination, le parc La Llovizna!

Puerto Ordaz qui a été fondée en 1952 à titre de port pour expédier le minerai de fer est maintenant jumelé à la ville voisine, San Félix, beaucoup plus ancienne (1576) pour former Ciudad Guyana, qui est le centre principal des industries lourdes du pays. Le coût de vie à Puerto Ordaz est l’un des plus élevé du Venezuela. Dans le stationnement du parc, les voitures sont récentes et les vieux tacos que nous avons vus sur les routes se font rares.

Les centres commerciaux sont nombreux mais plusieurs bâtiments sont défraichis. On remarque des restaurants des chaînes Wendys et McDonald. En janvier il y a eu un problème d’approvisionnement de frites congelées qui auraient alors été remplacées par du manioc frit mais aujourd’hui les McDonalds semblent fermés. Des concessionnaires automobiles sont bien visibles mais il n’y a pas de voitures dans les salles de montre.

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Ce parc urbain aménagé autour d’une station hydroélectrique est très beau. Les gens de la ville le fréquentent en grand nombre pour leur entrainement santé.

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On retrouve 26 îles séparées par des canaux étroits qui sont réunies par 36 petits ponts.

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A proximité du parc La Llovizna, il y a l’Ecomuséo del Caroni qui permet de voir les turbines de près.

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Nous trouvons sur le bord de la route ou aux intersections, de nombreux vendeurs de nourriture. Ce phénomène est présent dans bien des pays mais il me semble que cela est encore plus frappant ici. On vend ici des boissons et ce qui parait être de la peau de cochon grillée.

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Le puente Orinoquia enjambe le fleuve Orinoco depuis 2006. A cette pause photo nous sommes interpelés par un homme qui nous donne gentiment quelques conseils sur notre passage au Venezuela. Lorsqu’il nous donne son nom on réalise qu’il s’agit de Peter, propriétaire de la posada La Casita, de Ciudad Bolivar reconnue pour très bien accueillir les overlanders!

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Petit détour vers San José de Bruja, dans l’espoir peut-être de faire un petit tour de bateau dans le delta de l’Orénoque…Finalement, cela ne se fera pas mais nous aurons au moins eu la possibilité d’observer un tout petit peu la vie de ce village.

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Nous passons à travers la ville de Maturin, une autre ville importante et la capitale de l’état de Monagas, région de pétrole.

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En route vers Caripe, nous rencontrons des zones de cultures d’agrumes.

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Les petits restos maison sont nombreux et les grillades bien tentantes. Les arepas de cette région sont très dodus! Un pour les 4, c’est suffisant pour le moment.

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Nous passons deux nuits paisibles à la Cueva del Guácharo. En attendant la reprise des visites de la caverne le mardi matin nous effectuons une petite balade vers le Salto Paila où il n’y a qu’un mince filet d’eau à cette époque de l’année.

Ce système de caverne long de 10,2 km abrite dans sa première section une colonie de plus de 10 000 guácharos (oilbirds) qui grâce à leur système de radar volent uniquement de nuit. Ils sortent de la caverne à la tombée du jour à la recherche de nourriture, avec un bruit caractéristique.

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Nous rencontrons un jeune biologiste Australien qui vient de terminer un projet de recensement des tortues marines au Costa Rica. Il s’apprête à s’envoler pour les Galápagos avant de rejoindre un tour organisé destiné aux jeunes adultes parcourant le Chili, l’Argentine et le Brésil. Nous échangeons également avec un petit groupe de Français venus faire la visite de la caverne. L’un des deux couples présents est propriétaire d’une auberge à Santa Fe depuis 7 ans. Même si la situation est difficile actuellement (approvisionnement difficile, baisse de l’achalandage), ils souhaitent rester au Venezuela. Ils profitent même de l’incertitude économique pour acheter et développer de nouveaux projets. Finalement, nous faisons la connaissance d’un couple allemand (Amon et Willy) voyageant à bord d’un Sprinter aménagé. Nous découvrons qu’ils sont de bons amis des deux équipages rencontrés à Santa Elena et nous informent que ces derniers sont immobilisés à Santa Elena, en attente d’une nouvelle pompe à diésel pour le camion allemand de Vivian et Holger.

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A Casaney, nous découvrons une zone riche en sources thermales avec des dizaines de balnéarios. La plupart ne sont pas en activité durant la semaine mais l’un d’eux nous accueille, ce qui nous permet d’entendre le même son de cloche au sujet des déboires du gouvernement actuel. Cet entrepreneur se sent brimé dans ses désirs d’expansion.

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Nous atteignons la péninsule désertique d’Araya. Nous nous rendons à son extrémité, à Araya.

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A partir de la Fortaleza de Santiago de Leon, construite par l’Espagne pour protéger les mines de sel.

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A la sortie de la forteresse, un couple propriétaire d’une posada nous fait signe de la main. Ils nous renseignent sur la possibilité de rester dans leur cour pour la nuit. Les projets de rénovation et d’aménagement du restaurant de la posada Bella Vista sont aussi arrêtés.

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A Rio Caribe nous trouvons un stationnement dans un hôtel à deux pas de la place Bolivar. Le matin la place est très animée.

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A proximité de ce village de pêcheurs nous visitons la Playa Medina située dans une ancienne plantation de cocos. Certains la décrivent comme la plage la plus belle du Venezuela en raison de sa parfaite forme de croissant.

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Et la Playa Pui Puy où il est possible de camper. L’eau est claire mais les vagues sont fortes et plus adaptées pour les surfers que pour les baigneurs.

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A l’est de Rio Caribe, il s’agit maintenant de la péninsule Paria qui est nettement plus verdoyante que la précédente. La région fait encore la culture du cacao, qui est mis à sécher sur le bord de la rue. La route est étroite et les paysages pittoresques.

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Nous rejoignons le village isolé de San Juan de las Goldonas situé sur un promontoire, via une route escarpée et étroite. Cette destination nous a été référée par Amon et Willy rencontrés à la Cueva del Guacharo, qui s’y trouvent d’ailleurs à notre arrivée. Mais ils s’apprêtent à retourner vers Maturin à l’instant puisque leur moto est en panne.

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L’emplacement de cette posada en bordure de la plage Barlovento est bien choisi. Vue de la plage, la maison a presque l’air abandonné. Comme nous l’expliquent ses propriétaires, Nicole et son père Juliano, un Italien habitant le Venezuela depuis le début des années 1990, le ralentissement de l’économie et la baisse du tourisme n’aide pas à faire l’entretien et l’amélioration de cette immense bâtisse. Les vols internationaux sont devenus hors de prix, le gouvernement est en dette envers les transporteurs qui ajoutent des surcharges sur les billets d’avion. Juliano s’est résolu à la situation qu’il juge désespérée. Le gouvernement a dilapidé les richesses du pays et la situation ne s’améliorera pas selon lui.

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Ici se termine le récit de la première partie de notre séjour vénézuélien. Nous avons repris un rythme plus en harmonie avec nos inclinaisons naturelles et nous nous sentons mieux! Jusqu’à maintenant, notre bilan est positif et nous sommes impressionnés par le potentiel touristique du pays. Malheureusement le sentiment d’insécurité est bien présent puisque les gens ne cessent de nous rappeler le danger. Nous n’avons pas d’autres choix que d’être sur nos gardes et de chercher des bivouacs sécurisés, surtout qu’ils nous sont suggérés providentiellement au fur et à mesure de notre avancée! Alors que nous avions émis la possibilité de passer rapidement à travers le pays en cas d’inconfort, nous avons aujourd’hui le goût de poursuivre son exploration.

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4 commentaires pour Venezuela, ça va!

  1. Serge Lafreniere dit :

    Je trouve très enrichissante cette visite et je vous souhaite une chance sans témérité avec beaucoup de vigilences et la je commence a avoir les fesses serré en taboir et la je sens que Claude roule sa boule en pensant a vous tous.Alors prudence et bon restant de voyage byby avous quatre. A PLUS J’ai hâte de boire du BABY DUCK parce que je crois
    s qu’il en reste a St Justin.De toute façon Claude dois en avoir de caché a quelque pars…

  2. Claude dit :

    Je sentais, j’entendais , j’imaginais ta frustration vis à vis ton véhicule. J’ai souvent eu la même rage …mais si l’usage du véhicule nous convient dans 80% du temps … il y a toujours pire et/ou mieux …Toutefois vos photos, votre hardiesse, vos écritures, ça frise le 100%, ça finit par faire une maudite belle moyenne.Encore une fois, doublez de prudence et félicitation à 3 étages…

  3. AL dit :

    Chère Pascale,
    Tes photos, comme d’habitude, sont très belles et évoquent cette belle expérience de la découverte en famille…
    Je me réfère à celle où vous êtes les quatre :Une “boulangerie” sur le chemin de Kavanayen.Vous avez l’air si heureux!!!…
    Que Christophe a encore grandi !!! 14 ans bientôt…
    Hasta Pronto.

  4. Plaud dit :

    Bonjour à vous tous,

    Votre blog fait vraiment rêver, puis de plus en compagnie avec toute sa famille découvrir ce continent doit être vraiment magique.
    J’ai toute fois une petite question.
    Mon amie et moi même avons traversés l’Amérique du Sud d’Ushuaia jusqu’à Panama à pied et ce grâce aux transports en communs que nous proposaient tous les pays que nous avons traversés. Nous nous sommes arrêtés à saint Martin pour y travailler un peu, et nous voudrions dans 2 mois acheter un van à San Francisco et revenir en Amérique du Sud pour y faire ce que nous n’avions pas put faire lors de notre premier voyage.
    La question est au niveau des assurances pour ce van comment cela se passe t’il ?
    Pouvons nou prendre une assurance américaine d’une durée de 6 mois qui nous assura en Amérique centrale et du sud, où devons nous nous assurer dans chaque pays ?
    Merci pour votre réponse car je ne parviens pas à y répondre malgré toutes mes recherches.
    Bonne continuation à tous et continuez à nous faire rêver comme ca.
    À bientôt.

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